UNE IDÉE DE MÉDECIN
Vaudeville en un acte, par MM. Armand et Ch. D'Artois.
C'est le propre des jolies choses de ne pas vieillir. Rutbœuf, Rabelais, j\Iarot, Brantôme, Scarron, sont toujours originaux, toujours amusants. Le Roman comique est encore le vaudeville, la comédie, l'épopée si vous voulez, de ces troupes de superfétation, déclassées dans les arrondissements dramatiques, qui, quelquefois en charrettes, plus souvent à pied, parcourent les campagnes peu artistiques de la France, et vont représenter la Tour dea Xefles dans les sous-préfectures et les justices de paix. Authentiques ou non, les mémoires de M"* Flore sont une œuvre de l'épjoque; quand on lit le récit pittoresque de ses excursions théâtrales, ne se croit-on pas en face d'un Scarron décrassé de la pioussière des années, reverni, encadre de neuf, et exposé sous une transparente vitrine aux brillantes lumières du gaz ?
Toutes CCS réflexions et beaucoup d'autres encore me sont venues hier au soir, en voyant représenter au Vaudeville Une Idée de médecin. Cette pièce date de dix ans déjà, et elle parait écrite d'hier, aux genoux du jour qui va commencer, sur du papier tendu par la nuit qui va finir. Il ^st vrai que M"* Renauld est là, et que nous ai)plaudirions au Bayard et peut-être au Scrihe, à la condition qu'ils seraient joués par elle. Elle tranforme tout ce qu'elle touche; ses yeux se baignent dans la chrysopée tant recherchée des alchimistes; elle change le similor en or et le strass en diamant : c'est le privilège du talent.
Cornélius Holff.
GYMNASE
UN MARI TROP AIMÉ, Vaudeville en un acte, par M. Rosier.
Hier soir, au Gymnase, dit dramatique, les blonds
cheveux de M"^ Luther ont obtenu un de ces glorieux
triomphes auxquels ils sont depuis longtemps habitués.
De la pièce, nous n'en disons rien : nous n'avons vu
que les cheveux, et tout le monde a un peu fait
comme nous.
Corni^'lius HolfF.