‹ Mysteres et lumiereChapitre 34 sur 96 · LA VIE SENSIBLE DE L'AME · texte numérisé non relu

LA VIE SENSIBLE DE L'AME

vie sensible. — Pour que la victoire des globules blancs sur les microbes qui nous assiègent de jour et de nuit soit complète, il faut qu'ils aient toute leur force et que le général qui commande en chef à la vie végétative ait toute son énergie.

Ce général, c'est le grand sympathique, c'est-à-dire le système nerveux qui est disposé de chaque côté de la colonne vertébrale. Ce sont ces nerfs qui surveillent la composition du sang et maintiennent sa température aux environs de 37 degrés. Ce sont eux qui sentent l'arrivée de l'étranger, répandent l'alarme, dirigent les renforts sur les points attaqués, dilatent les vaisseaux, accumulent les globules blancs, ralentissent la circulation du sang pour faciliter la bataille et l'activent pour balayer les cadavres (Docteur Grasset).

Sur ces nerfs, formant le grand sympathique, notre volonté n'a aucune prise. Ils savent ce qu'ils ont à l'aire pour protéger la vie qui nous a été donnée et n'ont pas besoin de notre intervention.

A nous d'utiliser cette vie au mieux.

Et pour cela les cellules nous ont construit un autre système de nerfs, partant de la moelle épinîère et du cerveau.

La vie sensib'e. — Ces nerfs-là sont comme des fils télégraphiques partant d'un bureau central où il! apportent tous les renseignements recueillis et d où ils emportent tous les ordres utiles.

Quand ncus regardons quand nous écoutons, quand TïotiS goûtons, notre vue, notre ouïe, notre

goût sont frappés pur un objet. L'ébranlement ressenti est emporté au cerveau par des nerfs et, dans le cerveau, un mystérieux travail transforme l'ébranlement en couleur, en son, en odeur, en plaisir, en douleur.

Que c'est étrange !

Mais il est encore plus étrange que nous puissions garder le souvenir de ces couleurs, de ces sons, de ces odeurs, de ces plaisirs, de tout ce que nous avons senti.

« Je connais tous les objets qui ont frappé mes sens depuis un grand nombre d'années : j'en ai des images distinctes qui me les représentent, en sorte que je crois les voir, lors même qu'ils ne sont plus. Mon cerveau est comme un cabinet de peinture dont tous les tableaux se remueraient et se rangeraient au gré du maître de la maison. Les peintres n'atteignent jamais qu'à une ressemblance imparfaite : pour les portraits que j'ai dans la tête, ils sont si fidèles que c'est en les consultant que j'aperçois les défauts de ceux des peintres. Ces images plus ressemblantes que les chefs-d'œuvre de l'art se présentent et se retirent comme il me plaît, sans faire aucune confusion : je les appelle, elles viennent ; je les renvoie, elles se renfoncent je ne sais où ; elles s'assemblent et se séparent comme je veux. Je ne sais ni où elles demeurent, ni ce qu'elles sont : cependant, je les trouve toujours prêtes. » (Fénklon. )

Mystère d'autant plus profond que toutes les cellules de mon corps se renouvellent sans cesse, comme le font mes cheveux et mes ongles. Je n'ai plus la mémo chair, ni le même sang, ni les mêmes os que

dans mon enfance ; et cependant je revoîs nia mère, j'entends la voix de mes petils camarades de ce temps lointain... Où donc sont ces anciennes images? Elles sont entrées, elles sont conservées dans ce qui ne change pas en nous, dans ce qui maintient la forme de notre corps, dans notre âme.

Page 1