‹ Mystère des théatres 1852Chapitre 31 sur 87 · LE FILS DE L'EÎIPEREUR · texte numérisé non relu

LE FILS DE L'EÎIPEREUR

Drame-vaudeville en deux actes, par MM. Dupeuty, Th. Cogniard et Fontan.

L'époque actuelle est-elle donc si pauvre d'invention

qu'elle en soit réduite à de pareilles reprises?

Nous avions l'habitude de considérer M. Hostein

comme un homme intelhgent.

Cornélius Hoiff.

AMBIGU-COMIQUE

LE MÉMORIAL DE SAIXTE-HÉLÈXE , Drame en dix-neuf tableaux, par MM. Michel Carré et Barbier.

Voir le Mémorial de Sainte-Hélène, par M. de Las-Cases, 8 vol. in-8°.

Il y a à l'Ambigu cinq catégories de places : le prix varie de 3 fr. à 1 fr. 30 c, — moyenne, 3 fr. 20 c.

Coût d'une place à l'Ambigu 3 fr. 20

Coût d'un exemplaire du Mémorial 3 fr.

Bénéfice net à ne pas aller à l'Ambigu. . . 20

De plus, on a le papier : un exemplaire pouvant largement suffire aux besoins d'une famille ; et, une place n'ayant pas le même avantage, les familles auront un bénéfice très-considérable à ne pas aller à l'Ambigu.

Voilà le côté matériel de la question; si nous voulions

Tenvisaj^er sous son côté moral , ce serait bien autre

chose : les trésors de la Californie ne sont rien auprès

de ce que peut gagner une intelligence à ne point aller

à l'Ambigu !

Cornélius Holff.

THEATRE-NATIONAL

NAPOLÉON A SCHŒNBRUN ET A SAINTE-HÉLÈNE, Par M. Dupeuty.

Le directeur du Cirque s'est plaint de la vivacité de nos attaques, à propos d'une appréciation de la pièce de M. Latour de Saint- Ybars, pièce déjà enterrée. Il devrait plutôt nous remercier, si notre critique a eu quelque prise sur lui, de lavoir renvoyé aux vraies pièces du Cirque, à l'Empire, à la poudre, à l'épopée des invalides, à tout ce qui a fait la fortune de son théâtre, à tout ce qui peut la faire encore.

Au reste, nous le savons, l'allure de notre critique déroute assez MM. les directeurs, habitués, à ce qu'il paraît, à trouver des raisons aux opinions. Ils sont fort intrigués de nous trouver amis ou ennemis, selon les pièces qu'ils donnent. Nous leur dirons notre secret : nous n'avons guère de parti pris, et nous tâchons d'avoir un peu de conscience, — un bien petit, comme dirait Marot.

Que M. le directeur du Cirque nous donne des apothéoses un peu moins étriquées, qu'il nous donne des armées françaises un peu moins espagnoles, — plus d'état-major que de troupes, — et nous applaudirons à l'entrain de son Hubert, — M. Pastelot; à la dignité de

son Frédî'^ric, — M. Benjamin; nous applaudirons Joséphine par-dessus le marelir ; nous apiilaudirons surtout, et des deux mainS;, et tant qu'il voudra, Gobert. Dans ces deux grandes pages détachées de la vie de l'Empereur, dans cette antithétique mise en scène de la grandeur et de la chute, Gobert a porté tout le temps, sans plier, le faix du grand souvenir ; il a endossé en grand artiste la redingote grise et la robe de chambre nankin; il a été le personnage traditionnel ; il a rendu en comédien consommé les brusqueries et les abruptes transitions de voix, les mains derrière le dos, le pas puissant, l'énergie brève, les émotions broyées, les jeux de physionomie, les allures, les attitudes, les tics, toute la mimique impériale. La tête qu'il se fait pour venir mourir est saisissante, et lorsqu'il est sur le lit, et qu'il essaie d'étendre sur lui son manteau de Wagram, et qu'il crispe, à le tirer, ses mains moribondes, et que ses bras vaguent dans le

vide; — c'est beau, c'est effrayant! — Nos deux

grands comédiens historiques seraient-ils, à l'heure qu'il est, Gell'roy et Gobert?

Edmond et Jules de Goncourt.

VARIÉTÉS

LES TRIBULATIONS D'UNE ACTRICE, Pochade en un acte, par M. Michel Carré.

Pourquoi ne pas avoir conservé à cette drôlerie le titre assez piquant de Tribulations de Boisgonthier? Qui est-ce qui a reculé au dernier moment? Est-ce l'auteur, le directeur, ou Boisgontliier ? Les suppositions

les plus étranges ont été faites sur les transformations que raffiche avait dû subir ; les explications les plus excentriques ont été tour à tour données ou rendues. Nous ne vous redirons ni tout ce que nous avons entendu, ni tout ce que nous savons... les lazzis de la foule et le Itruissement des couloirs. Il n'y a pas longtemps que nous avions vu au Palais -Royal Grassot embêté par Ravel ; il nous semblait que nous pouvions bien voir s'épanouir sur une affiche le nom de la charmante Boisgonthier. Quelles que soient les susceptibilités qui nous ont valu cette correction, nous les déplorons ; cela nous rappelle M"" Déjazet ne voulant pas permettre à un de nos amis d'intituler une pièce-revue : Déjazet aux enfers. — Où le bégueulisme va-t-il se nicher?

Les Tribulations d'une actrice! et vous croyez à quelque ragoût fortement épicé ! Erreur! Le cuisinier, c'est M. iMichel Carré. M"'' Boisgonthier a quitté la scène, et ses camarades emploient mille ruses pour la contraindre à remonter sur le théâtre de ses exploits et de ses triomphes. Nous savons quekprun qui serait plus désappointé que les camarades de M"<^ Boisgonthier si la séduisante actrice voulait aller se cacher dans la retraite. — Serait-ce M"« Bertin? Non. Toute jolie qu'elle est, elle doit craindre des rivales. — Ce quelqu'un, c'est le public; ce sont les 1,216 admirateurs qui, chaque soir, viennent se pâmer aux lascives pétulances de cette folle et capricieuse gaieté.

Cornélins Holft".

VAUDEVILLE

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