‹ Mystères des théâtres, 1852Chapitre 84 sur 93 · TROISIÈME ACTE · texte numérisé non relu

TROISIÈME ACTE

« Au troisième acte, nous sommes dans la chambre de Miller. A travers la fenêtre ouverte, on aperçoit l'église illuminée. »

Je n'avais jamais vu illuminer les églises.

« C'est le mariage de Rodolphe qui s'apprête. »

Le fait est qu'il devait y avoir quelque chose d'extraordinaire.

(( Louise donne à son père une lettre qu'elle le prie de remettre à Rodolphe dès qu'elle sera morte. »

Quelle commission!

« Miller est éperdu. »

Il y a de quoi.

« Et Louise déchire la lettre. »

De plus en plus modèle des filles.

« Louise se met à prier. »

11 fallait bien faire quelque chose.

« Rodolphe entre... »

Ça se compUque.

« Voit une tasse de lait... »

Le programme dit une tasse, mais le fait est que c'est un bol,

« Sur une table. »

0 désordre !

« Et y verse du poison. »

Singulier plaisir !

« Rodolphe interroge Louise au sujet de la lettre écrite à Wurm. »

Enfin!

« Elle avoue. »

0 amour filial !

« Il se plaint d'une soif horrible. »

Qui eût deviné là un piège?

« Elle lui offre la tasse de lait... »

Ce détail est caractéristique.

« 11 boit... »

C'était son droit.

« Et la force à boire. »

Ce n'était plus son droit.

« C'est du poison ! dit-il alors. »

Il était trop tard.

« C'est toi seul que j'aime! s'écrie Louise. »

Cet aveu était désormais sans danger.

« Rodolphe est en proie au plus affreux désespoir au moment où Miller arrive. »

^'oilà ce que c'est que d'être trop pressé.

« Louise meurt. »

Premier effet du poison.

« On se précipite. »

Le programme le dit ; mais les figurants ne se sont pas précipités.

« Rodolphe court à Wurm, et le tue d'un coup d'épée. »

Ainsi le crime trouve son châtiment !

« Rodolphe, empoisonné, expire à coté de Louise ! »

Ainsi la vertu trouve sa récompense peut-être en l'autre monde.

11 est vrai que Rodolphe, en se montrant irrespectueux à l'endroit de son père, avait peut-être mérité son châtiment.

La chose est finie.

On voit combien elle est stupide et mal jambée.

Mais la musique excuse tout.

Luisa Miller est sans contredit le chef-d'œuvre de Verdi; seulement, dans ce que l'on déchiqueté au Théâtre-Italien, J'ai eu peine à ref^mnaitre ce que j'avais encore entendu à Milan. L'orchestre n'a ni préci-

siun, iii ensemble, ni bouiogénrité. Les décors et les costumes sont d'une outrecuidante simplicité. Quant :mx acteurs, ils ne sont pas tout ce que l'on pourrait demander,

M""' Cruvelli est toujours la môme, avec toutes ses qualités et tous ses défauts. Elle a eu un véritable succès dans le quatuor linal du premier acte. M""' Nantier- Didier, la ducbesse, est une ravissante femme, aux traits parfaitement distingués ; le timbre de sa voix est ravissant, mais sa grâce et sa beauté ne peuvent lui donner les notes d'en bas qu'elle ne possède pas. Dispensons-nous de parler des hommes, si ce n'est de Bettini, qui a obtenu un bruyant et véritable succès.

Ah! comme ils m'ont changé ces beaux quatuors

sans accompagnement, qui sont la plus admirable

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