INTRODUCTION
Grosse, en 1902, donnait à sa thèse la conclusion suivante : « Lorsque, chez une femme enceinte, les accidents gravidiques causés par le fibrome menacent la vie de la femme et qu'il y a lieu d'intervenir au cours de la grossesse, on pratiquera, s'il est possible, la myomectomie, en laissant l'utérus intact; c'est l’opération de choix. »
Burty, en 1907, conseille également la myomectomie aussi souvent qu'elle sera possible.
Certains auteurs de l’école allemande : Laudau, Bumm, Tauffer, concluent que cette intervention n’est pas très grave pour la mère et permet le plus souvent de mener la grossesse à terme.
Tout au contraire, Dimitri Ott affirme que la grossesse évo-. lue rarement jusqu’au bout après la myomectomie, et que le “plus grand avantage de cette opération conservatrice n'est pas de respecter la grossesse existante, ‘bian compromise, mais de: permettre des grossesses ultérieures.
Il y à ainsi une contradiction formelle entre ces-deux opinions chirurgicales. 11 semble que la clef de la solution n est pas dans la prise en considération absolue de l’une ou de
Rare Ge
l'autre de ces deux affirmations, mais plutôt dans la discrimination des caractéristiques des diverses myomectomies pratiquées.
Sous ce nom, en ellet, sont comprises des opérations bien différentes, pouvant aller du haut en bas dans la gamme de la difficulté opératoire et de la gravité qui en est la conséquence directe. Il est peut-être abusif de confondre sous la même étiquette la simple section d’un pédicule, mince et long, au bout duquel flotte une tumeur fibreuse appendue et libre dans l'abdomen, et la myomectomie véritable, où le chirurgien peut être amené à sculpter littéralement en plein tissu utérin pour énucléer la tumeur de sa loge, au risque d'ouvrir la cavité utérine.
On ne saurait comparer la gravité opératoire de ces deux genres d'opérations, tant pour la mère que pour l'enfant, et pourtant on ne trouve guère trace de cette distinction toute légitime dans les statistiques antérieures.
Parmi les travaux les plus anciens, Aplelstedt trouve 32 myomectomies abdominales avec 6 morts maternelles, 26 guérisons maternelles avec 15 accouchements à terme, 11 grossesses interrompues (avortements ou accouchements prématurés). Thurner publie 40 cas avec 2 morts maternelles, 38 guérisons avec 28 accouchements à terme, 10 grossesses interrompues (avortements ou accouchements prématurés). Turner cite 44 cas avec 4 morts, 40 guérisons, dont 31 accouchements à terme, 7 avortements, 2 accouchements prématurés, soit 9 % de léthalité maternelle et 21 ‘/, pour l'enfant.
Les travaux plus récents de Cotte et Creyssel aboutissent à des conclusions plus favorables, puisque sur 82 cas on ne trouve qu'une mort maternelle et 17 % de mortalité fœtale.
Dans ces diverses statistiques, les auteurs comprennent toutes les myomectomies abdominales, quelles que soient les caractéristiques de la tumeur fibromateuse et sa difficulté opératoire. Il est. pourtant impossible d'assigner à un fibrome interstitiel et à une tumeur pédiculée la même gravité d’intervention; il serait intéressant de donner à chacun ce qui lui revient, et ce sera le but de notre travail.