LES SIX JOURS DE LA GENÈSE
Au commencement. — Et voici ce que dit Moïse :
« Au commencement Dieu créa le Ciel et la Terre. Les ténèbres couvraient l'abîme, la matière était informe et vide. »
C'était la nuit, « le soir ».
« Et l'Esprit de Lien mouvait les fluides.
Dieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut. Et il y eut un soir et un malin ; et ce fut lr premier jour. »
Depuis, des générations de savants ont pâli sur ce texte de la Bible : la lumière avant le Soleil ! Comment Moïse a-t-il pu écrire cela ! A quoi pensait-il donc ;
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Mais voici que la science d'aujourd'hui soulève un coin du voile :
C'était la nuit, « le soir ».
(( Et l'Esprit de Dieu mouvait les fluides », c'est-àdire l'Esprit de Dieu mettait en mouvement ce que la Science appelle aujourd'hui les vibrations de Véther. L'éther est cette substance inconnue qui remplit l'espace entre les mondes. Elle vibre, c'est-à-dire qu'elle est agitée d'une sorte de tremblement qui produit la chaleur et la lumière.
« Que la lumière soit ! » signifie donc : que les vibrations lumineuses de l'éther commencent ! et, qu'avec elles commence l'œuvre de la Création !
Ces vibrations lumineuses, ce tremblement de l'éther, commencent en effet à façonner les atomes et à répandre, sur les choses naissantes, la clarté du premier matin qui a lui sur les mondes.
« Et Dieu dit : Qu'il y ait une étendue entre les fluides, et Dieu appela cette, étendue Ciel. » Les vibrations de l'éther séparent à cette époque les vastes nébuleuses d'où surgiront plus tard les étoiles du firmament ; c'est l'œuvre du second jour, c'est-àdire de la seconde époque.
Puis la Terre paraît : d'abord globe incandescent comme l'est aujourd'hui le soleil, elle se refroidit lentement ; une croûte se forme à sa surface et, ainsi que l'indique la Genèse, « du sein des eaux, les continents (l'aride) paraissent ».
« Et Dieu dit : Que la Terre fasse pousser des végétaux portant semence et des arbres produisant semence selon leur espèce. »
Et la physiologie moderne ne peut, que ratifier
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l'affirmation biblique : la vie végétale a précédé la vie animale dont elle eat le support.
Mousses, lichens, envahissent la Terre ; d'invraisemblables forêts surgissent des continents encore tièdes : fougères géantes, champignons énormes, prêles gigantesques de trente mètres de hauteur, nénuphars monstrueux : en un mot, toute la flor-e des temps primaires.
Voilà bien, en effet, l'œuvre du troisième jour.
Puis le voile de l'impénétrable atmosphère se déchire, le soleil paraît. Astre encore en formation à ces époques lointaines, il est né longtemps après les planètes, comme le démontrent les récentes études astronomiques, contrairement à la théorie de Laplace. Ses rayons phosphorescents éclairent le quatrième jour ; et pendant les nuits terrestres, à travers les grandes éclaircies, on voit surgir la lumière orangée de la lune et la clarté tremblante des étoiles.
A partir de cette époque, la vie animale foisonne dans les eaux.
Dieu crée les grands animaux aquatiques, les reptiles monstrueux et les volatiles du ciel : plésiosaures de vingt mètres de long, ichtyosaures, brontosaures, ptérodactyles ailés, tous animaux étranges, dont la géologie nous retrace les formes.
LES SIX JOURS DE LA GENÈSE (Suite)
Au Ve jour. — Cependant la Terre continue de se refroidir, les saisons apparaissent : si bien, qu'au cinquième jour, elle est devenue habitable pour des êtres plus proches des formes qui nous sont fami-
s ; c'est la période tertiaire qui a précédé immédiatement la nôtre. Peu à peu, les types s'accen- | tuent : dans les forêts s'élèvent les chênes, les figuiers, les érables ; dans les prairies de graminées it le paléothérium au corps de cheval et à la de tapir, le xiphodon élancé comme nos gazelles...
Au VIe jour. — L'œuvre va s'achever au sixième iour : à toute cette nature il manquait un chef
/"////• dominer sur les puissances de la terre et de :>■>• ; et Dieu dit : « Faisoiis V homme à notre image et à notre ressemblance. »
A lin de bien montrer l'abîme qui nous sépare des animaux, Moïse insiste : « Et Dieu créa l'homme à ton image ; il l'a créé à l'image de Dieu. »
Comment Moïse a-t-il pu deviner ce qu'il nous
iTne ? Comment a-t-il pu nous donner la suite
euvres de Dieu ? Comment a-t-il pu savoir que
le soleil n'a été formé qu'au quatrième jour, que
a flore a précédé la fanne ; qu'avant de créer les
formes animales telles qu'elles nous apparaissent,
(Dieu avait peuplé les mers de bêtes monstrueuses,
[U'il avait façonné les reptiles et les oiseaux avant
mammifères, et cela au cours des millions d'an-
qui ont précédé l'apparition de l'homme ?
Quand, après avoir étudié toutes les sciences qui
''lèvent de la géologie, de la physiologie, de l'astro-
minie, on relit le premier chapitre de la Genèse, on
dans la stupéfaction de penser qu'un homme,
m temps des Pharaons, il y a quatre mille ans, a
pu (tevancer ainsi les conclusions de notre science
fur. Car la science de Moïse constitue bien
une divination incroyable des faits les plus certains révélés par nos découvertes actuelles.
Et Albert de Lapparent, le savant qui a le mieux embrassé toutes les sciences relatives à la Terre, a pu dire : « Si je devais résumer en quarante lignes les acquisitions les plus authentiques de la géologie, je copierais l'histoire de la création du monde, telle que Moïse l'a tracée (1). »
Et si Moïse l'a tracée ainsi, c'est que l'Esprit de Dieu était en lui et l'inspirait.