Celle
slalisti-^ue a élé prélevée chez des soldats exempts de
myopie.
En ce qui concerne les cas sans astigmie, ou voit que les nombres les plus divers figurent dans ces tableaux ; le chiffre indiqué par Chauvel nous parait excessif. Cet observateur n'aurait-il pas considéré comme dépourvu d'astigmie des cornées asyméti'iques de 0,2,') dioptrie? Ce qui tendrait à donner du poids à cette supposition, c'est que, dans le travail de ce confi'ère, les astigmies de 0,25 ne figurent que pour 7,5 pour 100, alors que nous en avons observé 13,5 pour 100.
Quant à la fréquence plus grande des astigmies cornéennes supérieures à 1 dioptrie chez les myopes que chez les autres sujets, elle est révélée par toutes les statistiques.
Seuls les chiffres de Schiotz parlent faiblement en faveur de cette fréquence, mais ceux de ÏNordenson et surtout de Chauvel concordent avec nos résultats. Alors que ce deruier a trouvé chez les myopes 24,7 pour 100 d'asligmies dépassant 1 dioptrie, Tscherning, dont les recherches sont tout à fait comparables à celles de Chauvel, n'a rencontré chez les non myopes que le chiffre de 6,8 pour 100.
g 170. — Il est certains faits d'importance secondaire que nous n'avons pas recherchés, mais qui se trouvent établis par les statistiques antérieures.
MYOPIE, IIYPEROPIE, ASTIGMIE. m
Dans les trois groupes de réfraction, on trouve plus d'yeux avec le même degré d'astigmie cornéenne sur les deux yeux qu'avec un degré différent. C'est dans le groupe des hypéropes que se présente le plus grand nombre d'yeux avec un degré astigmique inégal.
Les degrés les plus hauts d'astigmie cornéenne se voient chez les hypéropes ; en cela nos observations concordent avec celles de Nordenson et de Schiôtz.
Ce serait également chez les hypéropes que l'astigmie cornéenne fournirait la moyenne la plus élevée. Le tableau suivant montx-e les différences présentées par celte moyenne dans les trois variétés d'yeux.
SciiiOTz. Nordenson.
Hvpéropes. ....... 1,51 Diopt. 0,85 Diopt.
Myopes , . 0,82 — 0,C2 -
Emmétropes 0,74 — 0,5-4 —
§ 171. — L'astigmie cornéenne peut être dirigée selon tous les méridiens, mais elle a une préférence bien marquée pour le méridien vertical et pour ses voisins.
Dans notre statistique générale, on trouve pour chacune des trois grandes catégories d'astigmie les chiffres suivants :
Astigmie verticale 85,6 0/0
— oblique 8,2 —
— liorizontale 7,9 —
En décomposant celte statistique en ses deux éléments, le pourcentage de chacun d'eux diffère réellement.
Non myopes. Myopes.
Astigmie verticale 96,0 0/0 71,3 0/0
— oblique 1,2 — 14,5 —
— horizontale .... 2,6 — 13,5 —
D'après ces chilTres, la myopie aurait une certaine pré-
MVOl'lE, IIYPEROPIE, ASTIGMIE.
dileclion pour les asligmies liorizonlales et obliques qui engloberaient 28 pour 100 des cas. Cetle prédilection ne se retrouve pas à un degré aussi marqué dans les faits observés par Chauvel où ces astigmies figurent dans la proportion de 12 pour 100.
Pflûger estime que la fréquence de l'astigmie cornéenne horizontale augmenterait avec l'âge. Cela ne nous semble être exact que chez les malades de nos cliniques ; mais, si l'on prend soin d'examiner des adultes ne souffrant pas de la vue, on constate que, en dehors de la myopie, l'astigmie horizontale ne se présente pas plus souvent dans l'âge mûr que pendant l'enfance et l'adolescence.
Selon nous, ce n'est pas l'âge qui modifie le sens de l'astigmie, mais la maladie; l'astigmie horizontale serait fréquente chez les sujets qui viennent nous consulter parce qu'elle prédisposerait à divers états morbides ou serait produite par eux.
Ainsi, en ce qui concerne la cataracte, nous avons rencontré, sur 158 cas, 38 fois l'astigmie horizontale, soit une proportion de 24 pour iOO, chiffre supérieur de beaucoup à celui de notre statistique générale (7,9 pour 100).
Quant au glaucome, nos recherches et celles de Pfatz ont démontré que, chez les sujets atteints de ce mal, il existe une fréquence plus grande de cette variété d'astigmie (50 pour 100). Cette fréquence indique-t-elle réellement une prédisposition ? C'est possible; mais on ne saurait l'affirmer, car le glaucome est une maladie dans laquelle l'astigmie cornéenne présente des variations.
Sous l'influence de la pression intra-oculaire morbide, l'œil se déforme et le plus souvent d'une manière bien caractéristique. Un organe, primitivement astigme selon la verticale, devient astigme selon l'horizontale, après avoir présenté pendant un temps plus ou moins long la plus parfaite symétrie. On comprend que, par suite de ces variations, il est difficile de dire si l'astigmie horizontale est engendrée par le glaucome ou si elle est une cause productrice de cette affection. Ce qui plaiderait, néanmoins, en faveur de cette dernière
MYOriE, IIYPEROI'IE, ASTIGMIE.
interprétation, c'est que les Juifs souvent atteints d'astigmie horizontale sont les victimes de choix du glaucome.
Souvent l'orientation de l'astigmie cornéenne est directement verticale. Dans ce cas l'astigmie d'un œil est généralement parallèle à celui de son congénère. Quand, dans un œil, l'astigmie s'écarte de la verticale, le même fait se produit dans l'autre et les deux astigmies occupent d'ordinaire une direction symétrique par rapport à la ligne médiane. Si l'une est inclinée sur J5 degrés, l'autre le sera sur 165.
KiG. 49. — Schéma indiquant la direclion la jilus fréquente des astigmies. La ligne à trait plein est relative à l'astigmie cornéenne, celle pointillée à l'astigmie crislallinienne.
L'inclinaison sur 1 5 degrés a une tendance à se manifester plus souvent sur l'œil droit que dans le gauche; sur ce dernier, c'est l'inclinaison sur 165 degrés qui parait dominer. Dans chaque œil, la direction la plus fréquente de l'astigmie serait donc parallèle à celle des branches d'un V (tig. 49). Ce serait également l'orientation que semble préférer l'astigmie oblique; elle serait en effet plus souvent dirigée sur 45 degrés dans l'œil droit et sur 155 degrés dans l'œil gauche.
§ 172. — Dans notre statistique des emmétropes et hyperopes, l'astigmie cristallinienne y figure pour 11,2 pour 100 et dans celle des myopes pour 18,5 pour 100. Le tableau suivant indique la fréquence relative des degrés d'astigmie que nous avons rencontrés :
186 MYOPIE, IIYPKROPIK, ASTIGMIE.
Tableau VI.
Aslig. CI
isl. Non myopes.
Myopes.
Aslig.
crist.
iSon myopes.
Myopes
Ces chiffres ont donné lieu au graphique de la figure 50.
eo
FiG. 50. — Graphique de l'astig-mie cristallinienne des non inyopes{ligne pleine), des myopes (ligne poinlillée).
Dans ce tableau, les non myopes ne présentent pas d'astigmie cristallinienne supérieure à 0,75 ; cependant on en rencontre quelques cas. Nous nous rappelons notamment celui d'une dame atteinte d'une astigmie cristallinienne de 1,75 et qui, considérée comme myope par son mari qui était
MYOPIE, IIYPEIIOPIE, ASTIG.MIE
médecin, portail un verre spliérique dont elle avait, du reste, beaucoup à soulïrir.
Ordinairement, l'astigmie cristallinienne des non myopes existe chez des sujets nullement ou faiblement (0, "25 ou 0,50) atteints d'astigraie cornéenne. Le même fait s'observe chez les myopes et voici ce qu'on constate. Dans les deux cinquièmes (2/5) des cas, l'astigmie est uniquement cristallinienne; dans les autres cas, elle est accompagnée d'astigmie cornéenne d'un degré variable (47 pour 100 de 0,25^ 55 pour 100 de 0,50; 14 pour 100 de 0,75; 4 pour 100 de 1 dioptrie).
§ 175. — Le plus souvent l'astigmie cristallinienne est horizontale. Le pourcentage des diverses directions observées dans notre statistique est le suivant :
Méridien. 0".
Méridien. 90°. .
L'astigmie cristallinienne voisine de l'horizontale a une orientation assez constante dans chaque œil. La plus ordinaire, dans l'œil droit, serait vers 105 degrés, et, dans l'œil gauche vers 75 degrés. Ces directions dans chaque œil seraient perpendiculaires à celles observées dans l'astigmie cornéenne (fig. 49).
Nous passons maintenant à l'étude de l'astigmie subjective désignée par certains auteurs sous le nom d'astigmie totale. Cette dénomination semble indiquer à tort que l'astigmie cornéenne n'est pas susceptible d'être corrigée en partie par une astigmie cristallinienne dynamique. Nous ne pouvons donc pas l'accepter, il faut procéder pour l'astigmie comme pour l'hypcropie et réserver l'épithète de « totale » aux amétropies dépourvues de correction.
188 MYOPIE, IIYI'EHOPIE, ASTIGMIE.
L'astigrnie subjective des myopes se comporte d'une façon différente de celle des non myopes.
Tableau VII.
Non Myopes. Myopes.
.Non Myopes.
Myo|)es,
u,uu uiopu
Oo , 0 U/U i ,4 u/u
2,50Dioplr. 0,5 0/0
U , -iO