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LA RÉSURRECTION DU CORPS

Notre corps nous sera rendu. — A cette âme éperdue de joie dans le sein de la Toute-Puissance infiniment intelligente et infiniment aimante, le corps qu'elle animait sur terre sera rendu.

Quelqu'un objectait un jour : « Quand je serai mort, toutes les molécules de mon corps retournerai ,'i la terre ; elles un tarderont guère à l& quitter pour former d'autres composés inanimés ou vivants. Comment alors, les molécules qui auront fermé, non pas seulemenl mon propre corps, mais un grand nombre d'autres, pourront-elles se retrouver en chacun ? Cela est impossible. »

Combien d'impossibilités de ce genre une science plus grande a fait évanouir, comme s'évanouit une bulle de savon !

Les plus récentes découvertes ont prouvé que si notre corps reste le même, ce n'est pas du tout parce que les mêmes parties de carbonate, de phosphate, d'azote, d'oxygène, de fer, de soufre, restent du us nos os, dans notre sang, dans notre chair.

Mes cheveux, mes ongles, ont la même forme qu'il y a dix ans : pas un des atomes qui s'y trouvaient alors, ne s'y retrouve plus. Et le même travail de renouvellement s'est opéré dans mes os, dans mon sang, dans ma chair ; pas un des atomes qui composaient jadis mon corps, n'y est resté. La matière qui y est entrée en est sortie, semblable à un fleuve qui traverse une campagne, toujours pareil à luimême et jamais le même.

Devant toutes ces objections d'apparence scientifique, n'oublions jamais que notre intelligence est bien bornée, — que nous sommes un peu comme la plante qui nierait l'existence de la sensibilité, comme l'animal qui nierait l'existence de l'intelligence humaine. Ne nions pas la toute puissante Intelligence de Dieu ; ne méritons pas que le Créateur ne confonde un

jour notre présomption avec les paroles de l'Ecri ture :

« Où étais-tu quand je jetais les fondements dt la Terre ? Où étais-tu lorsque 1rs astres dit math me louaient tous ensemble et que j'ai dit à la mer Tu viendras jusque-là et tu ne pousseras pas plu\ loin ? »

Les Sciences. — « Les sciences ont deux extrémité qui se touchent : la première est la pure ignorance: naturelle où se trouvent tous les hommes en naissant ; l'autre extrémité est celle où arrivent les grandes âmes, qui, ayant parcouru tout ce que les hommes peuvent savoir, trouvent qu'ils ne savent rien, et se rencontrent dans cette même ignorance d'où ils étaient partis. Mais cest une ignorance savante qui se connaît. Ceux d'entre-deux, qui sont sortis de l'ignorance naturelle, et n'ont pu arriver à l'autre, ont quelque teinture de cette science et font les entendus : ceux-là troublent le monde et jugent plus mal de tout que les autres. »

Pascal. — Pensées.

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