‹ MyrdhinnChapitre 9 sur 30 · ET EN ECOSSE · texte numérisé non relu

ET EN ECOSSE

Tandis que le génie de Merlin, évoqué par les bardes gallois, entretenait Tespoir de leurs compatriotes, leur donnant quelquefois la victoire avec la foi qui produit les miracles, ou, à défaut de la victoiie, la patience dans les revers, les autres peuples bretons de Tile nourrissaient les mêmes illusions; mais ils exprimaient leur espérance sous une forme un peu différente. Identique au fond, le thème variait dans les détails, et le cadre, moins rétréci, moins déterminé dans ses contours et comme élastique, ouvrait à Timagination un champ pour ainsi dire sans bornes.

Au lieu d'enfermer Merlin dans un cercle d'in-

térêls exclusivement gallois , de lui faire prédire des événements de l'histoire du pays de Galles, avec des indications précises de localités et de lemps; au lieu de le réduire en quelque sorte au rôle de prophète de clocher, les ménestrels ambulants de la Cornouailles, du Devonshire, et des frontières de TÉcosse^ les Klaskerion bretons^ comme on les appelait encore du temps de Chaucer ^ , avaient fait de Merlin l'idéal prophétique de toute leur race. Grâce à eux, il avait pris^ comme augure politique, des proportions immenses.

Du haut de la montagne des Neiges, il avait vu, cinq siècles à l'avance, se dérouler devant lui toutes les phases de l'histoire générale des Bretons , depuis le débarquement des envahisseurs saxons jusqu'à l'arrivée des Danois et des Normands; il les avait annoncés plus ou moins clairement à des milliers d'hommes en présence du roi suprême des Bretons. Son regard avait été aussi perçant que celui de la Sibylle, de la Vôluspa et même du prophète de l'Àpocalypsé ; ses inspirations et ses images, d'une grandeur non

* And other harpers many a onc.

And ihe Briton Glaskerion. {Canterbury laies.)

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