‹ MycènesChapitre 205 sur 254 · OPINION DE L’AUTEUR SUR LA GUERRE DE TROIE · texte numérisé non relu

OPINION DE L’AUTEUR SUR LA GUERRE DE TROIE

cru pouvoir fixer la date, d’après les observations faites dans les trente-quatre puits que j’ai creusés dans l’acropole, en février 1874. Je pensai donc qu’Homère n’avait eu connaissance du siège et de la destruction de Troie que par une ancienne tradition, conservée par des poètes antérieurs, et qu’en reconnaissance de certaines faveurs dont il aurait été l’objet, il avait introduit ses contemporains comme acteurs dans sa grande tragédie. Mais je n’ai jamais douté un instant qu’un roi de Mycènes nommé Agamemnon, son écuyer Eurymédon, une princesse Gassandre et leurs compagnons n’eussent été tués par trahison, soit par Égisthe à un banquet, (c comme un bœuf à la crèche, » selon l’expression d’Homère ‘, soit par Giytemnestre, dans le bain, comme le racontent les poètes tragiques plus modernes^. J’ajoutai une foi pleine et entière au récit de Pausanias^, quand il disait que les victimes avaient été enterrées dans l’acropole, en quoi je me séparais, comme je l’ai déjà dit, de Leake, de Dodwell, de 0. Müller, de E. Gurtius, de Prokesch et autres explorateurs du Péloponnèse, qui tous avaient mal compris le récit de Pausanias et pensaient que les victimes avaient été ensevelies dans la basse ville.

G’est parce que j’avais une foi entière dans la tradition que j’ai entrepris mes dernières fouilles dans l’acropole et que j’ai été amené à la découverte des cinq tombeaux et de leurs immenses trésors. Quoique j’aie trouvé, au point de vue technique, dans ces tombeaux les preuves d’une civilisation très-avancée, néanmoins, ici comme à Ilion, je n’ai recueilli que de la poterie façonnée à la main ou de la très-ancienne poterie fabriquée au tour, et pas de fer. D’autre part, l’écriture était connue à Troie , car j’y ai trouvé quantité de courtes inscriptions en caractères cypriotes trèsanciens et, autant que nous en pouvons juger, dans une langue qui est essentiellement la meme que le grec^; tandis que nous avons maintenant la certitude que l’alphabet était inconnu à Mycènes. S’il avait été connu, les orfèvres mycéniens, toujours

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