‹ Mystère des théatres 1852Chapitre 10 sur 87 · THÉÂTRE DU PALAIS-RO\AL · texte numérisé non relu

THÉÂTRE DU PALAIS-RO\AL

C'est toute une troupe que Brasseur. H est cinq, six acteurs, que sais-je? Toutes les voix, tous les gestes, toutes les physionomies, il les prend, non, il les a. 11 a la voix fiévreuse et pressée de Bouffé ; — il a le dé-

bit tout triomphant de couacs, et ces gestes épileptiques qui n'appartiennent qu'à Grassot; tantôt c'est le triangle buocal et le nez pincé de Levassor ; tantôt le clignement d'yeux, les grimacements simiesques, les sourires pouffants, toutes choses dont Ravel est propriétaire ; — et cette bouche qui se convulsionne brusquement à gauche, à droite, et ce rire gargantuesque

vous avez nommé Sainville. L'affiche disait vrai : le kaléidoscope dramatique. Brasseur nous a fait, le Dupré-protée qu'il est ! tous les ut de théâtre : de l'ut de rogomme du jeune premier des Funambules à l'ut de caverne de Numa.

Mais il s'agit bien de cela vraiment. — Komainvillc

a fait un drame, mais un drame qui, rien que sur

le titre, serait reçu d'emblée à rAml)igu : l'Eau de JorvelleU! — Notre gaillard enterre son propriétaire le jour où l'on doit donner sa pièce : ce Romainville est un homme heureux. Ajoutez à cela que c'est Levassor qui joue son rôle au Palais-Royal, et qu'il s'est inventé, pour ce faire, un chapeau-gondole coupé sur un quartier de lune. — Au sortir de l'église, Romainville se trompe de cérémonie : au lieu de suivre le corbillard, il suit une noce — qu'il croit de bonne foi un enterrement, — et la noce le mène à une maison qu'il suppose mortuaire et qui est très-vivante : c'est Defileux ! — Bast! — se dit Romainville; — et comme un garçon passe, le Bouchardy en herbe lui inocule les vingtsept tableaux de ÏEau de Javelle. — Pauvre Eati de Javelle! elle est sifflée avec un ensemble !... — Et Chardonneret refuse sa tille à un homme si peu apprécié. Mais, Dieu merci pour ce brave Romainville! ce n'est pas d'iiier que les vaudevillistes sont en relation avec

les oncles cV Amérique et autres solutions californiennes. — Roraainvillo hérite de trois cent mille francs. — Adieu à ÏEaa de Javelle ! — Il épouse Cœlina. — Parole d'honneur ! il ne fera plus de drame ! — Et le public a pris acte en applaudissant Romainville et Le-

vassor.

Edmond et Jules de (Concourt.

FOLIES-DRAMATIQUES

LE LAQUAIS P'UN NÈGRE, Vaudeville en deux actes, par MM. Brisebarre et Nyon.

— Comment! un étage de plus? —

Après cela, nous en sommes bien aises. — Voilà quatre fois que nous prenons au bureau de ce théâtre des places d'avant-scènes^ de rez-de-chaussée ou d'entresol. Voilà quatre fois qu'on nous fait monter à des avant-scènes qui, si elles sont des avant-scènes, sont des avant -scènes à trente pieds au-dessus du niveau de la scène. Nous nous sommes informés : tous nos amis ont fait comme nous cette réflexion qu'ils soupçonnaient toujours un peu être placés plus haut que leur argent.

La toile était tombée. — L'auteur ! l'auteur ! — criait toute la salle. Nous avions bien envie, nous, ae demander : — L'architecte ! — • et si on l'avait nommé, nous ne l'aurions pas applaudi, je vous jure. Que voulez-vous ? on n'est pas parfait ; nous avons les jambes rancunières.

Mais ce sont les auteurs qu'on a nommés : MM. Brisebarre et Nyon. — M. Nyon, du Pour et du Contre? — Oui. Pourquoi pas !

Un Yolof : c'est Brasseur. — Toi bon nègre à moi ;

— moi aimer toi; — toi cirer bottes à moi; — moi rattacher bon blanc à la vie; — moi reluire comme lune;

— moi vouloir petite blanche ; — moi demeurer rue Blanche; — moi aimer bon Huart; —moi avoir abonnement au Charivari; — moi danser bamboula; — yo! yo ! lii ! lii ! — une soulottquerie en deux actes.

Edmond et Jules de Goricourt.

— 7 février. — PORTE-SAINT-MARTIN.

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