‹ Myomes et ménopause: Atrophie dégénérescences malignes, IndicationsChapitre 15 sur 18 · SN Y · texte numérisé non relu

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Ces complications sont graves : «nous sommes obligés d’intervenir, dit Kessler, chaque fois que nous constaterons un fibrome pouvant exercer une action nocive sur Je cœur, même dans le cas où la tumeur ne donne lieu par elle-même à aucun trouble », et l’albuminurie sans lésions rénales, produite par la compression de l’uretère, est évidemment une indication d'intervention chirurgicale.

Des métrorrhagies épuisantes, une tumeur volumineuse exerçant une aclion fâcheuse sur la circulation intra-abdominale, la compression du rectum. de la vessie, une augmentation rapide par dégénérescence secondaire, la gangrène spontanée des fibro-myomes sous-muqueux, le développement de varices à l'anus, aux extrémités inférieures du corps, aux organes géniaux externes, sont autant d'accidents graves qui ne permettent pas au chirurgien de rester indéçis.

Peu lui importe le siège de la tumeur, mais il prendra en considération sérieuse l’âge de la malade et les troubles apportés à son état général.

Certaines méthodes chirurgicales, oue l’on peut, à notre avis, appeler du nom de préventives, ont été conseillées avant d'en arriver à une opération totale.

Nous voulons parler du curettage utérin, de la ligature des artères utérines, de la castration ovarienne.

Mème dans les cas les plus favorables, le premier de ces procédés est un moyen très incertain : il est d’ailleurs presque oublié.

La ligature des artères utérines, pratiquée par Gottschalk a pu amener la rétrocession des symptômes et la diminution du volume des tumeurs ; les plus justiciables de la méthode sont. les myomes interstitiels développés dans la portion inférieure el moyenne de la matrice : les chances de succès sont d’autant plus grandes que la tumeur est moins volumineuse et la femme plus rapprochée de la ménopause.

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La castration ovarienne bilatérale, opération de Battey, souvent employée par Lawson-Taitl, Hégar, a donnédesrésultats.

Des guérisons ont été obtenues: Kummer dit en avoir observé 2 cas: les troubles de la ménopause artificielle disparaissant au bout de 6 à 12 mois, d'après Roux, ne° constitueraient done pas uninconvénient bien sérieux de la méthode.

Actuellement les chirurgiens ont recours à une opération radicale.

Les indications Opératoires, a dit Cameron, sont absolues ou relatives.

Absolues, s’il s’agit de dégénérescences secondaires ; relatives, en ce qui concerne l’âge et l’état général du sujet.

Le chirurgien, a écrit Tillaux, «ne doit enlever an fibromyome que si la vie de la femme est menacée ou rendue insupportable ». Et nous ne pensons pas qu’il soit imprudent aujourd'hui, comme dit Gzempin, «de laisser un myome évoluer à son aise, alors même que le traitement opératoire soit devenu excellent dans ces dernières années, si la malade ne perd pas trop de sang au cours de l'intervention ».

C'est dire que nous ne sommes pas partisans de l’intervention précoce, en principe, car les organes de la femme en pleine activité sexuelle doivent être ménagés ; bien mieux, nous savons que les symptômes s’amendent généralement dès que survient la ménopause.

Mais si, chez une femme jeune, des phénomènes de compression, des douleurs, des hémorragies répélées se présentent rebelles au traitement médical, nous nous déciderons plus vite à une intervention chirurgicale, car il n'y à pas à compter

sur la nature (Tillaux).

Nous conseillerons, au contraire, l’expectative, si notre malade est âgée ; quoique n'étant pas un organe indispensable, ni pour la vie, ni pour la santé, la matrice doit être conservée le plus longtemps possible, en dehors de toute altération mau-

PER SES vaise, bien entendu, même chez une femme qui a «passé l’âge de la faire fonctionner ». Guidés en cela par le fait que ces tumeurs perdent de leur gravité aux approches de la cinquantaine. Ces malades, toutefois, seront attentivement suivies : nous ne saurions oublier que la ménopause est l’âge critique des myomes, que c’est à ce moment qu'ils disparaissent, mais qu'ils prennent aussi quelquefois rapidement un volume considérable et subissent des transformations de mauvaise nature.

Attendre, à notre hümble avis, doit être la règle, d'autant que la malade est plus rapprochée de la ménopause. Mais le chirurgien doit se décider à une intervention dès que l'existence de la malade est en jeu, soit par suite de dégénérescences secondaires, soit de complications graves.

Jadis, ces opérations étaient rejetées parce que très dangereuses ; actuellement le Laux de la mortalité opératoire s'étant notablement abaïissé,il y a réel bénéfice pour la malade à recourir au chirurgien.

Comme Lawson-Tait, comme Bouilly, M. le professeur Tédenat a souvent pratiqué de 1883 à 1900 l’ablation bilatérale des annexes dans le but de provoquer une ménopause anticipée et l’atrophie du myome. Sur 29 cas, il a obtenu 27 guérisons complètes, c’est-à-dire avec cessation des hémorragies et atrophie très accentuée des tumeurs fibreuses.

Depuis T ou 8 ans, M. le professeur Tédenat pratique l'hys-

térectomie abdominale pour les gros fibromes, l’hystérectomie

vaginale pour les petits.

C'est la méthode couramment employée par les chirurgiens modernes; c’est avec l’hystérectomie que l’on obtient les meilleurs résultats.

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