C'EST AUX FAIBLES A OBÉIR
Chez les descendants de Japhet. — Après le déluge, les descendants de Sem, de Cham et de Japhet formèrent tous les peuples de la Terre.
Noé avait demandé à Dieu de multiplier les descendants de Japhet et Dieu l'avait exaucé. Us eurent en partage une intelligence lumineuse. Entre tous brillèrent les Grecs et les Romains.
Les Grecs. — Un petit pays aux mille découpures où entrent les flots bleus de la Méditerranée : c'est la Grèce. Ses habitants aimaient le beau. Il y avait dans la ville d'Athènes des temples magnifiques et des statues comme on n'en voit plus. Des hommes de génie y ont écrit toutes sortes de livres qui font encore notre admiration. Ces Grecs ont été les instituteurs du monde.
Les Romains. — Dans leur voisinage, en Italie, grandissait la ville de Rome.
Les Romains furent d'une habileté extraordinaire, En toute circonstance, ils surent ce qu'il fallait faire pour réussir. Us finirent pas conquérir tous les peuples et Rome devint la maîtresse du monde.
Jamais il n'y a eu de peuple plus intelligent les Grecs ; jamais il n'y a eu de peuple plus sensé que les Romains : ni l'un, ni l'autre, cependant, n'ont su organiser une société juste et fraternelle.
Pourquoi ?
Parce qu'ils "ignoraient le vrai Dieu. Père de tous les hommes.
Tyrannie dans la famille. — La plus ancienne chose qu'on aperçoive dans les lointains de l'histoire, c'est la famille et son respect pour ses morts. On les ensevelissait sous la pierre du foyer ; la flamme de Pâtre rappelait leurs âmes disparues.
Mais, après avoir honoré les ancêtres, la famille en vint à les adorer ; elle crut qu'ils devenaient des dieux, qu'ils pouvaient faire du bien et du mal ; elle leur adressa des prières.
Dans toute maison, à Athènes et à Rome, il y avait un autel des ancêtres; la flamme des" morts y brûlait nuit et jour ; on la nourrissait de branches choisies et, au matin, le père, entouré de sa femme et de ses enfants, priait ceux qui étaient entrés dans l'au-delà.
La famille avait été instituée par Dieu dans la justice ; seulement, qui s'éloigne de Dieu court à su perte : la famille tomba en esclavage.
La femme et les enfants ne comptaient guère, en effet, auprès du père qui, seul, pouvait prononcer la prière aux ancêtres, et qui, bientôt, allait en mourant devenir dieu lui-même.
Voilà pourquoi la loi lui reconnaissait un pouvoir sans limites.
La femme ! rien de plus triste que son sort ! Dieu avait dit à Eve en punition de sa faute : « Tu seras sous la puissance de V homme » ; il n'avait pas dît : « Tu seras esclave. » Cependant, chez les peuples de l'Inde, en Grèce et à Rome, la loi disait : <c l'm femme ne doit jamais être libre : si scm mari meurt, qu'elle obéisse à ses fils ; si elle n'a pas de fils, qu'elle obéisse aux parents de son mari. »
Et le mari, juge suprême au foyer domestique, pouvait la condamner à mort, la tuer, sans avoir à rendre compte de son acte.
Les enfants aussi étaient esclaves.
Devenus hommes, devenus vieux, ils n'avaient pas le droit de quitter la maison du père tant qu'il vivait. Même mariés, même pères de famille, ils pouvaient encore être condamnés à mort ou vendus par lui.