‹ Mystères inédits du quinzième siècleChapitre 57 sur 140 · SYMON L'ENCHANTEUR · texte numérisé non relu

SYMON L'ENCHANTEUR

Seigneurs Rommains , c'est bourde et fable Quant que ce vilain va disant.

Croirez- vous q'un povre paisant Qui fut pendu puisse estre Diex?

En vous devroit crever les yeulz, Moy , moy , par qui honneur avez , Qui fais vertus , vous le savez r Devez aourer et m'obéir.

s. PIERRE.

Symon , mais on te doit héir

Qui fais injure et vilenie

A celuy qui te donna vie ;

Mais tu es tout plain de péchié :

Sy n'ist de toy fors mauvestié.

Tes diz sont envènimemens , Qt

Tes tais ne sont que enchantemens,

Ta vie actrait la maise mort.

MARCEL

Seigneur, vecy .rittomme mort.

Resuscités-le , sy verrons Lequel dit voir; sy croirons *

Que celuy soit Diex en vérité Par qui sera resuscité ; i. "% '5

Se noifctous .ri. le conparrez.

SYMON

Tout en l'eure vif le Verrez.

Lors die aucune rien au mort en l'oreille et le mort remue la teste

sans soy bougier.

LE SECOND BOURGOYS

Esgar , il remue la teste ;

Pierres, vous mourez comme beste.

Nous vouliez-vous décevoir ?

S. PIERRE

Attendez , vous sarez de voir Se le mort ara mort ou vie.

S Y MON

Sanglant vilain, fol plain d'envie, Ne l'as- tu pas veu remuer?

s. PIERRE.

11 ne fault plus contrarguer :

S'il vit, boive et menjusse et voise.

SYMON

Pierres, tu quiers tousjours la noyse;

Tu t'en pourras bien repentir :

Chascun puet et veoir et sentir

Que homme mort ne se puet bougier.

S'il ne puet boire ne mengier

Puis qu'il se muet qu'en ay-je à faire?

s. pierre au bourgoys.

Seigneurs, faictes lay en sus traire;

6y verra-on s'il yra point.

s. clément.

Or vient bien cet débat à point.

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M ^ Porte.

par ^onCr ,cnietastant -

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0r Pertilh' *' WEBRE -

c c e mort.

68 LE MARl^gËi

£ s. pierre, à genous.

^ Doulz Dieu qui de l'amère mort

D'enfer gestâtes homme et fan^ , Vueilliez remettre en ce ëorps Hâme 7 A la gloire de vostre nom Et à la loenge et renom De vostre espouse sainte Église.

le MdfcT tiers bourgois, en soy levant.

jfc Dieu qui m'avez l'âme remise

Au corps par vostre grant puissance, ^ Vostre loy: et vostre créance *

Doit tout homme croire et tenir S'il ne veult ses jours mal fenir ; D'ore en avant vueil en vous croire.

MARCEL

Vecy beau miracle et notoire :

Regardez, le mort parle et vit.

Qui oneques mais tel chose vit? Maistre Symons, maistre Symons , Plus n'irez en terres n'en lvmons.

Avant, avant, suz ly , Rommains !

Gy mettent la main à ly.

S. PIERRE

Pour Dieu, seigneurs, ostez vos mains On ne doit pas mal pour mal rendre.

MARCEL

fi Il vous eust volentiers fait pendre

Sire, sire, lessiez-nous faire.

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DE S. ipfoE ET DE S. PAUL. 6g "

S. PIERRE

Diex le sara bien à chief traire.

Lessiez^le; pacience est bonne, Pacieitee Vicfbire donne , Pacience donne tous biens.

SYMON

En despit de toy et des tiens ,

A tgn grant meschief , frère Ftcrre ,

Je ne demouray plus en terre : ' ' 'S

Maintenant monteray es cieulz ;

Sy verrez se je seray Dieulz. * jÉk

Lors monte un pou hault et appelle les Diables en disant :

Béthagon, Bérith, Àstaroth, Baal , Baalum , Béhémoth , Béelézebub , Léviathan , Béeléphegor , Moloch , Sathan !

IdE PREMIER DYABLE.

Os-tu , dy , maistre Symon braire?

LE SECOND DYABLE

Je l'os bien lyre le grammaire :

Alons à ly; il nous appelle.

LE PREMIER

Romp-ly la teste à une pelle Tant comme il est en mais estât.

LE SECQND.

Mais lessons-le vivre en restât Pour nuire plus au crestiens.

LE PREMIER

Et s'il yst hors de nos liens

70 LB H4RTY^||t

Nous serons trompés lourdement. N

LE SECOND

N'en doubte, il mourra majsement; Car il e$t maudit du Saint Père.

Llfeffi B^ & j B^RR •

C'est bien fait; aloos-en, compère.

Gy #te<nt à Symon et dient :

Que voulas-vqus , maistre Symon s:

SYMON

Sans limonnier et sans lymons , 4|fc Pour crestiens faire afoler

Haut en l*air me faitçs voler.

Or y perra que vous ferez.

Montez sus nçu|, sy volerez.

JLars monte suz eulz et ilz le portent bellement sur leurs espaules.

LB SECOND BOURGOtS.

Ha hay! regardez quel merveille!

Oncques mais ne vit sa pareille Homme vivant, ne Ibésucrist Oncques tel merveille ne fist.

Vez-vous comme il vole par l'air !

* MARCEL

De tel fait n'oy-je oncques parler!

s. PIERRE.

Pol, mon cher frère, regardez.

s. pol.

Sire, pour Dieu, plus ne tardez;

Mettez le pueple hors d'erreur .

DE S. P||!mE ET DB S. PAUL. 71

s. pierre , à genous.

Doulz Jhésucrist qui en Porreur Et en la thénébrcur â'èrifer Féistes trébtfehier Lucifer è

Pour son orgueilet s'ewrcuidance , Cestuy qui tant a d'arrpganee Vueilliez que vistz trébucha et chie En recognoissant sa folie.

Lors se liéve et die en seignant les anemis •.

Ennemis , trop faictes d'escandé, Lcssiez-le chéoir , Dieu le commande Par moy qui suis son apostole.

Lors le lessent cheoir en disant :

Or va, Syraon, va, vote, vole!

s Y MON.

Ahay, Jhésucrist! trop es fort;

Contre toy àe vault nul effort.

Tu m'as trop lourdement coyssy :

Je suis tout ronps et tout froyssy. ^

Je ne puis aler ne courir,

De maie mort me fault mourir ,

Ou feu d'enfer m'en fault aler.

Cy face le mort.

LE PREMIER DIABLE. j

Ha ha! Symon, or du baler,

Maistre Symon, sire Symon,

Vostre corps qui est de limon S

Vouloit voler lassus au ciel ! 4

c.TL

Il desplaisoit à dan Michiel.

Sy estes trebuchié à honte ;

Car bas doit chéoir qui trop hatilt monte.

Ou puis d'enfer vous porreron.

LET SECOND

Ta, ta! Symon , l'amy Néron,

Ton orgueil , ton enchanterie , ^

Ta mauvestié , ta simonie, *

Te seront bien tost chier vendus !

Passe ! tu es nostre rendus.

Gy l'emportent hors du champ en uslant.

S. CLÉMENT

Chier sires, or véons-nous bien Que nostre loy sy ne vault rien.

Sy la voulons du tout lessier.

s. PIERRE.

Il vous fouit doncques baptfeier.

S. CLÉMENT

Et que vault tel baptisement ?

S. PIERRE

Beau frère , par l'arousement Qu'en foit d'yaue par dehors En là getant desus le corps , De tout péchié soit véniel ,

£ Ou mortel, ou originel ,

Dieu par dedens l'âme netoye Et grâce ly donne et octroie ,

M En tant que se Comme mouroit

w * En tel estât s'âme en iroit

. , m ^ ■ , ■ ilr

Sans paine et sans faire séjour,

Plus clère et plus belle que jour,

En la joye de Paradis. , \

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