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Voyez Troie et ses ruines, pages

LES TOMI5ES ROYALES ET 1/AGORA

en qiiete de quelque nouvelle décoration, auraient profité avec empressement de cette nouveauté pour introduire les caractères étrangers dans leur ornementation. D’ailleurs, dans l’antiquité reculée à laquelle se rapportent les rhapsodies homériques et la tradition des tombeaux mycéniens, il n’y avait pas encore de relations commerciales entre les peuples. Personne ne voyageait, sinon pour accomplir des exploits de guerre ou de piraterie. Il pouvait donc y avoir à Mycènes une civilisation très-avancée pendant qu’à la même époque les arts étaient dans leur première enfance à Troie ; mais cela n’empeche pas que l’écriture en caractères cypriotes ait pu être usitée à Troie plus de mille ans avant que l’alphabet ait été connu en Grèce.

Je ne vois pas la moindre objection à admettre l’exactitude et la vérité de la tradition qui désigne les tombes de Tacropole comme celles d’Agamemnon et de ses compagnons, traîtreusement assassinés à leur retour d’Ilion par Clytemnestre ou par Egistbe, son amant. J’incline d’autant plus à la croire parfaitement correcte, que nous savons avec certitude, pour ne rien dire de plus, que les corps de chaque tombeau ont été ensevelis en même temps : ce fait est prouvé jusqu’à l’évidence par cette circonstance que les cailloux sont calcinés sous chacun des morts, que le feu a laissé des traces à droite et à gauche sur les murs intérieurs des tombeaux, que les cendres étaient encore en l’état ainsi que le bois carbonisé sur les corps et autour d’eux. Si l’on considère l’énorme profondeur des tombeaux et le peu de distance qui sépare les corps, on verra qu’il est impossible que Tenait dressé trois et surtout cinq bûchers dans le même tombeau, à des époques dilférentes.

L’identité du mode d’ensevelissement, la parfaite ressemblance de toutes les tombes, qui sont en outre si voisines Tune de l’autre, l’impossibilité d’admettre que trois et surtout cinq personnages d’une immense richesse, qui seraient morts de mort naturelle à de longs intervalles, auraient été jetés pêle-mêle dans la même tombe; et, enfin, la grande ressemblance entre tous les ornements, qui sont exactement du même style et de la même époque ; tous ces faits sont autant de preuves que les douze hommes, les trois femmes

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