La sclérotique est la membrane d'enveloppe de la
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sphère oculaire. Elle est épaisse, résistante et opaque; sa couleur est d'un blanc légèrement bleuâtre. Elle se continue, en avant, avec la cornée ; en arrière, elle est percée d'une ouverture par laquelle passe le nerf optique; à sa partie antérieure, elle est recouverte par la conjonctive.
§ 8. La choroïde tapisse intérieurement la sclérotique; c'est une membrane mince qui loge une grande partie des vaisseaux nourriciers du globe oculaire: sa face interne est recouverte d'une couche de pigments noirs destinés à absorber les rayons lumineux qui ne prennent pas part à la formation de l'image. Elle est continuée en avant par le muscle ciliaire et par les procès ciliaires.
§ 9. — Viris est une membrane verticale, distante de la cornée d'environ 4 millimètres. L'ouverture circulaire qu'elle présente à son centre se nomme pupille. Le diamètre de celte dernière est très variable suivant la (|uantité de lumière qui pénètre dans l'intérieur de l'œil : elle se contracte au grand jour, se dilate dans l'obscurité. Les changements dans la dimension de la pupille sont fréquents, rapides et d'ordinaire indépendants de la volonté. Ils sont dus à la contraction des fibres musculaires qui se trouvent dans l'épaisseur de l'iris. La face postérieure de cette membrane est tapissée d'une couche de pigments noirs dont le rôle est le même que celui de la choroïde.
C'est la coloration de l'iris, tantôt grisâtre, tantôt d'un bleu clair ou foncé, d'autres fois d'un brun jaunâtre, qui donne aux yeux leurs différentes couleurs.
§ 10. — Lacornée, tout en constituant une partie de l'objectif de la chambre oculaire, complète en avant l'enveloppe extérieure de l'œil dont elle représente environ le cinquième. D'une dureté analogue à celle de la corne, elle est incolore et aussi transparente que le plus pur cristal. On l'a comparée à un verre de montre qui serait enchâssé dans l'ouverture de la sclérotique à laquelle elle est solidement unie. Plus épaisse
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à la périphérie qu'au centre, elle constitue un ménisque concave-convexe, circulaire, d'environ 12 millimètres de diamètre; une des couches profondes de la cornée porte le nom de membrane de Descemet.
g 11. — Le cristallin est situé derrière l'iris et en contact avec lui par sa face antérieure. Il a tout à fait la forme, un peu la consistance et à peu près les dimensions de la lentille de nos tables. Son diamètre est d'environ 8 millimètres; son axe mesure d'avant en arrière 4 millimètres. Cette lentille organique a sa face postérieure plus bombée que l'antérieure.
Elle est constituée par une mince enveloppe transparente et élastique (cristalloïde ou capsule cristalline) et une substance propre également transparente dont la consistance va en augmentant vers le centre, où se trouve un noyau résistant. L'opacité de cette lentille donne lieu à la cataracte.
Le cristallin est supporté suivant sa circonférence par un ligament, plissé à la manière d'une collerette, se détachant de la région antérieure delà choroïde et nommé zonulede Zinn. Les fibrilles qui composent ce ligament viennent aboutir h^s unes à la face antérieure, les autres à la face postérieure du cristallin.
g 12. — La rétine est la membrane la plus interne de la coque oculaire; elle se trouve appliquée contre la choroïde et lui adhère faiblement. C'est l'écran sur lequel vient . se former l'image des objets extérieurs, c'est la membrane sensible de l'œil. Elle est pour le sens de la vue ce qui; la peau est pour le toucher, la muqueuse de la langue pour le goût, celle du nez pour l'odorat. La réline est constituée par de nombreuses couches; la plus interne est formée par l'épanouissement des fibres du nerf optique qui, k leur entrée dans le globe oculaire, s'irradient dans tous les sens. Du côté de la face choroïdienne se trouve une couche, d'éléments nerveux qui affectent, les uns la forme de bâtonnets, les autres celle de cônes. Ces éléments nerveux jouent dans
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l'acte visuel un rôle important, on le suppose du moins, car eux seuls existent au niveau de la tache jaune (raacula)v région de la rétine la plus sensible à la lumière. Les cônes et les bâtonnets sont entourés par une substance spéciale de couleur rouge, appelée pourpre rétinien que la lumière décompose, mais que la rétine reproduit au fur et à mesure de sa décoloration. La rétine, au lieu de conserver les impressions du monde extérieur comme le fait la plaque photographique, les transmet immédiatement au cerveau et reste apte à recevoir de nouvelles images.
§ 15. — Le muscle cili aire, organe de la mise au point, est situé dans l'angle obtus formé, d'une part, par l'iris et, d'autre part, par la sclérotique. A sa partie interne se trouvent les procès ciliaires. Le muscle ciliaire est constitué par deux ordres de fibres : les unes suivent la direction des méridiens* de l'œil, les autres se dirigent parallèlement à la circonférence de la cornée. Les fibres méridiennes, encore appelées longitudinales, s'insèrent en avant par un anneau tendineux au pourtour de la cornée; en arrière, elles pénètrent bien au loin dans le tissu de la choroïde, certaines même arrivent près du nerf optique. Les fibres circulaires n'ont pas d'insertion bien déterminée. Les nerfs qui animent les fibres du muscle ciliaire sont au nombre de deux : l'un, le moteur oculaire commun, l'autre, le grand sympathique. Ce sont ces mêmes nerfs qui président au mouvement de l'iris.
L'intérieur du globe oculaire contient des liquides. L'espace compris entre la cornée et l'iris (chambre antérieure) est rempli par l'humeur aqueuse. Entre le cristallin et la rétine se trouve le corps vitré, substance transparente et d'une consistance gélatineuse.
1. Les méridiens de l'œil sont les cercles qui passent par ses deux pôles. Le pôle antérieur est situé au sommet de la cornée, le postérieur se troure, selon les cas, au niveaii ou dans le voisinage de la macula. La ligne qui réunit les deux pôles est l'axe optique; celle qui part de l'objet et se termine au centre de la macula constitue l'axe visuel (fig. 5).
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§ lA. — Le nerf optique, d'une dimension de 3 à 4 millimètres, est le nerf de la sensibilité spéciale. Après avoir traversé la choroïde et la sclérotique, il se dirige vers la partie postérieure de l'orbite, dont les parois osseuses, écartées à ce niveau, offrent une ouverture pour lui livrer passage. Dans l'intérieur du crâne, les deux nerfs optiques vont se rejoindre, font un échange de fibres et ensuite gagnent le cerveau.
§ 15. — Le globe oculaire se meut dans l'orbite au moyen de six muscles (fig. 6) : quatre droits (supérieur, inférieur,
Fie. 6. — Muscles moteurs de l'œil vus par la partie supérieure de l'orbite : 1. Muscle grand oblique (portion réfléchie). — 2. Idem (portion directe). — • 3. Droit interne. — 4. Droit supérieur. — 5. Droit externe. - 6. Petit oblique. — 7. .\uneau d'insertion des muscles. — 8. Poulie de réflexion du grand oblique. — 9. Globe oculaire. — 10. Nerf optique.
externe, interne) et deux obHques qui contournent l'œil à la manière d'une sangle. Le grand oblique s'enroule sur sa face supérieure et le petit sur sa face inférieure. Tous ces muscles sont en relation avec des nerfs ; le muscle droit interne est notamment innervé par le moteur oculaire commun, un des nerfs qui donnent le mouvement à l'iris et au muscle ciliaire.
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§ 16. — On voit, parce qu'une image des objets, admirable de netteté, d'éclat, de coloris et de vérité, se foi-me sur la rétine. Comment a lieu la production de cette image?
Les rayons lumineux, pour pénétrer dans l'œil, sont obligés de traverser l'ouverture étroite de la pupille. Grâce à cette étroitesse, il se passe dans l'œil le même phénomène que dans une chambre noire recevant la lumière par une petite ouverture (fig. 7). Le paysage, s'il est bien éclairé, vient se
FiG. 7. — Chambre noire. L'image de l'objet se peint renversée sur la paroi opposée à l'ouverture par laquelle les rayons pénètrent.
peindre sur la paroi opposée. L'image est d'autant plus nette que l'ouverture est plus étroite et le paysage plus éloigné. Cette image est renversée : la propagation de la lumière en ligne droite explique le fait. Les rayons lumineux qui partent de l'extrémité inférieure du paysage passent par l'ouverture et arrivent sans déviation sur la paroi qu'ils renconiront en un certain point. Les rayons émanés de l'autre extrémité suivent le même chemin, et. après avoir croisé les premiers rayons, se dirigent, eux aussi, en ligue droite vers la paroi qu'ils atteignent en un endroit moins élevé. Quant aux rayons intermédiaires, ils viennent aboutir entre ces deux parties exti^êmes. L'image formée dans ces conditions ne peut donc être que renversée.
§ 17. — Mais les images qu'engendrent de simples ouvertures sont grandes et laissent toujours à désirer au point de vue de la netteté. Un œil aussi simplifié exigerait des dimensions considérables et serait un instrument d'optique bien imparfait. Fort heureusement l'œil humain est muni d'organes qui rapetissent l'image et qui lui donnent dans
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toutes circonstances des formes parfaites. Ces organes sont tout particulièrement la cornée et le cristallin (l'humeur aqueuse et l'humeur vitrée ont une importance moindre). Ils agissent en réfractant les rayons lumineux qui pénètrent dans l'œil, c'est-à-dire en leur faisant suhir une série de déviations permettant à l'image de se former heaucoup plus tôt et de coïncider avec la surface rétinienne. Ce sont donc des organes de réfraction, et, en les traversant, la lumière obéit aux mêmes lois que celles indiquées pour les lentilles convexes (§ 2).
Rien d'étonnant qu'il en soit ainsi : le cristallin est une véritable lentille biconvexe. Quant à la cornée, au premier abord, le fait surprend. Cette membrane est plus épaisse à la périphérie qu'au centre; dès lors, au lieu de produire les mêmes effets que le cristallin, elle devrait se comporter et engendrer un effet divergent comme les ménisques dont une des faces est convexe et l'autre, d'une plus forte courbure, concave. Si la cornée était séparée de l'œil et placée au milieu de l'air, la divergence serait réelle, mais minime, car la différence d'épaisseur de cette membrane est assez faible. Dans l'œil, la cornée possède une convergence très accentuée par le motif que, derrière elle, se trouve l'humeur aqueuse pourvue sensiblement de la même densité. Le tout forme un ménisque dont une des faces est concave et l'autre d'une courbure plus prononcée est convexe. Or, de telles lentilles sont le siège des mêmes phénomènes de réfraction fjue les verres convexes ; leur pouvoir est réellement convergent.
Quand un rayon lumineux venant de l'infini arrive sur la cornée, il subit en pénétrant dans cette membrane une première déviation (fig. 8). Passant, en effet, d'un milieu moins dense, l'air, dans un milieu plus dense (la cornée et l'humeur aqueuse), il se rapproche de la normale. Laissant l'humeur aqueuse pour traverser le cristallin dont la densité est plus grande, ce rayon subit une déviation de même sens. A sa sortie du cristallin, il s'éloigne de la normale (car la densité du corps vitré est moindre). Poursuivant sa mar-
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che désormais en ligne droite, il arrive, après avoir coupé l'axe visuel, sur la rétine en même temps que les autres rayons émanés du même objet et qui ont subi les mêmes
p,5. 8. Marche des rayons lumineux clans l'œil. Après trois réfractions successives, les rayons dessinent sur la rétine une image renversée et très petite.
déviations. Leur rencontre donne naissance à une image d'une netteté parfaite et renversée comme celle de la chambre obscure.
g. 18. — L'impression que ressent la rétine au contact de cette image est transmise au cerveau, qui est réellement l'organe qui voit. Il faut remarquer que le cerveau voit non pas l'image, mais les objets eux-mêmes. Chaque point de la rétine correspond à un endroit déterminé de l'espace, et, lorsqu'un point est impressionné, le cerveau voit ce qui se trouve à l'endroit correspondant. Gomme ce sont les objets qui sont vus, l'inteHigence n'a pas à opérer de redressement d'image, ce qu'on a cru pendant longtemps.