‹ Mystère des théatres 1852Chapitre 22 sur 87 · LE PIANO DE BERTHE · texte numérisé non relu

LE PIANO DE BERTHE

Par MM. Barrière et Lorrin.

Qui y eût résisté? — Vous, lecteur? Que non pas! La journée se levait chaude et i)leuc comme un beau jour de juin, les brises matinales frissonnaient encore; c'était l'ouverture du printemps. Trois amis vinrent nous enlever, sans bruit, sans refus possible. — Où allonsnous? — Pécher à la ligne dans un château. — Nous étions déjà sur l'impériale; les gros chevaux blancs piaffaient déjà comme des études de Géricault dans la cour du Plat cVÈtain.

11 y a six cigares et demi de Paris au château.

Je vous le répète, lecteur, qui y eût résisté ?

Et ce furent trois jours des joies de Parisiens, des courses dans le parc, tous les jeux d'une foire transportée sur le tapis vert ; des pèches indolentes, la Ugne fichée en terre, un grog près de vous à rafraîchir dans l'herbe, un volume de l'autre côté; ce furent des admirations de cette allée de tilleuls centenaires, de cette eau vive et belle, de ce pont vert, et de l'île. Ce fut toute une enfance retrouvée à cinq, les grands combats à coups de pommes de pin; et, que sais-je? toutes les gamineries qu'on est honteux de dire , mais qu'on est heureux de faire, qu'on improvise si vite, et qui courbaturent si bien. Toujours attendue, sonnait la cloche des repas; toujours demandées, résonnaient le soir valses

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