LES MUSICIENS HONGROIS
Comment amener des gens bien portants à prendre des bains de vapeur au mois de .juillet? C'est là le problème que le directeur des Variétés devrait résoudre, et qu'il n'a pas résolu. On trouve difficilement des personnes de bonne volonté pour se soumettre aux épreuves de l'étuve. Aussi M. Carpier a beau faire, il ne peut pas parvenir à faire perdre à ses banquettes
les habitudes solitaires quelles ont dès longtemps contractées. En vain le théâtre des Variétés s est lait la succursale intra-muros des baraques qui ser\-ent aux exliibitions des curiosités phénoménales, le public, qui avait résisté aux charmes de la toml>ola , a résisté aux charmes de l'affiche. Nous ne ferons pas autre chose que constater l'incroyable insuccès des musiciens hongrois, et dire que, pour cett« fois, le public a eu i-aison dans ses jugements. Nous ne connaissons pas de charivari qui soit plus fait pour dégoûter de la musique, — de spectacle plus propre à donner une fausse idée de la nation hongroise et de sa httérature
musicale.
Cornélius Holff.
FOLIES-DRAMATIQUES
UNE BO.VXE PATE DHOiDIE, Aaudeville en un acte, [«ar MM. Choler et Dallard.
BuzoL-Barré, — villageois et Normand, — i»ossède un [lantalon [phénoménal et une femme également phénoménale,— Rose-Pélagie. Grand bien lui fasse! Partout il y a ce qu'on appelle le coq du village. Or, le coq du village est amoureux de Rose-Pélagie; mais la vertu de la villai'-eoise est aussi robuste que ses appas. Ce[>endant cette résistance ne fait qu'irriter lamour de Lapincheux-Coutard, le coq du village. Impuissant à triompher x>ar l'amour, il se résout à triompher par le dépit. Il jjersuade à Buzot que, pour éterniser les jouissances conjugales, il faut donner un peu de jalousie à sa femme. Buzot est fort de cet avis, et fait la cour avec empressement à sa cousine Rosalie Roussel, — une
cousine dont plus d'un voudrait être lo cousin vrai avec les privilèges attachés à l'état de cousin. — C'est ici que la pièce manque tout ù fait do couleur locale. Rose ne tarde pas à s'apercevoir des intidéliti's intentionnelles de Buzot. Que croyez-vous qu'elle fasse? Qu'elle s'arme d'un Mton et on caresse les épaules de Rosalie et de son Buzot? Du tout : ni plus ni moins que pourrait le faire une héroïne de Mussi^t^, elle se laisse faire la cour par Lapincheux. Ah! de mon temps, ce n'est pas ainsi que les choses se passaient au village; de telles délicatesses y étaient inconnues. Au tour do Buzot d'être jaloux. Lui s'y prend comme on s'y prend au village : c'est le gourdin à la main que Buzot poursuit Lapincheux. Comment finir la pièce? En raccommodant Buzot et Rose, — c'était indispensable, — et en mariant Rosahe et Lapincheux; — je n'en voyais pas la nécessité. Pourquoi si tôt jeter au minotauro matrimonial une aussi charmante femme ([im M"- Roussel?
Cornélius Molli.
— 17 juillet. — GYMNASE.