‹ Mystères inédits du quinzième siècleChapitre 56 sur 140 · ET COMMENT ILZ FURENT MARTIREZ · texte numérisé non relu

ET COMMENT ILZ FURENT MARTIREZ

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S. PÈRE , ans Rommains.

Seigneurs Rommains , qui de noblesce .

De sén , d'onneur et de prouesce Estes nommez puissaument En tous pais généraument , Bien déussiez celuy aourer Et concivoir et honnourer Plus que nulle autre nascion , Qui sur tous dominacion Vous a donnée et grant puissance, Et tenir du tout sa créance.

C'est Dieu du ciel dont bien vient , Qui tout gouverne et tout sou s tient,

Qui de néent le monde créa,

Qui homme à s'ymage fourma

Le quel à Dieu désobéit,

Par quoy en misère chéifc

Ly et ses hoirs , et quant morroient

Trestuit en enfer descendoient ;

Mais Dieu en out pitié , sy print

Corps humain et la mort soustint

Pour les siens hoirs d'enfer jecter,

Resuscita et voult monter

En paradis, vray Dieu, vray home.

MARCEL, bourgoys.

Bons homs, plus a de bien à Homme Que tout le remenant du monde; Tout sen, tout bien à Romme habonde Sy faictes que trop fol, vilains, D'ensengnier les sages Rommains.

Les Rommains ne sont pas sy nices Que les diex qui leur sont propices Hz ne sachent bien aourer.

s. PIERRE.

Frère, les Rommains labourer Scevent trop bien en vanité.

Leur bien est plain d'iniquité Et leur sen est plain de folie.

Qui est plus grant forssennerie Que d'aourer ces ymagetes Que vous faites ou faire faites Qui ne parlent ne ne cheminent?

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LE SECOND BOURGOYS

Sauf vostre grâce, ainçois devinent Tout quen qu'en fait, commeftt que soit.

%. PIERRE

C'est l'anemy qui vous déçoit

Qui en vos ydoles se boute

Pour estaindfe en vos cuers trestoute

La lumière de vraye foy

Et sain entendement , par quoy

II vous fait sans cesser péchier

Et vostre créateur leissier,

Et ymages de créatures

Plaines de péchiez et d'ordure

Àourer comme fu Vénus,

Joves, Mercure et Priapus,

Et en plusieurs ydolatryes

Par diverses mélêncolies

Fait chéoir le monde auques à bout

Pour le mectre à dampnement tout.

Pour ce Jhésus qui est lumière

Du monde, aporta la manière

De pourchacier son sauve ment ,

Laquelle y monstra clèi enient

Par sainte vie et par signacles,

Par escripture et par miracles ,

En suscitant les trespassez

Et en férant vertus assez ;

Car il le povoit et savoit.

S. CLÉMENT , escolier.

Or, est tout nient; car s'il avôit

Celle puissance qu'avez dite Il eust esté de la mort quite ; Car, par quelle voye mourroit Qui Dieu seroit> qui tout pourroit?

Voir, s'il mourut et trespassa , La mort sa déité quassa , Et son povoir ly fu tollu.

s. PIERRE.

Mon bel amy , s'il eusl voullu Bien se feust gardé de mourir ; Mais à nostre mort secourir Nostre sire usa par sagesce De merveillieuse soutillesce Contre la cruele malice De l'anemy plain d'injustice; Car il voult homme devenir Et nos misères soustenir , A celle fin que l'anemis Qui homme avoit souz le pié mis Sy fust par homme sourmpnté Et sa mauvestié par bonté , Et mort par mort à mort livrée; Et se l'âme fu desseurée Du corps selonc Tumani té, Nient mains avoit la déité ; Tout povoit inmutablement Qui les rassembla dignement Et resuscita home et Dieux , Puis monta puissaument au cieux.

Là, en âme et en corps yront

Ceulz qui de cuer le serviront - En joye, en doulceur, en seurté, En pardurable béneurté ; Mais cèulz qui en ly ne croiront Ou qui son vouloir ne feront Yront en tourment pardurable.

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