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Voyez la fiffnre lyO a

L’AGOFiA DANS L’ACROPOLE.

de poterie archaïque. Cette circonstance prouve clairement que les dalles transversales formant couvercle ne furent enlevées qu’après que la ville eût été prise et abandonnée; en effet, il faut nécessairement que les fragments de poterie archaïque aient été amenés, par les pluies, des cinq terrasses supérieures, naturelles ou artificielles de l’acropole ; or ce fait n’a pu se produire que quand Mycènes fut abandonnée par ses habitants.

Il faut insister particulièrement sur le point suivant : l’ensemble des dalles est incliné h un angle de 75 degrés vers l’intérieur du

cercle, excepté du côté nord et dans les endroits où les rangées de dalles passent du rocher sur la muraille. L’aire intérieure est artificiellement exhaussée jusqu’à un niveau assez élevé pour que les dalles horizontales ou couvercles aient formé un banc circulaire continu , sur lequel les citoyens s’asseyaient le visage tourné vers l’intérieur du cercle.

L’inclinaison des dalles verticales laissait au bas du banc un espace commode pour ramener les pieds. On peut constater que la même disposition a été observée dans la construction des sièges de marbre destinés aux prêtres dans le théâtre de Dionysos à Athènes.

Mon honorable ami le professeur F. A. Paley a, le premier, avancé une opinion que M. Ch. T. Newton a acceptée et que j’ai adoptée moi-même. Selon lui, le double cercle de dalles parallèles, recouvertes très-solidement de dalles transversales, avait deux destinations : c’était nécessairement un banc servant de siège, et il formait en même temps la clôture de l’agora de Mycènes. Il pense que l’idée première de donner aune agora la forme circulaire vient des danses en cercles (y.vyltoi y^opol) et du chant des dithyrambes b L’assem-

1. Le ditliyramlic faisait partie d’une ancienne cérémonie en l’honneur de Bacclins; elle remonte au moins au temps d’Archiloque, qui dit « qu’il sait conduire le dithyrambe, le beau chant en l’iionneurde Dionysos, quand son espiût est enflammé par le vin ». (Fragm.dans Alhén., livr, XIV, p. 028). Il semlde que le dithyrambe ait été une hymne, cliantée avec accom-

Fig. 210 a. — Banc de l’agora.

BANC rjRnULAIUE DANS I/AGOUA.

blée se tenait assise en cercle et l’orateur se levait de son sié^e pour haranguer l’assemblée, comme on le voit dans Homère ‘ et dans Sophocle ^ An centre de l’agora de Mycènes, j’ai trouvé un rocher nn peu plus élevé que le reste du terrain et qui pourrait bien avoir été une tribune (Prj[xa) d’où l’orateur parlait à l’auditoire assis sur le banc circulaire ^ Mais nous ne trouvons rien dans Homère de nature à justifier la supposition qu’il y ait eu une tribune dans l’âge héroïque.

Nous savons donc avec certitude, d’abord que l’agora était circulaire et ensuite que le peuple avait l’habitude de s’y asseoir. Un passage d’Euripide^ prouve aussi que telle était la forme de l’agora, puisqu’il ditcc le cercle de l’agora» {ayopag xvylov). D’un autre passage d’Euripide déjà cité (Electre, 710), le professeur Paley conclut que le poète connaissait l’agora de Mycènes pour l’avoir vue de ses yeux. L’expression nixoïva ^aOpa désignerait alors l’énorme banc de pierre circulaire qui forme l’enceinte de l’agora ; c’est sur ce banc que serait monté le héraut, lorsqu’il appelait à haute voix les citoyens de Mycènes à l’agora; le professeur Paley pense aussi qu’Euripide pouvait avoir eu en vue le de la Pnyx à Athènes. Je n’hésiterais pas à adopter l’opinion du docteur Paley, si je n’avais pas trouvé l’agora profondément enfouie sous les décombres préhistoriques. Cependant, il est possible que du temps d’Euripide l’agora ne fût pas encore entièrement enfouie, et que la plus grande partie des décombres préhistoriques dont je l’ai trouvée couverte y eût été amenée depuis par les grandes pluies d’hiver, du haut des cinq autres terrasses naturelles et artificielles de l’acropole. Quoi qu’il en soit, la poterie de la cité hellénique postéideure

pagnement de flûte, par un ou plusieurs membres d’un xtop-oç, ou réunion dans laquelle on célébrait les orgies. Arion, à Corintlie, est le premier qui donna au dithyrambe le chœur régulier, la forme antistrophique (Hérod., 1, ; Pindare, Olymp., Xlll, 18-ïl5), Les chœurs, qui se

composaient ordinairement de cinquante hommes ou jeunes gens, dansaient en cercle autour de l’autel de Dionysos. C’est pour cela qu’on les appela chœurs cycliques (x'jxmo: '/opoO, et l’on désignait les poètes ditliyrambiques par le nom de xuxXiooiôâo-xaXot.

1. 11,1, 58, 68, 101 ; II, 53, 96, 99; Od., XVI, 362; XVll, 70.

2. Œdipe Roi, ICI : ''Apisgiv à xuxXôevT’ ayopa; Opovov eùxXia Oacrast. « Artémis, qui est assise sur le glorieux siège circulaire de l’agora. »

3. Ce rocher s’est écroulé en partie, à cause des travaux nécessités par les fouilles du deuxième et du troisième tombeau, qu’il surplombe.

i. Oreste, 919.

Ï/AGOUA DANS L’ACROPOLE.

prouve que cette cité ii’a pu être bâtie qu’après l’époque d’Euripide.

Eu relisant attentivement Pausanias et Hérodote, j’ai trouvé bon nombre de passages qui prouvent que l’agora servait souvent de lieu de sépulture aux personnages les plus distingués : par exemple, le sépulcre d’Oreste était dans l’agora de Sparte, près du sanctuaire des Destinées (^loipai) ; tout près de ce tombeau étaient, dans la même agora, les sépulcres d’Épiménidès de Crète et d’Aphareus de Périèrèsb Le tombeau de Taltbybios, héraut d’Agamemnon, fut montré à Pausanias dans l’agora d’Ægion, en Achaïe le sépulcre d’Oxylos dans l’agora d’Élis^ Dans l’agora de Phigalie était l’immense tombeau commun (nolvavdptov) des Orestasiens élus, auxquels on faisait des sacrifices funéraires le tombeau de Podarès était dans l’agora de Mantinée 'L Dans celle de Tégée, on montra à Pausanias les sépulcres de Lycaon et de sa femme Mæra ® ; dans celle d’Ëlæa, le tombeau de ThersandrosL H est fort intéressant d’observer qu’on a fait le même honneur à Hérodote, car il fut enterré dans l’agora de Thurium (Sovpioc), où son sépulcre a été conservé pendant de longs siècles^. L’agora de Sicyone contenait le hèrôon d’Adrastos^, et celle de Thèbes, le mausolée d’Euphron‘®.

M. Charles T. Newton appelle mon attention sur le passage où Thucydide dit, en parlant de Corcyre : (( Les maisons qui sont en cercle autour de l’agora “ » ; puis, surles passages suivants de Pausanias, qui prouvent que les tombes des héros étaient dans l’agora de Mégare : « Là , ils construisirent la place du (cham-

bre du conseil), afin d’avoir les tombes des héros dans l’intérieur de la place du (^ovliwopio'j ; » car on ne peut douter que ce

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