‹ Mysteres et lumiereChapitre 52 sur 96 · L'EXPIATION · texte numérisé non relu

L'EXPIATION

Outre-tombe. — La vie humaine est donc une course vers la mort, une course où 11 n'est permis à personne de se reposer ou de marcher plus lentement. Chaque instant rapproche de nous ce dernier jour où finira la vie du corps et où commencera la vie de l'âme en Dieu.

Crois-tu que cette vie au sein de l'intelligence et de l'Amour infinis sera donnée à celui qui n'aura vécu que pour amasser des richesses, qui n'aura pas aimé son prochain, qui ne se sera pas soumis aux commandements de Dieu et de son Eglise ?

Notre-Seigneur a dit : « Le royaume des deux est semblable à un roi qui, voulant faire les noces de son fils, envoya ses serviteurs appeler tous ceux qu'ils trouvaient. La salle des noces fut remplie de personnes qui se mirent à table.

Le roi entra ensuite pour voir ceux qui étaient à table ; et y ayant aperçu un homme qui n'était point revêtu de la robe nuptiale, il lui dit : Mon ami, comment êtes-vous entré ici sans acoir la robe nuptiale ? Et cet homme demeura muet.

Alors le roi dit à ses gens : Liez-lui les mains et les pieds : et jelPZ-le dans les ténèbres iwtérienres :

c'est là (fit' il >) a h m. drs pleurs et <!<'* grincements de dents. »

Donc, chacun de nous fait lui-même sa destinée d'outre-tombe.

Dans la Lumière. — S'il s'est vêtu de blanc pendant la vie, c'est-à-dire si son âme, après la mort, apparaît dans la Lumière, pure de toute faute grave, déjà lumineuse par son amour de Dieu, elle se trouvera chez elle dans la maison paternelle où s'offrent pleinement la joie et l'amour divins :

(( Venez, vous qui avez été bénis par mon Père ; possédez le royaume qui vous a été préparé dès le commencement du monde. »

Au lieu des tourments. — Mais si notre âme s'est obscurcie dans l'affection au mal, la seule approche de la Lumière la blessera atrocement. Voyant pleinement l'horreur de ce mal dont elle est possédée, elle tombera aux lieux inférieurs, dans la région infernale, sous la malédiction du Christ :

(i Itelitez-VOUS de moi, maudits, allez an feu éternel qui a été préparé pour le démon et pour ses anijcs. »

Dans cet Enfer, où Dieu manque, l'âme sent croître son besoin de la Lumière et croître son désespoir de l'avoir perdue à jamais.

In jour, au cours de son oraison, raconte sainte Thérèse, elle se vit introduite-an lieu des tourments. Elle y subit d'abord des tortures physiques dont ses souffrances antérieures n'avalent pu lui donner aucune idée, et L'Ile ajoute : (i Mais ces tort uns du

rorps ne sont rien à leur hoir auprès de t agonie de Vâme : c'est une étreinte , une angoisse, un brisement de cœur si douloureux, c'est en même temps

une si désespérée et si arrière tristesse que j'essaierais en vain de les dépeindre. »

Tristesse désespérée, en effet, car il n'est plus de retour en arrière.

Dans ce lieu d'expiation, aux appels du damné une voix inflexible répondra : « Trop tard ! Le temps t'avait été donné pour acheter le ciel ; tu l'as passé dans l'oubli de Dieu. Le temps est fini ; l'éternité commence. »

Que des millions et des millions d'années s'écoulent, la douleur commencera toujours. « Là où l'arbre est tombé, à l'orient ou à l'occident, il demeurera éternellement », dit l'Ecriture.

La joie solide. — « Il y en a qui embrassent si avidement cette vie périssable qu'ayant à peine le nécessaire en travaillant, ils n'éprouveraient aucun souci du royaume de Dieu s'ils pouvaient toujours vivre ici-bas. Cœurs insensés si profondément enfoncés dans les choses de la terre qu'ils ne goûtent rien que ce qui est charnel ! Les malheureux ils sentiront douloureusement à la fin combien était vil, combien n'était rien ce qu'ils ont aimé !

Chose étrange qu'un homme en cette vie puisse se reposer pleinement dans la joie. A cause de la légèreté de notre cœur et de l'oubli de nos défauts, nous ne sentons pas les maux de notre âme, et souvent nous rions quand nous devrions bien plutôt pleurer. Il n'y a de vraie liberté et de joie solide que dans la crainte de Dieu et la bonne conscience. »

Imitation.

Page 1