‹ Mysteres et lumiereChapitre 18 sur 96 · LA CONSIGNÉ · texte numérisé non relu

LA CONSIGNÉ

La germination du haricot. — S il n'est pas permis à nos sens de voir l'idée immatérielle qui va mettre la matière en mouvement, qui va l'employer

à bâtir une plante, nous pouvons du moins assister à son travail.

Voici un haricot ; il dort. Comme nous-mêmes, il respire, doucement, très doucement.

Réveillons-le.

Dans un endroit chaud, nous le coucherons sur de la mousse humide, arrosée de temps en temps, et la vie engourdie ne tardera pas à s'éveiller et à se mettre au travail.

Elle l'ait craquer l'enveloppe dure qui la protéelle envoie vers le sol une petite pointe verte qui descend, descend ; puis elle dresse une autre petite pointe verte qui monte, monte...

Si on taquinait un peu ee haricot? Retournons-le de manière à diriger vers le eiel la pointe qui voulait descendre, et à diriger vers la terre, celle qui voulait monter. Pins, attendons quelques jours...

Ah ! l'entêté ! Vois ses deux pousses se recourber, bure un crochet, et reprendre, l'une sa descente el l'autre sa montée.

Fidèle à la consigne qu'il a reçue de pousser ses racines dans la terre humide, et sa tige dans l'air lumineux, le haricot mourra si on le violente, mais il ne cédera pas aux caprices de l'homme.

Laissons-le faire et suivons le travail de la vie en lui.

Ce travail est d'une admirable simplicité !

L'arrangement des cellules. — Quand le haricot s'est formé au milieu de sa fleur, il ne se composait que d'une cellule unique, cellule microscopique de quelques millièmes de millimètre. Elle était pareille à une alvéole d'un rayon de miel et pleine d'une gelée à demi liquide.

C'est dans cette cellule que dormait l'ordre de pousser une racine, une tige, des feuilles, des fleurs.

Et tout de suite la cellule s'était mise à l'oeuvre : elle avait construit une plante en miniature, la plantule, et l'avait entourée de sa nourriture, la farine blanche.

Comment cela ?

simplement en se divisant et en se redivisant.

La petite cellule- s'était d'abord fendue en deux ;

les deux nouvelles cellules avaient fait de même ; total : quatre.

Ces quatre avaient imité leurs parents : total huit.

Ces huit en avaient donnée seize autres ; et toujours ainsi jusqu'à ce que la plante en miniature eût été construite, entourée de sa farine et mise à l'abri sous une solide écorce.

Après quoi, la Vie s'était endormie dans le haricot devenu rondelet, luisant.

Quand la chaleur et l'humidité l'ont tirée de son engourdissement, les cellules de la plantule reprennent leur travail de division jusqu'à ce qu'elles soient des milliers., jusqu'à ce que la plante soit achevée.

Car chacune des nouvelles cellules sait la place qu'elle doit occuper, le rôle qu'elle doit jouer.

Mettons notre haricot en terre : les cellules qui s'allongeaient vers le bas vont se multiplier et for- ; mer les racines, celles qui montaient vont s'épaissir, verdir, pour former la tîge et les feuilles.

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