‹ Mysteres et lumiereChapitre 87 sur 96 · HOME CHRÉTIENNE · texte numérisé non relu

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Tu es Petrus. — On a dit : « Si le christianisme eût été aussi fortement centralisé à Rome, au ive siècle, qu'il le fut dans les siècles suivants, il eût été possible de rendre romains les Barbares avant leur entrée, ou dès leur entrée, et de sauver ainsi l'Empire. Il n'a tenu qu'à un fil qu'il n'y eût pas de moyen agi

« Le christianisme fortement centralisé à Rome », cela signifie « l'autorité du Pape respectée de tous ». Quand le Pape est obéi, la vie religieuse s'accroît, les apôtres se multiplient, le mal est vigoureusement combattu, les mœurs se purifient et les peuples deviennent sains et forts.

Quand l'autorité du Pape cesse d'être respectée, la vie religieuse diminue, le mal gagne de proche en proche, et c'est la décadence des familles et des nations.

Bien des fois, au cours de l'histoire, on pourra redire avec tristesse : « Il n'a tenu qu'à un fil que tant de maux ne soient pas arrivés ; que n'a-t-on respecté l'autorité du Pape ! »

Si donc l'Empire romain n'a pas été sauvé par le christianisme, c'est parce qu'il n'a pas tenu compte de la parole du Christ : « Tu es Pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise. » L'Empereur chrétien, maître du inonde, crut qu'il était « l'Evèque universel » ; il crut qu'il avait le droit d'approuver ou de désapprouver les dérisions des Papes et. des Conciles : première apparition dt ce qu'on nomme

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le laïcisme, c'est-à-dire l'abus de pouvoir des chefs d'Etat au détriment des Papes.

Et voici les suites de ce premier abus de pouvoir :

Les Empereurs chrétiens eurent d'abord de bonnes intentions, mais des hérétiques condamnés par les Papes, ■ — les ariens, — recoururent à eux, et dirent, comme les païens, que l'autorité impériale n'avait pas de limites, qu'elle s'étendait même aux choses religieuses. Les Empereurs se laissèrent aller à les croire, et on revit des é vaques emprisonnés, des chrétiens martyrisés.

La société romaine cessa de progresser. Sans doute, beaucoup de familles continuaient à donner les plus beaux exemples ; mais les masses n'avaient pas assez de force pour faire le rude effort nécessaire. Pour une société corrompue depuis tant de siècles, c'était si dur de pratiquer le christianisme ! Du moment que le Pape et les évêques étaient empêchés d'agir contre le mal, les faibles s'abandonnèrent. La société romaine resta païenne dans sa manière de vivre.

» Quand une terre ne produit que des ronces, dit saint Paul, elle est en aversion à son maître qui, enfin, y met le feu. » Le monde romain était trop malade pour guérir ; avant qu'il eût corrompu la jeune société chrétienne, un cataclysme l'emporta. En moins de cent ans (395-476) un déluge de Barbares, venus des profondeurs de l'Europe coula vers l'Italie, submergea l'Empire et détruisit l'œuvre de Rome païenne.

Dans la poussière de ce qui avait été le monde antique, la Croix restait seule debout : « Des prêtres, l'Evangile à la main, allaient ressusciter la société

au milieu des tombeaux, comme Jésus-Christ rendit

la vie aux enfants de ceux qui avaient cru en lui. » — Chateaubriand.)

Rouie chrétienne succède à Rome païenne. Rome païenne avait rassemblé les nations et leur avait imposé le silence pour qu'elles entendissent la

Voix qui allait s'élever de Judée. Rome chrétienne va faire des débris de l'Empire un monde nouveau : des sociétés où grandiront la liberté des individus créatures de Dieu, et la fraternité des hommes retrouvée en Jésus.

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