‹ Mystères inédits du quinzième siècleChapitre 27 sur 140 · XXXVIII PREFACE · texte numérisé non relu

XXXVIII PREFACE

Laissant là maintenant ce genre de tableaux, qui n'a rien de littéraire et ne tient au drame qu'accessoirement, nous compléterons le coup-d'œil que nous venons de jeter sur notre ancien théâtre en poursuivant rapidement l'histoire des confrères' de la passion et celle des sociétés rivales qui ne tardèrent pas à élever un autel contre le leur.

La première qui s'offre à nous est celle des Clercs de la Basoche , confrérie antérieure à celle de la Passion, puisqu'elle date de Philippe-le-Bel, mais qui ne devint une association dramatique que plus tard. On la trouve pourtant déjà en i44 2 en possession de jouer des M or alitez, des Farces et des Sotties ; mais cela seulement trois fois l'an. Cette société, dont les pièces étaient la plupart du temps de virulentes satires dirigées contre des personnages du temps, vit ses productions accueillies avec la plus grande faveur par tout le monde, jusqu'au mois de mai 1476 , qu'un arrêt du parlement défendit à chacun de ses membres de donner des représentations, sous peine de bannissement et d'être battus de verges. Cette suspension dura jusqu'en i497-

Louis XII , « afin que la vérité pût parvenir jusqu'à lui » , dit Guillaume Bouchet dans ses Sérées, permit aux Basochiens de rouvrir leur théâtre, et de le dresser, lorsqu'ils joueraient, sur la fameuse table de marbre du Palais. Leurs représentations ne cessèrent que sous François I er , qui les avait d'abord permises.

Les seconds concurrens des Confreres^de la Passion dans la charge d'amuser et d'intéresser nos pères furent les Enfans sans-souci . Cette confrérie, for-

Page 1