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ÉPÉES MYCÉNIENNES EN FORME RE RAPIÈRES

albalre, tous décorés de deux clous en or. Les figures 448 et 449 sont des lames d’épée, dont la plus longue (fig. 448) est très-bien conservée; elle a 2 pieds 10 pouces (0"',85) de long. La figure 449 a conservé un morceau de sa garde, qui était plaquée d’or et

assujettie à l’aide de clous d’or; tout le long de la lame on voit des lignes verticales en intaille qui rehaussent la beauté de l’arme.

Un autre fragment qui provient d’une grande et belle épée de bronze est plaqué d’or dans toute sa longueur; la garde, qui est aussi recouverte d’une épaisse plaque d’or, est ornée de magnifiques intailles.

Mais elle a tant souffert du feu du bûcher, elle est tellement défigurée par la fumée et les cendres, que l’ornementation n’est pas visible sur la photographie ; je n’en puis donc donner ici la gravure.

Je ferai observer au lecteur combien toutes les épées mycéniennes sont étroites et combien en même temps la plupart d’entre elles sont longues , puisqu’elles semblent le plus souvent avoir dépassé une longueur de 3 pieds (0'",90) ; tandis qu’elles ne sont pas généralement plus larges que nos rapières. Autant que je sache, on n’a encore jamais trouvé d’épées de ce modèle.

Voici une remarque très-juste de M. Newton à propos de ces épées mycéniennes : ce L’arête ou filet de ces épées forme au centre de la lame un relief assez considérable pour faire penser que cette arme servait, comme la rapière, uiiiquemeiit à pointer. >

Avec quelques-unes des épées, j’ai trouvé des Iraces d’une toile d’un beau tissu, dont quelques parcelles adhéraient encore aux

Fig. 447 à 449. — Deux opoes de bronze et un pommeau d’epc'e en albâtre. Quatrième tombeau. Au huitième environ de la grandeur réelle.

ÎÆ QUATRIÈME TOMBEAU.

lames ; on peut donc affirmer que beaucoup de ces épées avaient des fourreaux de toile.

J’ai recueilli en outre dans ce tombeau une grande quantité d’écailles d’huîtres, et beaucoup d’huîtres qui n’avaient pas été ouvertes : d’où je conclus qu’à Mycènes, comme dans l’ancienne Égypte, l’habitude de déposer de la nourriture pour les morts, dans leurs tombeaux, fai sait partie des rites funéraires. Il y avait dans ce tombeau aussi bien que dans les autres une grande quantité de poterie brisée. A ce sujet, M. Panagiotès Eustratiadès, directeur général des antiquités en Grèce, m’a rappelé l’usage, encore répandu en Grèce, de briser des vases remplis d’eau sur les tombeaux des amis que l’on a perdus. M. Eustratiadès m’a encore fait savoir que les chaudrons et les vases de cuivre avaient été la grande parure des maisons, non-seulement dans l’antiquité, mais encore pendant tout le moyen âge et jusqu’à l’époque de la révolution grecque. Voilà un fait admis ; mais, excepté dans les tombeaux de Mycènes et dans ceux du cimetière d’Hallstatt, de Corneto et de Palestrina, on n’a pas encore trouvé d’exemple qui prouve que ces objets aient aussi servi d’ornements à la demeure des morts.

L’anse d’un vase de terre cuite façonné à la main attira surtout mon attention, à cause des six trous dont elle était percée; l’iin de ces trous était assez large pour qu’on y pût passer une attache ; on s’en servait peut-être pour suspendre le vase ; mais les cinq autres trous étaient trop étroits pour donner passage même au fd le plus mince; donc on ne s’en servait pas pour suspendre le vase; peut-être y plaçait-on simplement des fleurs, comme ornements.

Quant aux ossements des cinq corps de ce tombeau et de ceux qui ont été trouvés dans les autres, j’ai recueilli tous ceux qui n’étaient pas en trop mauvais état; ils seront exposés avec les trésors au Musée national d’Athènes. Naturellement on placera ensemble les objets trouvés dans chaque tombeau, et l’on formera ainsi des groupes séparés. Je ne mets ici sous les yeux du lecteur que la mâchoire la mieux conservée (fi g. 450) ; elle a encore treize dents en bon état de conservation ; il n’en manque que trois.

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