ARMES DE BRONZE
un anneau de chaque côté; ces anneaux servaient à assujettir, au moyen d’une corde, la pointe de la lance à la hampe pour l’empecher de tomber. Gomme je l’ai déjà dit, toutes les lances homériques paraissent avoir eu une
douille semblable pour recevoir la hampe. A la partie extérieure de la douille, on voit encore la large tête plate du clou qui fixait la pointe de la lance à la hampe.
Parmi les épées, il y^en a dix qui sont courtes et n’ont qu’un seul tranchant. Les figures 442 et 442 a représentent deux de ces épées. Elles se composent d’un seul morceau de bronze massif et mesurent, quand elles sont conservées dans leur entier, de 2 pieds à 2 pieds 3 pouces (0™,60 à 0"',675) en longueur.
La poignée est trop épaisse pour avoir reçu une garniture de bois ; elle a dû servir telle qu’elle est. L’extrémité forme un anneau qui servait à suspendre l’épée soit au baudrier (isXapLwv) , soit au ceinturon {^(ùGxrip ou ÇcovYî). Comme ces petites épées ne sont à proprement parler que de longs couteaux, elles représentent évidemment l’objet désigné par le mot homérique pris dans son acception primitive L En effet, le mot est dérivé, par une trans-
position de lettres euphonique, de la même racine que Godspri et
1. 4>àcryavov pour açayavov, de la racine crçay. Il y avait aussi un verbe çacryavw, tuer avec l’épée. (Hesych., Lex., s. v.)
Fig. 441. — Pointe do lance en bronze Qualrièn.o tombeau. Au cinquième environ de la grandeur réelle.
Fig. 442 et 442 a. — Petites épées de bronze à un seul tranchant. Quatrième tombeau. Au troisseiziènie environ de la grandeur réelle.
lÆ QUATRIÈME TOMBEAU.
(égorger)] par conséquent cette arme doit avoir primitivement servi surtout pour égorger les animaux, peut-être aussi pour
tuer un ennemi dans un combat corps à corps ; mais peu à peu le mot perdit sa signification première, et dans Homère il est absolument synonyme de ^/tpoçet de aop.
J’éprouve quelque embarras à décider quelle est la nature d’une autre arme h double tranchant, qui se termine par un long tube {ocvloç) ; le tube est si étroit, qu’il ne semble guère possible qu’on ait pu y introduire la hampe d’une lance; ce serait donc plutôt, selon moi, une sorte de long poignard dont le manche serait creux, tout simplement pour que l’arme soit moins lourde . La figure 443 est un fragment de lame d’épée, en bronze, à deux tranchants, dont l’arête est dentelée des deux côtés ; peut-être cette dentelure était-elle un simple ornement, peut-être les dents de scie avaientelles pour objet de rendre les blessures plus dangereuses. Une autre arme (fig. 444) est formée de deux ou trois plaques de bronze, longues, étroites et épaisses, soudées ensemble. La partie inférieure est ronde ; dans l’intérieur on voit une grande quantité de petits clous de bronze, dont la présence est aussi difficile à expliquer que l’usage même de l’arme. A partir du point où finit la fente inférieure, l’arme est quadrangulaire, mais elle va en diminuant graduellement d’épaisseur jusqu’à l’extrémité, qui forme une lame étroite, plate et acérée. Il y a seize marques de petits clous ou épingles au bord gauche de la fente inférieure; ce qui m’amène à penser que peutêtre la partie inférieure de l’arme a été assujettie à un manche
Fig. 443 et 444. — Fragment d’une épée de bronze à deux tranchants. Autre arme, qui était probablement un poignard. Quatrième tombeau. Demi-grandeur.
ÉPÉES DE PRONZE.
de bois ou d’os et qu’on a pu s’en servir comme d’un poignard. Je rappellerai ici que le trésor de Troie contenait deux armes de la même forme, mais composées d’un seul morceau massif de métaP.
J’ajoute à la liste : une pointe de lance avec douille pour fixer la hampe, mais dépourvue des anneaux que l’on voit sur la lance de la figure 441 ; — un fragment très-intéressant d’épée à double tranchant, dont l’arête forme une saillie trèsremarquable ; — fragment de la lame d’une courte épée à deux tranchants, où Ton voit encore des restes du fourreau de bois; à l’extrémité inférieure, il y a des deux côtés trois grosses têtes de clous, rondes et plates en or, qui servaient à fixer la lame à la garde; — fragments de trois lames d’épée à deux tranchants, très-longues, dont deux ont gardé des fragments de leurs fourreaux de bois. La première a 2 pieds (0"',60) de long, la seconde 2 pieds | (O"', 75) , la troisième 1 pied 9 pouces (0"^,525) ; mais, quand elles étaient dans leur entier, chacune d’elles a eu probablement plus de 3 pieds (0"h90) de long. On retrouve sur toutes les trois, des deux côtés de l’extrémité inférieure, les têtes plates des clous qui les
. 1 • f TV * — Epées de bronze
fixaient a la poignee. Dans toutes les trois à deux tranchants et pommeau
. i, . , , . ^ d’épée en albâtre. Quatrième tom-
on voitl arete, qui est proemmente. beau, au sixième de la grandeur
Les figures 445 a, b, c représentent deux lames d’épée et un pommeau d’épée en albâtre, orné de deux larges têtes plates de clous en or. J’ai trouvé à Troie des
1. Voyez Y Atlas des Antiquités troijennes, pl. 193, fig. 3495; et pl. !20I, fig. 3000 b.
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pommeaux d’albâtre absolument semblables, mais sans clous d’or; je ne savais pas alors qu’ils provenaient de gardes d’épée, et je m’imaginais qu’ils avaient pu servir de boutons de portes ou de pommes de canneb La lame d’épée à deux tranchants
(fig. 445 a), à la pointe de laquelle adhèrent encore des fragments du fourxeau de bois, a 2 pieds 7 pouces (0"b775) de long. Des deux côtés de son extrémité inférieure on voit les quatre clous de bronze à tête plate qui la fixaient à la garde. L’extrémité inférieure de la lame d’épée de la figure 445 c est ornée de trois têtes plates de clous d’or de chaque côté.
Je citerai en outre : un long couteau, qui a encore une partie de son manche en os, dont l’extrémité avait dû évidemment être recourbée ; — la lame d’une courte épée à deux tranchants, ornée de chaque côté de son extrémité inférieure de quatre têtes plates de clous d’or (fig. 446) ; une plaque d’or s’étend sur tout le milieu de la lame, des deux côtés, et des débris du fourreau de bois sont encore visibles au milieu et à l’extrémité ; — les fragments de quatre lames d’épée à deux tranchants. L’arête d’une de ces épées est découpée en dents de scie tout du long. L’extrémité inférieure d’une autre est, des deux côtés, plaquée d’or et ornée de trois larges têtes de clous en or; on distingue très-bien la partie plaquée d’or. La figure 447 représente un des nombreux pommeaux d’épée en
Fig. 446. — Épée de bronze à deux tranchants. Quatrième tombeau. Demigrandeur.
1. Voyez V Atlas des Antiquités troijennes, pl. 199, fig. 2158 et 2171.