S. RUSTIQUE ET S. ELEUTHÈRE
Amen! Diex , bien siemmes disne, Quant vous a pieu qu'à veue clçre Avons veu sy noble mistère, Vostre puissance soit benoiste.
LARCIE.
Ha lasse ! or suis-je bien maloiste , Et enragie et forsenée , Et de maie heure fu-je née , Se celuy n'a de moy mercy Qui s'a voulu démonstrer cv A moy sy merveillieusement , * Qui l'ay lonc temps sy faussement
Eu en contempt et en despit; Perdue fusse sans respit S'il ne fust doulz et pacient; Mais je voy bien à escient , Qu'il ne veult pas que tantost muire Le péchieur, ainçois il désire
De tous poins sa convercion Pour ly donner salvacion.
Or vueille Dieu que je m'amende Et que jamais plus ne Poffende.
En ly mes toute m'espérance , M'amour ly donne et ma créance.
Il est mon Dieu et mon seigneur:
A ly soit et gloire et honneur.
FESCENNIN.
Amenez -moy cez garnemens :
Il est temps qu'ilz perdent la vie.
HUMEBROUET.
Sire, ilz tiennent leur parlemens; Ghascun d'eulz sy advocacie.
MENJUMATIN.
Mais ont levé une establie Pour refaire leur vestemens.
MASQUEBIGNET. /
Foy que doy bonne conpaignie Aincois euvrent d'enchantemens.
HAPELOPIN.
Avant , yssiez hors , truendaille, Le commissaire vous demande.
s. dénis et ses compaignons, en yssaut. m
Liez et joieus irons sans faille; Ne demandons autre viande.
FESCENNIN.
Or ça, ne me faictes plus livre :
Eslisiez ou mourir ou vivre.
Aourez nos Diex , vivre pourrez ,
Se non mauvaisement mourrçz Pis encore que vos meschans Donc les charoignes sont èz chans, Que vous avez sy pervertis Qu'il n'ont peu estre convertis.
Alez lez véoir et vous mirez , Et véiez se vous eslirez Mourir avec eulz rue se h au ment Ou vivre avec nous puissaument.
s. DENIS.
Tirant, tous jours vivre eslisons;
Car ceulz tous jours vivre disons
Qui par mort ou paine passable
Acquièrent vie permanable,
Comme ont fait cez sains preudez hommes
Que tu , meschant, meschans sornommes ;
Maiz ceulz disons tous jours mourir
Qui tous jours sans mort encourir
Paine de mort endureront ,
Comment ceûlz et celles feront
Qui aourent sez faulz ydoles ;
Pour ce entre nous déicoles
Aourons celuy qui tout fist,
C'est nostre Sauveur Jhésucrist
Qui nous donnera sans fin vivre :
En ce disant ne suis pas yvre.
FESCENNIN.
Yvre par foy doneques es-tu , Tout enragié et fol testu.
En parlant aus conpaignops S. Denis.
Et vous, dictes ce qu'il vous semble»