FOUILLES PAR VÉLI-PACHA
ment à faire déblayer le terrain devant l’entrée du tombeau, en employant à ce travail des hommes de corvée. Api’ès avoir creusé jusqu’à une profondeur de 3 toises, les travailleurs descendirent par une échelle dans l’intérieur du dôme; ils y trouvèrent une grande quantité de tombes anciennes ; après les avoir ouvertes, ils y découvrirent des ossements couverts d’or : cet or provenait, sans nul doute, des broderies d’or des draperies. Ils y trouvèrent enfin d’autres ornements d’or et d’argent, et de plus des pierres précieuses ayant la forme de celles qu’on appelle antiques (gemmes) ; mais aucune de ces pierres n’était gravée. En dehors des tombes, ils trouvèrent vingt-cinq statues colossales et une table de marbre. Véli-Pacha fit transporter le tout au lac de Lerne(lesMoulins) ; il fit laver et nettoyer les statues, les fit envelopper dans des nattes et les envoya à ïripolis, où il les vendit à des voyageurs; il en tira environ 80 000 gros (qui équivalaient alors à 20 000 francs). Ayant fait ramasser les ossements et tous les décombres contenus dans les tombes, il les fit transporter aussi à Tripolis et les confia aux orfèvres les plus en renom, D. Kontonikolakos et P. Skouras. Après avoir nettoyé les décombres et gratté les os, les orfèvres recueillirent environ 4 okes (4800 grammes) d’or et d’argent. Les os et les gemmes furent jetés. J’ai eu ces renseignements des deux orfèvres, que j’ai connus de leur vivant, et de mon père, qui vit les statues aux Moulins. ))
Maintenant, non-seulement il est improbable qu’on ait découvert des statues de l’âge héroïque, mais encore le récit qui précède n’est nullement confirmé par les vieillards de Kharvati, le village le plus voisin de l’emplacement de Mycènes, ni par ceux des autres villages de la plaine d’Argos. Tous s’accordent à dire que les fouilles eurent lieu en 1810, et que les seuls objets découverls dans le trésor étaient quelques demi-colonnes et des frises, une table de marbre et une longue chaîne de bronze qui descendail du sommet du dôme, et à laquelle était suspendu uu candélabre de bronze f
1. Il ne faut pas confondre ces fouilles avec la tentative que lit Véli-l'acha pour piller l'antre trésor en 18“20. Il en a été parlé p. 90.
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TOPOGIIAPHIE DE MYCÈAES.
J’ai entendu répéter si souvent ce récit aux vieillards de l’Argolide, que je le crois très-exact, excepté cependant en ce qui concerne le candélabre. En effet, les chandelles et les lampes étaient absolument inconnues d’Homère. Je n’en ai jamais rencontré, soit à Troie, soit à Tirynthe ou à Mycènes, dans les décombres des maisons préhistoriques. Il ne semble pas qu’il y ait eu de lampes à Tirynthe ou à Mycènes avant la prise de ces deux villes par les Argiens en 468 avant Jésus-Christ; car, h Mycènes, je n’en ai trouvé que dans les décombres de la cité plus moderne, et pas une seule à Tirynthe. Il faut donc de toute nécessité que ce qui est désigné par les villageois comme un candélabre ait été quelque autre objet. En outre tout ce récit des fouilles de Véli-Pacha paraît se rapporter h une spoliation de ce trésor qui doit avoir eu lieu à une époque beaucoup plus reculée ; car déjà Dodwell, qui commença ses voyages en Grèce en 1801 et les termina dans tous les cas avant 1806, nous donne la description et les dessins de la grande chambre, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. Gell {ArfjoUdé) aussi, qui visita Mycènes vers l’année 1805, nous donne des dessins exacts du trésor, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. ÇA‘àY\æ {Voyages) ^ qui visita Mycènes à la même époque, dit, à propos du trésor d’Atrée (VI, 492) : ce Évidemment cette chambre a été ouverte depuis sa construction, et ainsi l’intérieur en a été mis à jour ; mais on ne sait absolument rien de certain sur l’époque où cet événement pourrait avoir eu lieu. A en juger d’après l’apparence actuelle de l’édifice, l’événement doit avoir eu lieu à une époque très-reculée. » Dodwell, le colonel Leake et Ernest Curtius parlent aussi des fouilles faites par lord Elgin dans le trésor d’Atrée. Mais, dans la collection de dessins de lord Elgin, que l’on conserve au British Muséum, on ne trouve rien qui se rapporte à ces fouilles ou au trésor d’Atrée.
Selon le professeur E. Curtius^, les fragments d’ornements dont rémunération suit furent trouvés devant l’entrée du trésor: — (( La base d’une demi-colonne de marbre verdâtre, avec bandes