CHAPITRE III
LES TOMBEAUX d’AGAMEMNON ET DE SES COMPAGNONS.
La tradition attribue à Persée la fondation de Mycènes. — Sa dynastie remplacée par celle des Pélopides. — La légende de leurs crimes inconnue dTIomère et d’Hésiode. — Histoire homérique du meurtre d’Agamemnon par Égistlie et par Cdytemncstrc et de la vengeance qu'en tire Oreste. — Cycle de crimes imaginé par les aèdes postérieurs. — Empire d'Agamemnon. — Fin de la dynastie des Pélopides à Mycènes avec Égisthe. — Oreste et ses fils. — L’invasion dorienne. — Part que prit Mycènes aux guerres médiques. — Les Argiens assiègent et prennent Mycènes. — Les murs de la citadelle épargnés par respect religieux. — Épithètes homériques de Mycènes. — Sa « richesse en or », confirmée par Thucydide. — Les trésors des Pélopides mentionnés par Pausanias. — Trésor du Hèræou près de Mycènes. — Existence probable d’un autre trésor à Mycènes.
HISTOIRE DE MYOÈNES.
Les tombes royales décrites par Pausanias. — Ce passage est généralement mal interprété. — Puits d’essai creusés à Mycènes en février 1874. — Commencement des fouilles, 7 août 1876. — Loge de gardien à la porte des Lions. — La cité habitée de nouveau après l’an 468 av. J.-C. — On ne connaît pas de monnaies mycéniennes. — Ce qu’on trouve au-dessous de la première couche. — Vases archaïques peints comme ceux de Tirynthe. — Les vases sont presque tous faits au tour. — Idoles féminines et vaches en terre cuite. — Autres idoles et animaux. — Couteaux de fer et clefs curieuses d’une période postérieure. — Couteaux et pointes de flèche en bronze. — Ustensiles de pierre et autres objets. — Découverte d’un peu d’or et d’une grande quantité de plomb. — Fragments d’une lyre et d’une flûte. — Plaques de terre cuite ornementée, destinées à la décoration des parois des murs. — Murs de maisons de construction cyclopéenne. — Une remarquable conduite d’eau. — Douze réservoirs en forme de tombe. — Deux stèles funéraires avec bas-reliefs, probablement contemporains du bas-relief qui est au-dessus de la porte des Lions.
Mycènes, 19 août 1876.
La tradition attribue la fonda tion de Mycènes à Persée, fils de Danaé et de Jupiter. Persée eut d’Andromède un fils, Sthénélos, à qui il laissa son royaume. Sthénélos épousa Nikippè, fille de Pélops, dont il eut un fils, Eurysthée, qui lui succéda. La dynastie de Persée finit avec Eurysthée, qui eut pour successeur son oncle Atrée,filsdePélops. Atrée laissa son royaume à son frère Thyeste, qui le laissa à Agamemnon, fils d’ Atrée.
Selon la tradition, Atrée et son frère Thyeste se disputèrent la domination de Mycènes. Atrée avait pour femme Aéropè, qui fut séduite par son frère Thyeste. Atrée, dans sa fureur, pour se venger de cet afifont, massacra les deux (ou trois) fils de Thyeste, et les fit servir à leur père dans un banquet. Lorsque Thyeste le sut, dans son horreur il renversa la table, vomit l’horrible repas et s’enfuit au loin, en maudissant la race tout entière des PélopidesL Aéropé est jetée à la mer. Thyeste demande à l’oracle les moyens de se venger de son frère ; l’oracle lui répond que s’il a un fils de sa propre fille, Pélopia, ce fils sera son vengeur. Pour éviter l’inceste, il forma le projet de quitter la Grèce et de se retirer en Lydie ; mais, une nuit qu’il faisait, à Sicyone, un sacrifice en l’honneur d’Athènè, sa fille le rejoignit. Il eut d’elle, ou à son insu ou en connaissance de cause, son futur vengeur, Égisthe. Exposé par sa mère immédiatement après sa naissance, Égisthe fut trouvé par des bergers et nourri par une chèvre; c’est de là que lui vient son