Voyez V Atlas des Antiquités troyennes, pl. 205 et
LE QUATRIÈME TOMBEAU
cercle et fermé, ce qui en fait un anneau; peut-être s’en est-on servi comme d’une boucle d’oreille; il en a été trouvé deux semblables dans le même tombeaiu La figure 365 est un lionceau d’or massif et très-pesant. Je pense
Fig. 359 à 365. — Divers ornements d’or. Quatrième tombeau. Grandeur réelle.
avec M. Newton qu’il a été jeté au moule et ciselé ensuite. Je crois intéressant de rappeler ici que, selon Pausanias (IX, xlt, 1), rhonneur d’avoir inventé l’art de jeter des métaux au moule revient à Rhœkos et à Théodoros, de f ile de Samos, qui ont été les premiers à jeter le cuivre au moule.
CYLINDHE D’OR ORNEMENTÉ.
Le cylindre d’oj* de la figure 366 provient, sans auenn doute, soit de la poignée en bois d’un sceptre, soit de la garde en bois d’une épée. En effet, on voit au milieu, depuis le haut jusqu’en bas, une rangée de trous destinés à recevoir de petits clous; plus, quatre tètes de clous plates, et au centre la tête d’un très-gros clou; tous ces clous servaient à fixer le cylindre sur le bois. Il est orné aux deux extrémités d’une large bordure de lignes ondulées.
Fig. 366. — Cylindre d’or richement décuré, provenant soit de la poignée d’un sceptre, soit de la garde d'une épée.
Quatrième tombeau. Au quatre-cinquième de la grandeur réelle.
au centre, d’une bande plus étroite ornée de même ; l’espace intermédiaire est rempli de spirales entrelacées; tous ces ornements sont en intailles magnifiques.
Dans le même tombeau j’ai recueilli un ornemcnl composé (U‘ trois doubles feuilles en or, soudées ensemble par le milieu; le tout représente une magnifique étoile, décorée dans toutes ses jiarties de cercles concentriques au repoussé, Ibrmant comme des boucliers. L’artiste de cette époque primitive u’a^ias oublié de décorer les bords avec des petits traits [lour donner aux feuilles plus de vérité et de beauté. On a recueilli encore deux autres étoiles, composées chacune de deux doubles feuilles en or, soudées ensemble
LE QUATRIÈME TOMBEAU
pV le milieu; les trous dont elles sont pereées prouvent qu’on les attachait au moyen d’un clou sur quelque autre objet. Les feuilles de ces deux étoiles sont décorées au repoussé de cercles concentriques en forme de boucliers, entremêlés de dessins en forme de poires; le bord des feuilles est, comme celui des feuilles précédentes, orné de petits traits. Il est difficile de dire à quel genre d’ornementation toutes ces étoiles ont été employées.
Ajoutons au catalogue des objets recueillis soixante-quinze petits anneaux (fig. 367) sur lesquels est imprimée une ornementation de petits cercles ; — trente-deux bâches d’armes à double tranchant, découpées dans une mince feuille d’or (fig. 368). Outre ces trentedeux haches d’or assez bien conservées, j’ai trouvé une masse de débris de haches pareilles , il est bien évident que toutes ces bâches ont figuré jadis entre les cornes de têtes de vaches semblables à celles qui sont représentées sous les figures 329 et 330. Je rappelle ici que j’ai trouvé six de ces têtes de vaches avec des haches en entier et trente-deux têtes de vaches mutilées, sur plusieurs desquelles on voit les débris des haches. La hache qui est représentée ici n’a conservé qu’une partie de son manche. On voit sur toutes les médailles de file de Ténédos des haches qui ont exactement la même forme ; nous les retrouvons aussi sur quelques-uns des ornements d’or de Mycènes, sur une gemme lentoïde provenant du grand Hèræon, dont il sera parlé plus loin, et entre les cornes de deux petites têtes de vaches découpées dans une feuille d’or, et qui ont été trouvées dans ce même tombeau f M. Postolaccas appelle mon attention sur le passage suivant de Plutarque “ : (( Les habitants de Ténédos ont emprunté la forme de la hache aux crabes qui sont en grande abondance autour de l’endroit appelé Astérion, parce qu’il paraît que le crabe est le seul animal dont la carapace présente la figure d’une hache. » Le même ami me rappelle en outre que la hache d’armes à double tranchant est le symbole de Jupiter Labrandien, qui était adoré à Labranda, et qu’elle est représentée sur les médailles des anciens rois de Carie,