CŒLÏ ENARRANT GLORIAM DEI
La gravitation universelle. — Quand, dans la nuit étoilée, nos yeux ont contemplé les feux qui rayonnent de toutes parts au ciel, une question se pose à notre esprit : comment ces innombrables étoiles ivs-
(1) Rien ne nous empêche de le croire.
« Vous prétendez, astronomes, qu'il y a des habitants dans les planètes? L'Ecriture sainte qui n'a été faite que pour les hommes et leur salut n'en parle pas, et vous êtes parfaitement libres de supposer que des myriades de créatures libres et intelligentes vivent dans les milliers de mondes que le télescope a décoxiverts. Dieu est tout-puissnnt.
Tl vous plaît de penser que ces astres seront un jour visités par l'homme dans une autre existence. C'est là, en effet, une pensée favorite de beaucoup de Pères de l'Eprlise. « Après la résurrection, dit S. Ausrustin, nous aurons dos corps tels que nous serons partout où nous voudrons et rjuand nous le voudrons ; et partout nous aurons notre Dieu avec nous »
tent-elles suspendues dans le vide ? pourquoi ne tombent-elles pas ?
Voyez : je laisse échapper une pierre de ma main, elle tombe. Elle tombe parce que la Terre est une masse énorme et qu'une masse énorme attire les corps moins lourds, en vertu de la Loi de la Pesanteur qui a été imposée aux choses matérielles.
Or, dans le Monde solaire, il y a un globe colossal, le Soleil, dont le poids ne peut s'exprimer que par un 2 suivi de trente zéros. La Terre, Mercure, Mars, Vénus, Jupiter, ne sont que de petites pierres par comparaison : donc tous ces astres sont attirés avec une force énorme ; ils devraient tomber tous sur le Soleil, comme la pierre tombe sur la terre.
Pourquoi ne tombent-ils pas ?
Voyez : si, au lieu de laisser échapper la pierre de ma main, je la lance de toutes mes forces, je lui donne ainsi la force de résister un moment à l'appel de la Terre. De même, les Planètes ont été lancées dans le ciel en ligne droite. Elles ont été lancées avec une force si bien calculée qu'elles peuvent résister au puissant appel du Soleil. Attirées par lui, mais obtînées à fuir, elles sont obligées de tourner inlassablement, de recommencer sans fin leur trajet annuel.
Même lutte dans tout l'Univers.
Car le Soleil lui-même est attiré par une Etoile inconnue ; lui aussi, il résiste et tourne. Oui, le Soleil vogue dans l'Espace, entraînant avec lui, Terre, Lune, Planètes. Et le centre inconnu qui guide le mouvement de cette flotte tourne, lui aussi.
L'esprit humain s'arrête confondu devant le mécanisme sublime que la Science nomme la gravitation
universelle. Grâce à ce mécanisme, des milliards de masses colossales demeurent suspendues dans l'espace sans que l'Univers s "écroule. Elles se font équilibre, par un mouvement dune harmonie suprême et d'une telle justesse que les astronomes peuvent annoncer, à une seconde près et deux cents ans d'avance, le moment où un astre quelconque sera vu de la Terre, dans telle ou telle position.
Qui donc a combiné leurs mouvements avec une si merveilleuse précision ?
Axant de répondre a cette question, allons nous placer devant le chef-d'œuvre de la mécanique humaine, devant l'horloge de Strasbourg.
I/HORLOGE DE STRASBOl RC.
Une merveille. — Il existe des montres perfectionnées qui ne marquent pas seulement les vingt-quatre heures du jour, mais encore les soixante minutes de l'heure et les soixante secondes de la minute. L'horloge de Strasbourg indique bien d'autres choses encore !
Elle indique les joins du mois en cours, sans se tromper sur les 31. 27 ou 30 qui en marquent la fin : elle indique les jours de l'année sans faire d'erreur sur les années qui sont bissextiles.
Et. chaque 31 décembre, à minuit, un chiffre nouveau apparaît au cadran pour annoncer la venue do nouvel an.
L'horloge de Strasbourg surveille le Ciel : elle surveille la course de la Terre autour du Soleil et elle indiaue leur position réciproque. Elle surveille la course de la Lune autour de la Terre et elle In-
clique les pliases. Elle surveille le Soleil dont elle annonce les éclipses...
Et elle est réglée pour mille ans !
Que] chef-d'œuvre de mécanique !
Attendez ! ce n'est pas tout : l'horloge de Strasbourg dépeinl la \ ie humaine.
Elle la compare à la courte durée d'une heure : c'est pourquoi, au bout de quinze minutes, o n voit s'avancer un petit enfant qui, un jouet à la main, sonne le quart; quinze minutes après, l'enfant est remplacé par un jeune homme armé d'une flèche, ardent au plaisir, qui sonne la demie ; les trois quarts s (i n t. r éservés à un homme dans Ja. force de l'âge, qui est vêtu
d'habits de guerre pour rappeler les luttes donl la vie est pleine ; quant aux quatre quarts, un vieillard vient les sonner avec sa béquille.
Il ne reste plus qu'à tinter l'heure finie : qui donc fera retentir le glas funèbre ? Ce sera la Mort, c'est-à-dire le squelette armé dune faux mena-
Uue merveille d'horlogerie.
— ub —
çante devant lequel ont passé successivement l'enfant,' l'adolescent, l'homme et le vieillard. Elle rompt son immobilité et sonne l'heure.
Quand la nuit est venue, l'enfant, l'adolescent, l'homme, ni le vieillard ne se montrent plus ; ils. se reposent des fatigues du jour. Mais la Mort, elle, ne cesse de sonner les heures ; elle ne connaît pas d'arrêt !
Alors, devant cette Mort infatigable dans son œuvre de destruction, l'horloge de Strasbourg nous rappelle Celui qui l'a vaincue et qui nous offre le salut.
En effet, au coup de midi, heure de la grande lumière, douze personnages apparaissent à la suite les uns des autres dans une petite galerie où se tient le Christ ; ils passent en s'inclinant devant le Maître qui étend les mains sur eux et les bénit.
Alors, dressé sur la colonnette voisine, un coq, l'oiseau du réveil, bat des ailes, allonge le cou, et par trois fois lance son cri retentissant.
Oui, quelle merveille que cette horloge de Strasbourg !
Mais, quelle merveille surtout que l'intelligence de celui qui la construite ! Il savait l'astronomie, les mathématiques ; il possédait la mécanique à fond ; il a tout calculé, tout mesuré, tout pesé, pour que rien ne vînt déranger les rouages compliqués de son chef-d'œuvre...
Et Celui qui a réglé, non pas l'horloge perdue dans un petit coin de la petite Terre, mais l'Infini des mondes dans l'Espaces sans bornes, quelle est. son Intelligence et quelle est sa Puissance ? Elles sont infinies.
Et toute chose redit son nom depuis les grands jours de la Création :
Et les étoiles d'or, légions infinies,
A voix haute, à voix basse, avec mille harmonies,
Disaient en inclinant leurs couronnes de feu ;
Et les flots bleus, que rien ne gouverne et n'arrête,
Disaient en recourbant l'écume de leur crête :
C'est le Seigneur, le Seigneur Dieu !