L'AME INTELLIGENT
L'enfant de la maison. — Pour le guider dans la vie, l'animal a son instinct infaillible. Pour se guider dans la vie, l'homme a reçu l'intelligence.
Voici des roches, des minéraux, des liquides ; nous ne pouvons nous en passer. Nous en avons besoin pour construire nos maisons, pour fabriquer nos outils et nos armes, nous en avons besoin pour notre nourriture. Mais ils n'obéissent qu'aux lois cachées en eux.
Comment faire ? Comment faire ?
Quand Dieu créa Adam, ïl le fit à son image : il mit en lui un peu de son Intelligence et lui dit : (( Commande à toute la nature. » Et Adam se servait des lois de la matière comme un maître use de bons serviteurs. Mais quand Adam eut péché, Dieu lui dit : « Désormais, tu ne tireras de la terre ce qu'il te faut qu'avec beaucoup de travail ; tu mangeras ton pain à la sueur de ton front. »
Et nous, les fils d'Adam, nous avons perdu avec lui la toute-puissance sur la matière. Nous sommes pour elle des étrangers. Elle nous blesse, elle nous écrase dans les carrières, elle nous brûle dans les mines, elle empoisonne nos corps, elle nous tue par les maladies.
Mais le reflet de l'Intelligence divine n'est pas tout à fait éteint pn nous, Quand l'homme a regard» longuement les choses il si met ? raisonner r( .1 oçcovûv- <■ c+ ii décou^ v l' u g fou*' u1^ t des L-C's caebées. Il commande et la matière recommence à
lui obéir, à obéir à l'enfant de la maison, qui bégaie le langage de son Père.
La réflexion et la mémoire, outils de notre intelligence. — C'est par la réflexion que l'intelligence humaine découvre les lois de l'Univers.
D'abord, les petits filaments nerveux qui aboutissent à tous les points de notre faible corps, nous mettent en rapport avec ce prodigieux Univers. Ils apportent dans notre cerveau des millions de sensations : lumière des étoiles et du soleil, mouvements, bruits, odeurs, douceur et amertume des choses... Ces renseignements, ils les posent là, dans notre cerveau : à l'intelligence de débrouiller tout cela.
Et elle le débrouille !
D'abord elle garde en mémoire tous les renseignements apportés ; puis elle les fait passer et repasser lentement sous son attention ; elle les regarde l'un après l'autre ; et soudain elle voit quelles sont les choses qui sont les causes des autres ; elle voit qu'en faisant ceci, il se produira cela : elle peut commander à la matière.
Il y a deux cents ans, un homme était assis devant l'âtre de sa cuisine où des aliments cuisaient. dans un pot bien bouché. L'eau se mit à bouillir; de la vapeur se forma qui, pour s'échapper, souleva le couvercle à petits coups successifs. Cela s'était jSéjà produit des millions de fois, sans que personne il réfléchi. Ce jour-là, l'homme qui observait les mouvements du couvercle, l'illustre Denis Papin, se posa cette question : Pourquoi cela se passe-t-il ainsi ? Et il découvrit que la vapeur est une force, qu'elle soulevait le couvercle parce cru'il lui bouchait
MVSTKREs ET LU' HRH
le passage, qu'elle devient d'autant plus forte qu'on l'empêche plus longtemps de sortir. Le principe de la machine à vapeur était trouvé : faire bouillir de l'eau, emmagasiner la vapeur, la faire peser sur un piston qui met en mouvement une roue de machine.
Les réflexions s'entassent sur les réflexions. — Quand la réflexion d'un homme a découvert un des secrets du Créateur, d'autres hommes réfléchissent sur cette première découverte et l'agrandissent.
C'est ainsi qu'après les réflexions de Denis Papin, d'autres hommes se sont mis à réfléchir sur la puissance de la vapeur. De découvertes en découvertes, ils ont créé toutes les machines à vapeur d'aujourd'hui, les grandes usines, les trains rapides qui ? passent en rugissant, les puissants transatlantiques qui fendent l'Océan.
C'est par cet entassement de réflexions que se produit le Progrès matériel qui a transformé la Terre.