‹ Mystères inédits du quinzième siècleChapitre 136 sur 140 · LE CHANOINE · texte numérisé non relu

LE CHANOINE

.1. livre voy en celle aumoire; Il convient que je le deslie.

Voir c'est d'un meschant la vie , Qui estoit .1. foueur de chans.

De certain ceulx sont bien meschans Qui le prisent.

Là voit son livre.

Las! à paine seray délivre

De la douleur qui me tormente, Aler veul de loyal entente Où saint Fiacre prieray , Et son livre sy baiseray.

En son moustier vois droite voie :

Biaulx seigneurs, Dieu vous octroit joie!

Je vous veul dire vérité.

J'avoîe le saint despité De siens trop vilainement :

Sy m'eschéi malèment; Mais tantost que m'en repenty , Alégence du mal senty.

Dieu soit loez !

s. PHARON.

Biaulx seigneurs qui cez mos ouez , Chantons et ne soions pas muz, Decuer : Te Deum laudamus.

EXPMC1T.

Page 9. Cy commence le martibe s. estiene.

Saint Etienne, l'un des soixante douze disciples de Jésus- Christ, fut également l'un des sept chrétiens choisis par Tes fidèles pour administrer les biens de la communauté. On ne peut douter qu'il ait été juif. Lorsque les apôtres eurent nommé diacres ces sept administrateurs, il Tut considéré comme le premier d'entre eux ; mais le succès de ses prédications anima les Juifs contre lui , et ils résolurent de le perdre. N'ayant pu résister à ses raisons, ils subornèrent de faux témoins pour l'accuser de blasphème contre Moïse et contre Dieu , et on l'obligea de comparaître devant le sanhédrin.

Le fond de l'accusation intentée contre lui se réduisait à dire qu'il assurait que le temple serait détruit ; que les sacrifices prescrits par Moïse n'étaient que des ombres et des types ; que les observances de la loi n'étaienLplus agréables à Dieu , et qu'elles avaient été abolies par Jésus de Nazareth.

Saint Etienne , profitant de la permission du grand-prêtre , fit sa propre apologie, de manière à prêcher courageusement Jésus-Christ. Il ajouta , en adressant la parole aux Juifs , qu'ils ressemblaient à leurs pères ; qu'ils avaient comme eux une tête dure et inflexible ; qu'ils étaient circoncis dans leur chair , mais non dans leur coeur ; qu'ils résistaient toujours au Saint-Esprit; que , comme leurs pères avaient persécuté et mis à mort les prophètes qui prédisaient Jésus-

Christ, ils venaient, eux, de trahir ce même Jésus-Christ, et qu'ils en avaient été les meurtriers ; que la loi qu'ils avaient reçue par le ministère des anges faisait leur condamnation , puisqu'ils ne l'avaient point gardée, etc., etc.

Ces reproches piquèrent au vif ceux qui Içs entendirent. Us entrèrent en fureur * traitèrent saint Etienne de blasphémateur, et résolurent de le mettre à mort. Loin d'attendre pour cela qu'il intervînt une sentence , ils se bouchèrent les oreilles pour ne point écouter les prétendus blasphèmes de saint Etienne ; et se jetant sur le disciple avec de grands cris , ils le traînèrent hors de la ville pour lui faire subir la peine portée contre les blasphémateurs. Les témoins qui , selon la loi , devaient lancer la première pierre , mirent leurs vétemens aux pieds de Saul , qui partagea leur crime en les gardant. Etienne, pendant qu'on le lapida , priait en disant : — Seigneur Jésus, recevez mon esprit. S'étant ensuite mis à genoux, il s'écria à haute voix : — Seigneur, ne leur imputez point ce pèche. Après ces paroles, il expira sous les coups de ses bourreaux.

Quelques fidèles enlevèrent son corps et l'enterrèrent d'une manière décente. Ceci eut lieu vers la fin de l'année où Jésus-Christ avait été crucifié. Saint Etienne est donc le premier martyr , et ce fut à ses prières que saint Augustin et les autres pères attribuèrent la conversion de saint Paul.

On voit , par cette analyse rapide de la vie de saint Etienne , que l'auteur de notre Mystère a suivi exactement la marche des actes du martyr, sans s'inquiéter , non plus que dans les autres pièces de notre volume , d'arriver à des combinaisons dramatiques. Le Mystère de saint Etienne est tout simplement un récit en action. J'ajouterai ici une seconde épitre farcie (voir (a première dans l'Introduction) de la passion de saint Etienne , appartenant à la Bibliothèque royale , et tirée du manuscrit latin 4641. B., intitulé : Stylus curice parlamenli Franciœ , où elle se trouve au fol. 154. Ce manuscrit est du 15 e siècle.

c.y s'ensuit la passion saint estienne que on lit lendemain

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