‹ Mystères inédits du quinzième siècleChapitre 25 sur 140 · PREFACE. XXXV · texte numérisé non relu

PREFACE. XXXV

continuellement. Un autre entremetz y avoit, d'une caraque ancrée, garnie de toute marchandise et de personnages de mariniers... Un autre d'une moult belle, fontaine , dont une partie estoit de verre et l'autre de plomb de très nouvel ouvrage... La seconde table, qui estoit la. plus longue, avoit premièrement un pasté, dedans lequel avoit vingt huit personnages jouans de divers instrumens , chacun quand leur tour venoit , etc., etc. Quand chacun fut assis en l'église (qui fut le premier entremets), sur la principale table, sonna une cloche très haut , et après la cloche cessée trois petits enfans chantèrent une très douce chanson; et lorsqu'ilz l'eurent accomplie, au pasté (qui estoit le premier entremetz de la longue table comme dessus) ? un berger joua d'une musette moult nouvellement. Après ce, ne demoura guères que par la porte de l'entrée de la salle entra un cheval à reculons, richement couvert de soye vermeille sur lequel avoit deux trompettes , assis dos contre dos , et sans selle , vestu de journades de soye grise et noire, chapeau en leur teste et faux visages nus. Et les mena et les remmena ledict cheval tout au long de la sale à reculons, et tandis ilz jouèrent une batture de leurs trompettes, et y avoit à conduire cest entremetz, seize chevaliers. Cest entremetz acompli , en l'église fut joué des orgues, et au pasté fut joué d'un cornet d'Alemaigne moult estrangement ; et lors entra en la sale un luyton , ou un monstre très défiguré — Il avoit estrange barbe et visage; il portoit en ses mains deux dards et une targe , il, avoit sur la teste un homme , les

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ptés dessus , qui se soastenoit par ses deux mains sur les espaules du monstre, et le dict monstre estait monté sur un sanglier , couvert richement de soye verdfe , et quand il eust feict son tour parmy la sale , il s%n retourna par ou il estait venu, et cessa ce mïstère pour ceste Ibis. Apres ce mistère furent joué des orgues de l'église — , et entra dans la salle un art merveilleusement grand et beau, lequel estait tout blanc. Tels furent les entremetz mondains de cette feste.

Le même siècle vit encore quelques spectacles d'entrées non moins singuliers. La chronique scandaleuse, par exemple, racontequ'a Fentréetle Louis XI, il y avoît à la porte St-Denys, a une moult belle nef en figure d'argent. . . dedans laquelle estaient les trois estats ; et aux châteaux de devant et derrière (Ficelle nef, estaient Justice et Équité, qui avoient personnages pour ceà eux ordonnez , et à la hune du mast de la nef, qui estait en façon d'un lis , yssoit un roy babillé en habit royal , que deux anges conduisoient. »

L'allégorie, comme on voit, était flatteuse; mais ce qui suit n'était pas trop honnête. Au rapport, en effet , de Jean de Troyes , greffier de Phôtelde-ville : « Un peu avant dans ladite ville, estaient à la fontaine du Ponceau , hommes et femmes sauvages, qui se combattaient et (aisoient plusieurs contenances, et si y avoit encore trois belles filles faisans personnages de seraines toutes nues, et leur véoiton le beau tétin , droit , séparé , rond et dur, qui estoit chose bien plaisante , et disoient de petits motets et bergerettes — et un peu au-dessous dudit

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