LES TIOLETTES DE LUCETTE
Vandeville en trois actes, par MM. Dutertre et T. Nezel.
Un titre de pièce qui ressemble à un titre de romance ; et^ en effet, c'est toute une romance, — la romance du cœur que nous chantons ou que nous avons tous chantée, — quelque chose de si frêle et de si délicat que cela ne peut supporter l'analyse, et qu'il faut l'aller voir pour retrouver dans les brouilleries d'Albert et de Lucette les poésies d'un premier amour.
CONCERT DE M. FUMAGALLI.
Quelle admirable invention que l'imprimerie! mais quelle plus admirable invention que la musique ! Tout à coup une note a frappé mon oreille, et mon cœur a tressailh. C'était l'air de Corrado d'Altamura, musique de Ricci : pour moi tout un poëme, — un souvenir d'amour. Aussi avec quel bonheur j'ai écouté de l'oreille et du cœur. Une jeune personne de talent, M"<^ Ersilie Agostini, a chanté ce morceau avec beaucoup de goût. Comme sa sœur, M"'' Rachel Agostini , qui a parfaitement prosodie l'air de Béatrix di Tendu de
Bollini, et avec qui elle a chanté le duo de Maria PadiUa de Donizptti, M"*^ Ersilie a une voix d'une admirable limpidit(''; chez elle les notes dramatiques ont une i)uissancc et une élévation qui remuent le sentiment jusque dans les cœurs les plus desséchés. Elle n'a qu'un défaut, c'est de donner trop d'étendue à sa voix ; il en résulte quelquefois des effets peu harmonieux, surtout dans une salle comme la salle Herz. Du reste, M"^' Rachel et Ersilie Agostini ne sont pas faites pour chanter dans des concerts; si elles le veulent, un plus brillant avenir s'ouvrira pour elles, car elles possèdent à un degré éminent la science de l'action dramatique.
Dans la même soirée, M. FumagalU s'est fait ententendre plusieurs fois sur le piano : il y a de la largeur dans son jeu; mais ce qu'il y a surtout et avant tout, c'est de l'harmonie. 11 a le bon goût de laisser à d'autres les faciles éclats de la musique bruyante; ce qu'il recherche, ce sont les mélodies, ces suaves et poétiques accords du doigté qui, en dehors des exigences des grands mouvements dramatiques, forment seuls la vraie musique. 11 y avait longtemps que je n'avais entendu sous une main intelUgente parler pour moi les splendides notes du piano. C'est avec plaisir que j'ai entendu M. Fumagalli, et l'assistance tout entière partageait mon émotion lorsqu'elle s'est levée avec enthousiasme pour applaudir à cette chose délicieuse, — cette fantaisie andalouse, — qu'il appelle la Buena Ventura. Figurez- vous les torsions du boléro se balançant avec une fureur voluptueuse sur les ondes parfumées de Guadalquivir.
J'ai bien aussi vu trente choristes exécuter avec ensemble des chœurs d'Adam, d'Auber, de Zimmermann
et d'Ambroise Thomas; mais j'avoue que, quand j'ai entendu de la musique de Ricci, je tâche de ne pas entendre autre chose.
Cornélius Holfl'.
— 13 mars.
ODEON
LES CINQ MINUTES DU COMMANDEUR, Daame en cinq actes et sept tableaux, par M. Léon Gozlan.
Ce serait une jolie salle que celle de l'Odéon, si ses velours étaient encore rouges et s'il y avait autre chose que la place des dorures. Et puis ce sont de petites bonnes gens de l'un et l'autre sexe qui, dans des coins de gratis, ont l'air de minuter la pituite ou de grelotter l'agonie. — C'est là le public ordinaire et extraordinaire de l'Odéon. Nous fumions notre cigare pendant le défilé d'une louable, mais malheureuse tentative de queue faite par l'administration, et nous entendions les discours suivants : « Oh ! l'épicier en avait dix ! — Bah ! — Vous savez bien le pharmacien ? — Voui. — Eh bien ! figurez-vous, ma chère, que sa cuisinière avait dit à la fruitière qu'il avait dit qu'à la galerie il n'y avait que des marchandes de poisson, et alors on ne lui en donne plus; et quand il en demande, on lui dit qu'il n'y en a pas. » Ce dernier mot — pas de places — excita la plus vive liilarité parmi les auditeurs. Nous n'inventons pas : nous enregistrons.
Soyons justes : ce soir-là Tadministration s'était mise en frais; elle avait recouvert les malpropretés du plancher de la scène d'une espèce de thibaude, — en guise de tapis de Srayme. C'est qu'il s'agissait d'une grande affaire. Un des hommes les plus spirituels de l'époque avait consenti à se laisser jouer à l'Odéon de i8-)2. Il y avait, si nous ne nous trompons, trois ans que la pièce de M. Léon Gozlan était reçue, et le public allait enfin être admis à admirer le nouveau chef-d'œuvre de l'auteur de tant de choses charmantes.
Généralement les pièces autour desquelles l'on fait beaucoup de bruit d'avance ne valent rien. Il n'en est pas de même de celle-ci. Nous n'hésitons pas à le dire, depuis les belles années de Victor Hugo et d'Alexandre Dumas, le théâtre semblait avoir perdu l'habitude de ces splendides inspirations.
En quelques mots voici la pièce. Nous sommes en pleine conspiration de Cellamare. Le marquis de Canilly-Bouchet conspire contre le régent, il a un complice, le marquis de Marescreux. Marescreux et Canilly se défient l'un de l'autre; ils vont s'unir par les Mens du sang : la fille de Canilly épousera le fils de Marescreux. Et alors, par ordre de son père, Marie-Boudeville envoie son portrait à Raoul avec cette légende : Offert par Marie de Canilly à Raoul de Marescreux. Le marquis est arrêté, jugé et sur le point d'être décapité, lorsque ses gardiens se laissent corrompre. Mais là n'est pas la pièce. Marie aime le commandeur de Beaumesnil, et elle épouse le marquis de Beaumesnil, parce qu'U va devenir fou de douleur. Et elle est malheureuse! Ah! demandez-le à. . . Mais voici qu'un beau jour Raoul de Marescreux revient. 11 msultela marquise de Beaumesnil.
Duel. — Le marquis est tué. Le coinmandeurse bat aussi. Il est convenu que celui qui tombera aura cinq minutes poui" se relever et tirer. Le commandeur tombe. Mais la maréchauss'e approche, et Raoul s'enfuit avant que les cinq minutes se soient écoulées. Teint du sang des deu.v frères, — le mari et l'amant, — il se présente chez M"'' de Beaumesnil. Encore une fois il l'insulte. Alors reparait le commandeur. Il a le droit de tirer; il va tirer. Mais la marquise a juré de se faire reUgieuse : au nom du ciel elle désarme le commandeur et force Raoul au repentir. Voilà le fond de la pièce.
Voyons maintenant les détails, car c'est là surtout ce qu'il faut examiner dans les compositions de M. Léon Gozlan. Qui est-ce qui n'a pas lu la Jolie fille de l'erth? Jl y a là-dedans une lâcheté nerveuse qui est d'mi puissant effet dramatique. Dans les Cinq minutes du Commandeur, il y a aussi une lâcheté nerveuse dont M. Gozlan a su tirer un habile parti. Rien de moins ridicule que la lâcheté, quand elle est affaire de tempérament; c'est une mfirmité, et voilà tout. Qui est-ce qui rit d'mie bosse? Les sots et souvent ceux qui savent cacher leurs bosses au moyen d'un corset mécanique. Ceux qui raillent la lâcheté sont ou des sots ou des fanfarons. Cette lâcheté ici, ce n'est pas un Higlander, c'est le mafquis de Beaumesnil. Pas n'est besoin de dire que le commandeur de Beaumesnil est là toujours fort à propos pour sauver l'honneur de la famille. De quoi le commandeur est-il commandeur? 11 ne peut être commandeur de Malte, puisqu'il se considère comme im mince personnage et qu'il parle de se marier ; il ne peut être commandeur de la Légion d'honneur : M. Gozlan n'a voulu un commandeui' que parce qu'il y a luj commaud,eur
dans le drame de Don Juan, — les cinq minutes du commandeur et la statue du commandeur — et de fait les apparitions des deux commandeurs sont également fantastiques.
Au second acte, il y a un mot qui nous a fait tressaillir, — le mot le plus vrai, le mieux senti qui ait jamais été dit au théâtre : Maric-Boudeville vient d'apprendre que son père est sur le point d'être décapité, mais qu'avec 300,000 livres on peut le sauver. Il n'y a qu" un instant, elle refusait la main et les I o millions du marquis de Beaumesnil : — Louison ! Louison ! va dire au marquis de Beaumesnil que je l'épouserai. — Un homme entre : c'est le commandeur, qui arrive tout poussiéreux de la gloire qu'il vient d'acquérir au siège de Belgrade. Elle l'aperçoit : — Ah! Louison, ne lui dis rien! — Et elle jette à son amour la vie de son père. C'est sublime de vérité. Voici maintenant le défaut : c'est là le cri de la nature : le moi, l'égoïsme avant tout. Mais, monsieur Gozlan, il y a la réflexion. Que penseriez-vous d'une femme qui aurait sacrifié la vie de son père aux satisfactions de son amour? C'est cependant ce que fait Marie ; si bien que six mois après 1^ événements, elle ne sait même pas si son père a été vraiment décapité, et elle est tout étonnée d'apprendre que la générosité du marquis lui a épargné la rude montée de Féchafaud.
Le décor du troisième acte est d'un effet pittoresque : une tenture d'église un jour d'enterrement de première classe. On voit que la fantaisie de M. Gozlan a passé par là. Le marquis, désespéré de ne pouvoir épouser Marie, a emprunté ce mobiUer à l'administration des pompes funèbres de l'endroit. 11 nous a fait peine de
voir se dessiner là-dessus une robe grise garnie de dentelles noires : la robe de Marie-Boudeville, en deuil d'un père qu'elle croit mort depuis six mois. Comme Platon le fait dire à Socrate dans un de ses dialogues, une lyre et une marmite peuvent être belles, un corbillard peut aussi être beau, mais c'est à la condition d'ùtrc bien noir.
Dans un épisode, il y a un improvisateur fantastique dont l'apparition n'est peut-être pas aussi dramatique que le supposait l'intention de l'auteur. Disons maintenant que nous avons regretté de voir M. Gozlan tomber dans le cliauvinisme, et chanter de bonne foi la gloire, la patrie et autres fariboles d'aussi mauvais aloi. Il y a encore un autre défaut, c'est le tableau du duel : ou toutes les femmes auront des attaques de nerfs, ou elles riront, — je crois bien qu'elles riront. M. Gozlan est un homme d'esprit qui écrit en français, mais il se laisse trop aller aux caprices de sa fantaisie. Sa pièce aura-t-elle du succès? Je ne pense pas qu'elle soit à la portée des neuf cent quatre-vingt-dix-neuf imbéciles qui forment masse dans un groupe de mille spectateurs, et puis, n'est-elle pas jouée à ce théâtre où les succès deviennent des chutes, où l'enthousiasme se congèle?
Et comment est-elle jouée? Disons -le nrievement. Tisserand, — le commandeur, — n'a plus ni voix ni gestes. Il est complètement usé; et on comprend difficilement qu'une jeune fille soit amoureuse d'un homme si gros. Clarence, — le marquis de Beaumesnil, — a l'air franchement poltron, trop,— l'Higlander ne se confessait de sa lâcheté qu'à l'oreille de son père nourricier. Bouchet-Canillyjoueleconspirateur comme un Géronte. Les marquis conspirateurs du xvni* siècle n'avaient
pas cette tournure bonhomme et cette télégraphie potau-feu. Il y avait plus d'un marquis parmi les seigneurs bretons que le régent fit pendre. Harville-Kaoul a plutôt Tair d'une fanfaronnade que d'une haine, d'un matamore que d'un vengeur. Ce n'est pas même un bravo, c'est un baladin qui va combattre le taureau à tant de piastres la séance, r.amard joue dans un épisode un rôle de podestat avec des accents parfaitement ridicules et des poses grotesques. Nous l'avions d'abord pris pour l'improvisateur, tant il a l'air d'un académicien. Martel n'a pas l'air d'un académicien; — ce n'est pas étonnant, puisqu'il improvise ; — et il s'est tiré très-gaillardement de son rôle Dans des emplois de seigneurs de la cour de Louis XV, plusieurs autres acteurs ont chanté faux de manière à écorcher les oreilles de l'assistance. M""^ Boudeville a de l'intention, mais elle ne réussit pas complètement. Elle a le jeu roide comme un rasoir. Et puis elle recherche l'intonation et la gestiflcation de M"** Guyon, — sa voix de cantinière enrouée et ses poses de harengère. Nous ferons aussi observer à M™^ Boudeville que si, en lisant la lettre par laquelle son père lui apprend son triste sort, elle s'emi^orte dès le commencement, elle court risque de ne plus avoir d'action pour la fin. Quant à M"" Bilhaut, dans un rôle détaché de la pièce, elle a mis beaucoup de grâce et de gentillesse, et vraiment nous nous demandons ce qu'elle est venue faire dans
cette galère?
Cornélius Holff.
GYMNASE
LES VACANCES DE PANDOLniE, Comédie en trois actes, par George Sand.
Au moi? iravril 1716, Luigi Riccoboni dit Lelio, Giuseppe Balletti dit Mario^ Thomaso Visentini dit Arlequin, Pietro Albog-heti dit Pantalon, Giovani Bissoni dit Scapin, Francesco Matterazi dit le docteur, Giacomo RanziniditScaramouche; Helena Balletti dite Flaminia, Giovanna Benozzi dite Sylvia, Margareta Rusca dite Violetta, et Ursula Astori arrivèrent au port Saint-Paul à Paris. — Le 18 mai de la même année, ce fut une nouvelle dans Paris, que les comédiens italiens jouaient sur le théâtre du Palais-Royal ; — et le soir, au café Gradot, les comédiens comptèrent 4,068 livres, et commencèrent ainsi leur premier registre : Au nom de Dieu, de la Vierge Marie, de saint François de Paul, et des âmes du purgatoire, nous avons commencé , ce 18 mai, par l'Inganno Fortunato.
Vieux Gelosi! vous aviez déjà passé les monts, la gaieté en croupe! Guerres de religion, guerres de parlements, les états de Blois et la Fronde, que vous importait? Vous alliez, vous alliez, repassant vos rôles, essayant vos coups de pied, dans les discordes et les dissensions civiles ! Aussi insoucieux du lendemain que du pouvoir du jour, de la mort du duc de Guise que de Fondée d'iiier, aujourd'hui à Blois, demain rue des Poulies, sur le théâtre du Petit- Bourbon! — On démolit votre théâtre pour bâtir le péristyle du Louvre ; le parlement défend vos représentations. — Qu'importe! vous avez pour vous le roi — et Paris ! — Mais, un beau
jour, vous riez trop haut, messieurs de Naples et de Venise; vous jouez Scaramouche ermite, — vous allez jouer la Fausse Prtuie, — cette pièce que Charlotte-Elisabeth de Bavière n'alla pas voir, malgré son envie, « de peur, dit- elle, que la vieille ne persuadât au roi que je l'avais fait jouer par malice. » — Le Théàtre- Itahen ferme, le Théâtre- Italien est fermé!
Dix-neuf ans , en passant devant Thôtel de Bourgogne bâillonné et triste, Paris écouta, et crut entendre comme des rires enfermés, comme des farces qui battaient de la tète contre les murs. — M. le duc d'Orléans, régent du royaume, passa aussi un jour devant l'ancienne maison de gaieté, et, le lendemain, il donna ordre à U. Rouillé, conseiller d'État, de faire choix des meilleurs comédiens d'Italie. Une fois arrivés, comme l'hôtel de Bourgogne n'était point encore en état, le régent leur permit de jouer sur le théâtre du Palais- Royal, les jours qu'il n'y aurait pas opéra; en sorte qu'un jour on jouait les Fêtes de l'Été, un autre la Figli'a creduta maschio, et que la poésie de Menesson coudoyait les folies de Lelio !
Per chi l'entende! — Donnez-moi, comédiens, un de ces heureux billets à vos représentations gratuites, plus hautes en drôleries que les autres, un de ces billets où il n'y avait que ces mots : Per chil'entende! et je n'irai pas voir, Lelio, votre Mérope du marquis de Maffei; non, j'irai voir le Pantalon avec sa robe Zimara, le docteur au langage bolonnais, le Scapin avec son habit de livrée, son manteau, son bonnet, sa dague et son parler bergamasque ; Spavento, ou Spezzafer, ou le Giangurgolo, les capitans au large manteau, avec un buffle et une longue épée ; le Scaramouche, le Mezzetin, le Tar-
taglia au manteau de toile rayée, et le Pierrot inventé par Jarelon ! Ressuscitez-moi Tiberio Fiurelli , qui, à quatre-vingt-trois ans, donnait un soultlet avec le pied; Aurélia Blanchi, Tauteur de Ylngamio Fortunalo, qu'elle dédia à la reine; Dominique Biancocelii, — le grand Dominique ! — dont la mort fit fermer le thétàtre un mois, et celui-là qui faisait la culbute sans renverser un verre plein; et Angelo Constanti, qui joua sans masque, ef que le roi de Pologne anoblit ; et Glierardi^ — le Flautin, — qui imitait si bien la tlùte; et Tautre, Évariste Gherardi, qui recueillit votre théâtre. — Faites que j'entende Arlequin voleur dire aux archers : Vous êtes des coquins d'emporter ce sac : ce n'est pas vous qui l'avez volé! — Et le fameux compte à Pantalon : Pour un quartier de veau rôti et un emplâtre d'onguent pour la gale! — Et ce fameux : Il Convitato di pietra, où Arlequin ouvre la scène : Si tous les couteaux n'étaient qu'un couteau, — ah ! quel couteau ! Si" tous les arbres n'étaient qu'un arbre, — ah! quel arbre! Si tous les hommes n'étaient qu'un homme, — ah! quel homme! Si ce grand homme, prenant ce grand couteau, donnait un grand coup à ce grand arbre, et qu'il lui fit une fente, — ah ! quelle fente ! — Et encore cette triomphante plaisanterie reprise dernièrement : Mademoiselle, dit Arlequin à Eularia, lorsque je suis dans mon château, je me plais fort à l'agriculture. Je m'amuse à semer. 11 y a .environ six mois que j'ai semé moi-même de la graine de citrouilles, devinez ce qu'il y est venu? — Mais, monsieur, il n'y peut être venu que des citrouilles. — Pardonnez-moi, madame; il est venu un cochon qui a mangé toutes les graines. — Et Dominique, qui jouait tous les jours, et qui composa cin-
quante-sept pièces en douze ans ! — Et cet excellent Visontini, si souple, si plein de gaieté naturelle ! Visentini, qui mêlait à toutes les grâces de la balourdise le vrai; le naïf, l'original, le pathétique, qui vous menait du rire aux larmes , en riant ! Et cette toujours charmante Zanetta Rosa Benozzi, — la Silvia, — qui jouait si bien la comédie qu'on ne savait si elle était faite pour la comédie, ou si la comédie était faite pour elle! — Pour vos vieilles folies italiennes, un : Per chi l'entende! Comédiens, donnez-moi un : Per chi l'entende! — et jouez-moi, ô chers zanni, jouez-moi : L'Alvarado, — Ladro, sbiro e giudice, — // Medico volante'
l'andolphe est docteur. Pandolphe a une servante, Marinette. Marinette a une nièce, Violette. Violette a un oncle, le marquis de SbrufadeUi, qu'elle n'a jamais vu, qui meurt, et dont elle hérite. Léandre, faux grand seigneur, et Pascariel, ex-valet de SbrufadeUi, offrent leurs mains à Violette, qui aime Pedrolino.
Violette part avec Pandolphe, Clarinette et Pedrolino, pour reconnaître les biens de son oncle. Une fois dans le château de SbrufadeUi, l'amour de Violette est traversé par Isabelle, l'ancienne maîtresse du fils de la maison. Pedrolino, désespéré, va pour se jeter à l'eau. Le docteur saute sur un fusil et le menace de le tuer... s'il se noie : — un joli souvenir de Mort civilement.
Isabelle, Pascariel, Colombine et Léandre s'entendent pour faire signer à Violette l'acceptation de l'héritage : un héritage de dettes. Violette signe; mais le notaire s'est trompé, et Violette le sait bien ! Il lui a donné à signer une chanson au lieu d'un acte. Pedrohno, Pandolphe et Marinette se mettent à rire, et Violette épouse Pedrolino. Edmond et Jules de Concourt.
FOLIES-DRAMATIQUES