‹ Mycothèque de l'Ecole de Pharmacie., VIIIChapitre 2 sur 5 · G. BA1N1ER · texte numérisé non relu

G. BA1N1ER

Coemaxs à moins de supposer qu’il n'a pas vu ces slérigmates. Chaque stérigmale est surmonté d’une seule conidie fusiforme longue de 0 mm 014, large de 0 mm 0028. Je n’ai jamais trouvé les chapelets de petites spores ovales signalées chez le Martensclla pectinata. Tel est l'aspect régulier et habituel de cette plante intéressante. Mais il se produit parfois pour des causes inconnues. une prolification soit au sommet du filament principal dressé, soit sur quelques-uns des appareils sporiléres latéraux. Lorsque la prolification se produit au sommet des filaments les appareils fructifères naissent, presque cote à côte, très rapprochés les uns des autres, et leur insertion décrit une ligne en spirale. En même temps les supports diminuent de plus en plus de longueur, au point que les sporophores sont presque sessiles. Lorsque les appareils fructifères latéraux deviennent prolifiques, il se produit un second appareil qui prend naissance presque immédiatement au-dessous de la cloison supérieure du support du sporophore normal. Ce second appareil fructifère est identiquement semblable à celui dont il tire son origine, possédant comme lui des conidies, un sporophore et un support avec cloison à la base et au sommet.

Souvent la prolifération va plus loin et exactement dans les mêmes conditions un troisième, un quatrième et même un cinquième appareil fructifère peut successivement se produire et prendre naissance aussitôt que celui dont il provient commence soit à se flétrir, soit simplement à se dégarnir de ses conidies mûres. Dans ce cas également les supports des sporophores diminuent successivement de longueur, mais beaucoup moins que les supports prolifiques du sommet des filaments. Cette diminution n’est réellement bien manifeste qu'à partir de la troisième des générations.

Cœmansia reversa (Van Tieghem).

Le Cœmansia reversa a été découvert par Vax Tieghem. en 1873, il a créé pour cette plante le genre Cœmansia , qu’il a décrit dans les Annales des Sciences naturelles , 5 e série, Botanique, T. XVII.

J’ai trouvé cette élégante Mucédinée ou du moins une Mucé-

dinée identique, vivant en parasite sur Ylsaria felina , dont elle recouvrait les touffes blanches et soyeuses d’une énorme quantité de fructifications. La l re figure de la planche B, donne l’aspect général de VIsaria envahi par ce Cœmansia , dont les filaments fructifères grimpent jusqu’au sommet des pinceaux de la plante nourricière.

La description est conforme à celle que Vax Tieciiem nous a donnée. Le filament principal dressé se divise à son sommet pour former des dichotomies plus ou moins nombreuses. Chacune des branches ainsi formées porte des sporophores sessiles, insérés en grand nombre à des hauteurs différentes, mais très rapprochés les uns des autres. Chaque sporophore est atténué à la base, puis se renfle un peu, s’aplatit et s’incurve vers.le bas en forme de nacelle terminée par une proue simple. 11 mesure 0 n,m 0224 de longueur, en y comprenant le rudiment de support sur une largeur maximum de 0 ,UÛ1 0084. Se trouvant parconséquent beaucoup plus petit que dans les autres espèces. Le nombre des cloisons qui le divisent en régions est très restreint, il n’y en a jamais plus de quatre. Les stérigmates mesurent 0 mul 0031 sur 0 mm 0028, et les conidies ont une longueur de 0 mm 0084 sur une largeur de 0 m,n 0Û28. Ces conidies sont en fuseau et prennent à la maturité une teinte jaune de soufre.

Cœmansia spiralis Bainier.

.Lai trouvé le Cœmansia spiralis en Juin 1878, et l’ai décrit dans le Bulletin de la Société botanique de France. Tome XXVI, séance du 27 Juin 1879 ; j’ai donné sa photographie dans la Flore des rues de Paris. Kn 1888, Eidam a trouvé à son tour cette même plante sur un vieux vêtement de cavalier, et la décrit comme plante nouvelle (1) sous le même nom de Cœmansia spii'alis.

Un mycélium rampant et cloisonné émet des filaments fructifères tout garnis de sporophores. Chaque filament forme une vrille qui peut atteindre deux millimètres et même les dépasser. Il présente donc une face interne et une face externe par rapporté la spirale formée. C’est sur cette face extcrneseule que se trouvent disposés régulièrement, côte à côte et en grand

(î. HAINIEIl.

nombre, les sporophores dont je vais parler plus bas. Les plus âgés sont en bas de la spire et déjà flétris ; au milieu, l’extrémité pointue des conidies forme de larges couronnes très élégantes, tandis qu'au sommet on ne trouve plus que des mamelons de plus en plus réduits. C’est cette disposition en escalier tournant qui m’a fait donner à cette plante le nom de spiralis . Chaque sporophore long de 0 mm 0378 est porté sur un pied ou support de 0 UiU) 0042 sur 0 ,mn 0055, par conséquent très court, presque cubique, qui émerge à angle droit de la spirale et se sépare par un cloison du filament dont il tire son origine. Le maximum d’épaisseur du sporophore se trouve à la partie qui surmonte ce pied, la dépression se fait insensiblement et il se produit enfin une pointe relevée. On ne saurait mieux comparer cette forme qu’à celle d’un sabot sans bride. Le talon représente le pied du sporophore ; l'extrémité se recourbe et se termine de même en proue ; de même la face inférieure rappelle une nacelle. Ce sporophore est divisé par sept cloisons en plus de celle qui le sépare de son support ; la dernière délimite l'éperon ou la proue de la nacelle. La face supérieure et plate porte dans l’intervalle d’une cloison à l'autre deux rangées de cinq stérigmates, hauts de 0 mni 0042.11 n’y a rien sur l’éperon. Chaque stérigmate porte une seule conidie fusiforme très allongée mesurant 0 min 01() sur 0 m,n 002i environ, huit fois plus longue que large.

Dans le Cœmansia reversa les sporophores dirigent leurs conidies en bas, tandis que ceux du spiralis les portent horizontalement. En effet, le support émergeant à angle droit par rapport à l'axe de la spirale se trouve horizontal, le sporophore s’implante à angle droit sur ce support et se trouve parconséqucnt vertical, de sorte que les conidies qui sont implantées à angle droit sur ce sporophore sont également horizontales. Cette plante, comme du reste les autres Cœmansia connus, se colore parfois en jaune de soufre.

Cœmansia erecta Bai nier.

Lorsque j’ai trouvé cette plante, je l’ai prise pour le Cœmansia reversa, et c’est sous ce nom que sa photographie figure

dans ma Flore des rues de Paris. Mais lorsque j’ai pu la comparer aux échantillons de Cœmansia reversa, que j’ai trouvés depuis, je me suis aperçu que c’était une espèce distincte et j’ai constaté de nombreuses différences. D'abord le port n’est pas le même, les filaments fructifères, d’une largeur de 0 min 014, se ramifient peu, ils ne donnent ordinairement naissance à leur sommet qu’à deux ou trois branches simples et très longues, de 2 à 3 millimètres et quelques fois davantage. Les sporophores, presques sessilcs et implantés comme ceux du Cœmansia reversa , sont beaucoup plus volumineux, leur longueur est de 0 mm 0336, ils sont de plus divisés par 8 cloisons. Ils donnent naissance à des stérigmates d'une longueur de 0 lllm 005(3 surmontés chacun d’une seule couidie fusiforme, longue de 0 mm 0il2 et large de 0 mm 0028, dimensions également plus considérables que celles du Cœmansia reversa.

Les Cœmansia sont des plantes intéressantes également au point de vue de l’origine des espèces, car on passe d’une espèce à l’autre sans transition brusque. Le Cœmansia pectinata , nous Lavons vu, possède parfois une prolification qui rassemble les sporophores à l’extrémité du filament principal dressé, les rapproche très près les uns des autres et réduit de plus en plus leur support. Que ce mode de prolification s’étende tout le long de la tige et devienne constant, nous avons aussitôt le Cœmansia erecta. Que ce même Cœmansia erecta sous l’influence d’un phénomène tératologique ou simplement sous l’action d’un parasite contourne constamment son filament principal, et nous passons à la forme du Cœmansia spiralis. Quant à la transition du Cœmansia erecta à celle du Cœmansia reversa , l’influence d’une nourriture habituellement plus pauvre et moins nutritive sullit pour expliquer et justifier les différences.

Acrostalagmus nigripes Barnier.

J'ai trouvé cette plante sur du loin exposé à l’humidité. Son mycélium est très ramifié, coloré en noir intense et formé de cellules plus ou moins cylindriques, dont la longueur diminue

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