Chapitre III, page
TOMBEAUX DE MYCÈXES.
durée d’environ deux cents ans, la nouvelle cité, pour une cause inconnue, fut de nouveau abandonnée, et cette fois pour toujours. Malgré cela, la tradition se conserva si fidèlement, qu’environ quatre cents ans après la destruction de la ville, on montra k Pausanias remplacement de chacun des tombeaux. Bien plus, l’intérêt que les habitants du Péloponnèse portaient k ces sépultures était encore tel, seize ou dix-huit siècles après la mort tragique d’Agamemnon et de ses compagnons, que les Lacédémoniens d’Amyclées disputaient aux Mycéniens l’honneur de posséder le tombeau de Cassandre, qu’ils croyaient avoir dans leur cité. Quoi qu’il en soit, Pausanias ^ dit que les Amycléens avaient dans leur village le sanctuaire et la statue d’Alexandra qui pour eux était le meme personnage que Cassandre.
Les cinq tombeaux de Mycènes, ou tout au moins trois d’entre eux, contenaient des trésors si considérables , qu’ils ne peuvent être attribués qu’k des membres de la famille royale. Mais la période des rois de Mycènes appartient k une antiquité très-reculée. Il n’y eut plus de rois k Mycènes k partir de l’invasion dorienne, dont on a toujours fixé la date k 1104 avant Jésus-Christ. Thucydide dit que l’invasion dorienne eut lieu quatre-vingts ans après la guerre de Troie, et jusqu’ici on a toujours supposé que cette guerre s’était terminée en 1184 avant Jésus-Christ. Mais, d’accord avec tous les archéologues, je persiste k conclure, d’après le témoignage des monuments de Troie, que la prise et la destruction de cette ville, et par conséquent l’invasion dorienne, doivent avoir eu lieu k une date bien antérieure.
On a objecté qu’il était impossible que ces tombeaux fussent ceux d’Agamemnon, d’Eurymédon, de Cassandre et de leurs compagnons, par la raison que ces personnages avaient été tués par leurs ennemis Égisthe et Clytemnestre ; que ces ennemis ayant usurpé le pouvoir ne les auraient pas enterrés et n’auraient pas permis k d’autres de les enterrer avec d’immenses trésors. Mais cette objection tombe devant le témoignage d’Homère. Il dit, en