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LES AVAIT CRÉÉS

Quoi d'étonnant alors à ce qu'on trouve dans le même récit

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" une copie de l'ordre qu'on apporte au serviteur ici présent au sujet de son rappel en Egypte ", dont le début commence ainsi :

L'Horus, vie des naissances, le maître des diadèmes du Nord et du Sud, vie des naissances, le roi de la haute et de la basse Egypte, Khopirkértya^ fils du Soleil^ Amenemhait^ vivant a toujours et a jamais.

Et naturellement ce conte, comme les autres, était aussi véridique que ^^ parole d'Évangile ", c'est pourquoi le scribe a bien soin d'écrire à la fin de son récit :

C'est fini du commencement jusqu'à la fin, comme c'a été" trouvé dans le livre.

Histoire Mais voici " L'Histoire véridique... de Saini-Khâmoîs . " Cette

véridique ^ . . , -, , , '

de Satni- l^^^toire a beaucoup de ressemblance avec un passage de 1 Evan- Khâmoîs gile de St. Luc, et quoique le moment ne soit pas encore arrivé de faire des parallèles analytiques, — ce qui me sera impossible faute de place dans ce volume, — je me permettrai cependant de devancer mon programme, afin de montrer l'afiiliation entre les deux récits.

Comme tous les " contes " venus d'Egypte, celui-ci est ^'véridique'' et ''^historique'' (.?), c'est pourquoi il commence par :

11 y avait, une fois, un roi nommé Ousimarès, v.s.f, (Vie^ Santéy Force) et il avait parmi ses enfants un fils nommé Satmi, ^

^ Le texte de ce conte donne au nom de Satni une variante Satmi qui pourrait faire douter qu'il y fût question du même personnage. (Note du traducteur : Maspero).

lequel était un scribe, habile de ses doigts et fort instruit en toutes choses : il était plus qu'homme du monde expert aux arts où les scribes d'Egypte excellent, et il n'y avait savant qui lui comparât dans la Terre-Entière

. Il arriva que Satmi n'eut pas d'enfant mâle de sa femme Mahîtouaskhît, et il s'en affligeait beaucoup dans son cœur et sa femme Mahîtouaskhît s'en affligeait beaucoup avec lui. Or un jour qu'il était plus triste que de coutume, sa femme Mahîtouaskhît se rendit au temple d'Imouthès, fils de Phtah, et elle pria devant lui disant : " Tourne ta face vers moi, monseigneur Imouthes, fils de Phtah ; c'est toi qui accomplis les miracles, qui es bienfaisant dans tous tes actes : c'est toi qui donneras un fils à qui nç-n a pas. Entends ma plainte et rends-moi enceinte d'un enfant mâle ". Mahîtouaskhît, la femme de Satmi, coucha donc dans le temple et elle rêva en songe cette nuit même. On lui parlait lui disant : " Es-tu pas Mahîtouaskhît, la femme de Satmi, qui dors dans le temple pour recevoir un remède de ta stérilité des mains du dieu } Quand le lendemain sera venu, va-t-en à la fontaine de Satmi, ton mari, et tu y trouveras un pied de colocase qui y pousse. La colocase que tu rencontreras, tu l'arracheras avec ses feuilles, tu en fabriqueras un remède que tu donneras à ton mari et tu concevras la nuit même. "

Lorsque Mahîtouaskhît s'éveilla de son rêve après avoir vu ces choses, elle agit en tout selon qu'on le lui avait dit en son rêve, puis elle se coucha près de Satmi, son mari, et elle conçut de lui. Quand son temps vint, elle eut les signes des femmes enceintes et Satmi l'annonça devant Pharaon, car son cœur s'en réjouissait beaucoup ; il lui lia une amulette et il récita un grimoire sur elle. Or Satmi se coucha, une nuit, et il rêva un rêve. On lui parlait disant : " Mahîtouaskhît, ta femme, qui a

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conçu de toi, le petit enfant dont elle accouchera, on l'appellera Sénosiris, et ils seront nombreux les miracles qu'il accomplira dans la terre d'Egypte. " Lorsque Satmi s'éveilla de son rêve, après avoir vu ces choses, son cœur se réjouit beaucoup. Accomplis les mois de la grossesse, lorsque son temps d'accoucher fut venu, Mahîtouaskhît mit au monde un enfant mâle. On le fit savoir à Satmi et il appela l'enfant Sénosiris, selon qu'on lui avait dit dans son rêve.

La Nais- Voici maintenant la version de St. Luc. Ch. L :

sance de Jean-Baptiste d' aprh Au temps d'Hérode, roi de Judée, il y avait un sacrificateur bt-Luc nommé Zacharie du rang d'Abia ; sa femme était de la race d'Aarôn et elle s'appelait Elisabeth.

Ils étaient tous deux justes devant Dieu et ils suivaient tous les commandements et toutes les ordonnances du Seigneur, d'une manière irrépréhensible.

Ils n'avaient point d'enfants, parce qu'Elisabeth était stérile, et qu'ils étaient tous deux avancés en âge.

Or il arriva que Zacharie faisant les fonctions de sacrificateur devant Dieu, dans le rang de sa famille, il lui échut par sort, selon la coutume établie parmi les sacrificateurs, d'entrer dans le temple du Seigneur pour lui offrir des parfums.

Et toute la multitude du peuple était dehors en prière, à l'heure où l'on offrait les parfums.

Alors un ange du Seigneur lui apparut, se tenant debout au côté droit de l'autel des parfums.

Et Zacharie le voyant en fut troublé, et la frayeur le saisit.

Mais l'ange lui dit : Zacharie, ne crains point ; car ta prière est exaucée, et Elisabeth, ta femme t'enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jean.

11 sera pour toi, un sujet de joie et de ravissement et plusieurs se réjouiront de sa naissance ;

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conçu de v.c;, le petit enfant dont, eile accouchera, on l'appellera Sénosir;--. c! \)-i seront nombreux les miracies qu'il accomplira dans îa ter-'^ cl Egypte. " Lorsque Satmi s'éveilla de son rêve, 'âpres ^^voir s'a ces ciioses- son cœur se réjouit beaucoup. Accomplis les i.;îO!S ••le \:>, ;,;■ro■^sesse, lorsque son temps d'accoucher fut venu, MahitouafvkfV?!. m\x. au. rnonde'un enfant mâle. On le fit savoir à Satmi et il appela .l'enfant Sénosiris, selon qu'on lui avait dit dans son rêve.

^^'f~ Voici mainieuan? H version de St. Luc. Ch. L :

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Jean-Baptiste (Vapî-h Au temps d'HéroCie, ;.'0j de Judée, il y avait un sacrificateur bt-Lvc nommé Zacb^arsc J.'.l runii d'Abia : sa femme était- de la race d'Aaron et elie - ■A':;''-cù'd'r Klisabeth. . ■ . .

Ils étaient toî!> ,ïcux justes devant Dieu et ils suivaient tous les commanderïu'iv:- et ^ouïcs les ordowJiances du Seigneur,-d'une manière irréprche!i5.i>lc.. ■ '

Ils n'avaient Do^r^-. ; V-^u'îts, parce qu'Elisabeth était stérile, et qu'ils éjtaient tov- a?n:-: -uancés en âge.

Or il arriva ^uc /' n harie faisant les fonctions de sacrificateur devant Dieu, dai?,- le 'tiug de sa famille, il lui échut par sort, selon la coutum-;- cî;.»biK' çinrmi les sacrificateurs, d'entrer dans le temple du Seit',î\ci..r peur lui offrir des paVfurns.

Et toute la maltiruu.:. au peuple était dehors en prière, à l'heure où l'on ofîrait les ;.■■.;<:'/'■] m s- .

,' Alors un anges;.; S-ig^-eur lui apparut, se tenant debout aa côté droit de l'auTiu ^u-- rarfums.

Et Zacharie le v^j^^^a en fut troublé, et la frayeur le saisit. Mais l'ange lu: .iif. ; Z:;îchane, rie crains point ; car ta prière est exaucée, et Eiisar:*^^^^-. Cx îemnie tVnfkntera un fils, et tu lui doimeras le rioni de 'e^ia^.

Il sera pour toi, un sujet àv. ]:--'^.: i.';- de ravissement et plusieurs

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Car il sera grand devant le Seigneur ; il ne boira ni vin ni cervoise, il sera rempli du Saint-Esprit dès le sein de sa mère.

Il convertira plusieurs des enfants d'Israël au Seigneur, leur Dieu ;

Et il marchera devant lui dans l'esprit et dans la vertu d'Elie, pour tourner les cœurs des pères vers les enfants, et les rebelles à la sagesse des justes, afin de préparer au Seigneur, un peuple bien disposé.

Et Zacharie dit à l'ange : A quoi connaîtrai-je cela } car je suis vieux et ma femme est avancée en âge.

Et l'ange lui répondit : Je suis Gabriel, qui assiste devant Dieu, et j'ai été envoyé pour te parler et t'annoncer ces bonnes nouvelles.

Et voici, tu vas devenir muet, et tu ne pourras parler jusqu'au jour où ces choses arriveront, parce que tu n'as pas cru à mes paroles qui s'accompliront en leur temps.

Quelque temps après Elisabeth, sa femme, conçut ; . . . .

Cependant le terme d'Elisabeth étant venu, elle enfanta un fils.

Et ses voisins et ses parents, ayant appris que le Seigneur avait fait éclater sa miséricorde en sa faveur, s'en réjouissaient avec el]e.

Et étant venus le huitième jour pour circoncire le petit enfant, ils voulaient l'appeler Zacharie, du nom de son père. Mais sa mère prit la parole et dit : Non, il sera nommé Jean.

Ils lui dirent : 11 n'y a personne dans ta parenté qui soit appelé de ce nom.

Alors ils firent signe à son père de marquer comment il voulait qu'il fut nommé.

Et Zacharie ayant demandé des tablettes, écrivit : " Jean est son nom. " Et ils furent tous surpris.

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A l'instant sa bouche s'ouvrit, sa langue fut déliée et il parlait en bénissant Dieu.

Et tous leurs voisins furent remplis de crainte et toutes ces choses se divulguèrent par tout le pays de montagnes de Judée.

Et tous ceux qui les entendirent les conservèrent dans leur cœur, et ils disaient : Que sera-ce de ce petit enfant.'' Et la main du Seigneur était avec lui.

Alors Zacharie son père fut rempli du Saint-Esprit, et il prophétisa et dit :

u po 1 1- ^^^1 ^^1^ 1^ Seimeur^ le Dieu d'Israël de ce au il a vuïté et racheté

que de . . .

r Evangile ^^^ peuple et de ce qu'il nous a suscité un puissant sauveur dans la

maison de David son serviteur.

Comme il en avait parlé par la bouche de ses saints prophètes.^ qui ont été depuis longtemps.

Que nous serons DiuvRis de nos ennemis, et de la main

DE ceux qui nous HAÏSSENT.

Cette dernière phrase montre le but politique de l'adaptation de la légende égyptienne. Et le récit finit par :

1 Qg • • Et le petit enfant croissait et se fortifiait en esprit

de oénostrts^ ^ ^ ^ ^ ^ ^

de Jésus et jusqu'au jour où il devait être manifesté à Israël.

du Bouddha

Ce que nous retrouvons dans '' r Histoire véridique de Satni- Khamoh " exprimé en ces termes :

Et il arriva, quand le petit enfant Sénosiris eut un an, on aurait dit : " 11 a deux ans " ; quand il en eut deux, on aurait dit : " Il a trois ans " tant il était vigoureux en tous ses membres. 11 arrivait donc que Satmi ne pouvait demeurer une heure sans voir le petit enfant Sénosiris, si fort était l'amour qu'il lui portait.

Il arrive parfois que les conteurs forment d'une légende

deux légendes nouvelles. C'est ainsi que la suite de celle-ci se retrouve dans la vie de l'enfant Jésus. Voici les récits comparés :

Lorsqu'il fut grand et robuste, on le mit à P école ; en peu de temps il sut -plus que le scribe qu'on lui avait donné pour maître.

(Histoire véridique de satni-khamoÎs).

Voici le texte de V Evangile du ^seudo-éMatthieu : ^ Pseudo

Matthieu.

1. Pour la première fois, les Juifs demandèrent à Marie et à Joseph d'amener par leurs caresses l'enfant auprès d'un autre maître, pour être instruit. Et Joseph et Marie, redoutant le peuple, l'insolence des princes et les menaces des prêtres, le conduisirent de nouveau à l'école, tout en sachant qu'il ne pouvait rien apprendre d'un homme, lui qui tenait de Dieu seul une science parfaite.

2. Or lorsque Jésus fut entré dans l'école, guidé par le Saint- Esprit, il prit le livre de la main du maître qui enseignait la loi, et en présence de tout le peuple qui le voyait et l'entendait, il se mit à lire, non pas ce qui était écrit dans leur livre, mais il parlait dans l'esprit du Dieu vivant, comme si un torrent d'eau jaillissait d'une fontaine vive et comme si la fontaine restait toujours pleine. Et il enseignait au peuple avec tant de force les grandeurs du Dieu vivant, que le maître lui-même tomba par terre et l'adora. Mais le cœur de tous ceux qui étaient là et qui l'avaient entendu parler fut frappé de stupeur. Et quand Joseph l'eut appris, il vint en courant auprès de Jésus, craignant que le maître ne mourût. En le voyant, le maître lui dit : " Tu ne m'as pas donné un disciple, mais un maître : et qui peut soutenir ses paroles ? " Alors s'accomplit ce qui a été dit par le Psalmiste : "La source divine est remplie d'eau. Tu as préparé leur nourriture, car c'est ainsi qu'on la prépare. " {psaume lxif. 10)

(Chapitre XXXIX).

' Traduction de Charles Michel.

i88 LIVRE IL CHAPITRE IL

Le petit enfant Sénosiris commença à lire les grimoires avec les scribes de la Double Maison de Vie du Temple du Phtah, et tous ceux qui F entendaient étaient plongés dans V étonnement.

(Histoire veridique de satni-khamoîs).

Evangile Nous trouvons dans " U Evangile de Thomas " au chapitre

de Thomas XIX :

1. Lorsqu'il eut l'âge de douze ans, ses parents suivant la coutume, se rendirent à Jérusalem pour la fête de Pâques avec leurs compagnons de voyage et, après la Pâque, ils s'en retournèrent chez eux. Et tandis qu'ils s'en retournaient, l'enfant Jésus revint à Jérusalem et ses parents crurent qu'il était parmi leurs compagnons.

2. Or après une journée de route, ils le cherchèrent parmi leurs parents et ne le trouvant pas, ils s'affligèrent et revinrent à la ville pour le chercher. Trois jours après, ils le trouvèrent assis dans le temple^ au milieu des docteurs^ les écoutant et les interrogeant. Tous étaient attentifs et s étonnaient de ce quun enfant réduisait au silence les anciens et les docteurs du peuple^ expliquant les points principaux de la Loi et les paraboles des prophètes.

j y Comparez aussi ce passage avec celui du " Laiita-Vistara

Vistara (Chap. X) :

Ainsi donc, religieux, le jeune prince étant devenu grand, fut alors avec cent mille bénédictions, conduit à la salle d'écriture.

Aussitôt que le Bôdhisattva fut entré dans la salle d'écriture, le précepteur des enfants, nommé Viçvamitra, ne pouvant supporter la majesté et la splendeur du Bôdhisattva, tomba prosterné

la face contre terre. En le voyant ainsi prosterné, un fils des dieux, Touchitakâyikas, nommé Çoubhangga, le prit avec la main droite le releva, et après, l'avoir relevé, se tenant dans l'étendue du ciel, parla en ces Gâthâs, au roi Çouddhôdana et à cette grande multitude de gens.

1. Ce qu'il y a de Castras dans le monde des hommes, le nombre d'écritures, de calculs, de combinaisons des éléments ; ce qu'il y a d'applications développées, incommensurables, des arts du monde, il est expert depuis plusieurs Kôtis de Kalpas.

2. Bien plus, il agit conformément à l'usage du vulgaire ; il est venu à la salle d'écriture pour V instruction de ceux qui sont bien instruits^ pour la maturation complète de beaucoup d'enfants dans le meilleur véhicule, et pour conduire des centaines de mille êtres a Vimmortalité.

4. 11 \\y a pas au-dessus de lui, d'instituteur dans les trois mondes. Au milieu de tous, dieux et hommes, il est vraiment supérieur. Le nom de ces écritures que vous ne connaissez même pas, il en est informé depuis plusieurs Kôtis de Kalpas.

5. La disposition d'esprit et les divers desseins, à l'instant même, il les connaît, cet être pur. De ce qui est invisible et sans forme ^ il connaît aussi la voie, comment à plus forte raison (ne connaîtraitil pas) l'écriture visible sous forme de lettres }

Après avoir ainsi parlé, \qJîIs d'un dieu, après avoir honoré le Bôdhisattva avec les fleurs divines, disparut en ce lieu même .

Mais revenons maintenant au récit de la naissance de Tean- y^^/°^

•^ oabeenne

Baptiste. Nous ne pourrions mieux montrer comment èvoXxxQntdelaNaisles légendes qu'en donnant la version des Sabéens ou Chrétiens i^^'i^ ^^

1 o T -r^ • Tr • • St-Jean-

de St. Jean-Baptiste. Voici comment elle nous est rapportée Baptiste

igo LIVRE IL CHAPITRE IL

par M. N, Siouffi dans ses " Etudes sur la Religion des Soubbas ou Sabéens " ;

Depuis longtemps les Soubbas n'existaient plus ; attendu que leurs évêques et leurs prêtres étaient tous morts, ils étaient restés sans pasteurs, et avaient fini par se mêler à une secte israélite, qui n'admettait pas la circoncision, et avec laquelle ils s'identifiaient pour ne plus faire qu'une seule secte. De cette situation résultait que pas une âme n'allait plus à Olmi-Danhouro, qui est le paradis. Les habitants de ce séjour allèrent se plaindre à Moro- Eddarboûtho ; celui-ci fit venir sur-le-champ Mando-Dhaïy, un des trois cents personnages célestes qu'il chargea de remédier à cet inconvénient. Ce dernier se fit apporter une certaine quantité d'eau, sur laquelle il prononça quelques mots mystérieux, et qu'il remit à un ange, avec ordre de la porter à Inochwei, et de faire en sorte qu'elle en bût sans s'apercevoir de rien ; déclarant que, par le seul effet de cette boisson divine, cette femme se trouverait aussitôt enceinte, et accoucherait d'un enfant qui serait considéré comme le sien propre (de Mando-Dhaïy). L'ange invisible se rendit près d' Inochwei et plaça le vase d'eau devant elle. Celle-ci prit sans se douter de rien dans le creux de ses mains jointes ensemble, un peu de cette eau qu'elle but pour étancher sa soif. Dès ce moment, elle se trouva enceinte. La nuit suivante, un des Juifs vit en songe, que la femme d'Abou-Saoûa était devenue grosse et que l'enfant auquel elle donnerait le jour serait le chef suprême de sa nation, que tous les Juifs devaient, un jour, être soumis à ses ordres, qu'il les baptiserait et qu'il leur ferait boire de l'eau de la Mamboula, c'est-à-dire de l'eau que le prêtre fait boire à la personne qu'il baptise. Ce Juif alla conter sa vision au chef de la secte appelé Eléazar. Ce dernier vint trouver à son tour Abou-Saoûa, et lui fit part de ce qu'il venait d'apprendre, l'assurant que sa femme était grosse.

" Comment peut-il se faire, dit Abou-Saoûa, que ma femme

soit enceinte à l'âge oii nous sommes tous les deux, et après un si grand nombre d'années que nous avons passées ensemble sans avoir d'enfants ! " Eléazar lui affirma de nouveau le fait ; puis il alla convoquer les notables juifs pour leur annoncer cet événement. Un procès-verbal de la vision, dressé par l'assemblée, fut envoyé à un interprète des songes, fameux par sa perspicacité, et l'explication donnée par ce dernier, s'étant trouvée conforme à la leur, il fut décidé que les Juifs assisteraient à l'accouchement d'inochwei, et qu'ils tueraient l'enfant à sa naissance, afin de ne pas être forcés de se soumettre à lui. Après la tombée de la nuit, Abou-Saoûa se rendit près d'Eléazar pour se concerter avec lui sur ce sujet qui le préoccupait toujours. Eléazar vit entrer Abou- Saoûa précédé de deux flambeaux d'une lumière éclatante et suivi de deux autres. 11 lui demanda avec étonnement de lui expliquer le motif pour lequel il était venu chez lui, accompagné de quatre semblables lumières. " Je n'en sais rien, lui répondit Abou Saoûa ; tout ce que je puis te dire, c'est que c'est la première fois que je les vois et que j'ignore d'où elles viennent." Eléazar lui communiqua ensuite la nouvelle interprétation qu'il avait obtenue du songe et qui confirmait la première. Quelque temps après, Abou- Saoûa apprit d'inochwei elle-même qu'elle était enceinte; mais elle ne savait pas, disait-elle, comment cela s'était fait. Prévenu déjà par le songe, que cette déclaration de sa femme venait de confirmer, il ne put que se résigner et attendit. Or neuf mois, neuf jours, neuf heures, neuf minutes après la conception, Inochwei fut prise des douleurs de l'enfantement. Les femmes juives se réunirent autour d'elle avec l'ordre secret, donné par les chefs, de tuer l'enfant dès qu'il verrait le jour.

Ce complot tramé par les Juifs ne réussit point. Zahriel ^ Leletho, s'empara de l'enfant qu'elle fit sortir par la bouche de sa mère et qu'elle remit entre les mains des anges, qui le trans-

* Zarîel Leletho est une espèce de nymphe chargée de présider aux accouchements.

portèrent à Olmi Danhouro (le paradis) où ils le déposèrent sur l'arbre Mohzioum \ Cet enfant qui était Yahio (Saint Jean-Baptiste) fut élevé dans le paradis, où il fut baptisé au nom de Alaha de Moro-Eddarbouto et de Mando-Dhaïy, ^ son père et où il fut instruit dans toutes les sciences. Quand il fut temps de le renvoyer dans ce monde pour remplir sa mission de chef et de législateur des Sabbas, il fut remis entre les mains à'Annoch- Othro ^ qui fut chargé de l'accompagner jusqu'à notre monde. ^

Je n'insisterai pas davantage sur l'évolution de cette légende, le moment n'en étant pas arrivé. On saura cependant que '■'' r Histoire vêrtdique de Satni-Khamoîs''' était écrite au revers de deux recueils de pièces officielles rédigées en grec et datées de l'an VII de Claude César, soit de 46 à 47 ans après J.-C. L'écriture semble indiquer pour l'époque de la copie, la seconde moitié du deuxième siècle. " Nous nous trouvons donc en présence d'une histoire qui aurait été copiée vers la même époque que les légendes évangéliques. On peut donc en conclure qu'à une même époque, on adaptait les mêmes récits à des personnages différents. Nous verrons plus tard, par l'étude des mythes, que ces adaptations étaient fréquentes. Voici maintenant un autre exemple tiré de la même nouvelle, dans laquelle nous trouvons La Para- la version de la " 'Parabole de Lazare et du mauvais '^Riche'\ selon 1°^ ^ ^ l'apôtre St. Luc :

Lazare et r du mauvais

Riche ' Cet arbre avait ses branches chargées de mamelles servant à allaiter les enfants

soubbas baptisés. Ils restaient dans ses branches jusqu'au jour où ils étaient en état de prendre des aliments solides.

^ C'est au nom de ces trois personnages qu'Yahio a toujours baptisé. ^ Un des 360 saints.

* P. Saintyves. " L^s Vierges mères et les 'Naissances myraculeuses. " '"" D'après Maspero.

Et après cela, il arriva, un jour, que Satmi se lavait pour la fête sur la terrasse àe ses appartements, et que le petit garçon Sénosiris se lavait devant lui pour aller aussi à la fête, à cette heure-là, voici, Satmi entendit une voix de lamentation qui s'élevait très forte : il regarda de la terrasse de ses appartements, et voici, il vit un riche qu'on menait ensevelir dans la montagne à force lamentations et plantée d'honneurs. Il regarda une seconde fois à ses pieds, et voici, il aperçut un pauvre qu'on menait hors de Memphis, roulé dans une natte, seul et sans homme au monde qui marchât derrière lui. Satmi dit : "Par la vie d'Osiris,]e Seigneur de l'Amentît, puisse m'être fait dans l'Amentît comme à ces riches qui ont grande lamentation, et non comme à ces pauvres qu'on porte à la montagne sans pompe ni honneurs ! " Sénosiris son petit enfant lui dit : "Te soit fait dans l'Amentît, ce qu'on fait à ce pauvre homme dans l'Amentît, et ne te soit pas fait dans l'Amentît, ce qu'on fait à ce riche dans l'Amentît ". Lorsque Satmi entendit ces paroles que Sénosiris, son petit enfant, lui avait dites, son cœur s'en affligea extrêmement, et il dit: "Ce que j'entends, est-ce bien la voix d'un fils qui aime son père "^ " Sénosiris son petit enfant, lui dit : " S'il te plaît, je te montrerai, chacun à sa place, le pauvre qu'on ne pleure pas et le riche sur lequel on se lamente". Satmi demanda : "Et comment pourras-tu faire cela, mon fils Sénosiris .? " Et après cela, Sénosiris le petit enfant, récita ses grimoires. Il prit son père Satmi par la main et il le conduisit à une place que celui-ci ignorait dans la montagne de Memphis. Elle contenait sept grandes salles et en elles, des hommes de toutes les conditions. Ils traversèrent trois des salles, les trois premières sans que personne leur fît obstacle. En entrant dans la quatrième, Satmi aperçut les gens qui couraient et qui s'agitaient, tandis que les ânes mangeaient derrière eux ; d'autres avaient leur nourriture, eau et pain, suspendue au-dessus d'eux, et ils s'élançaient pour la mener bas, tandis que d'autres creusaient des trous à leurs pieds pour les empêcher de l'atteindre. Lorsqu'ils

arrivèrent à la cinquième salle, Satmi aperçut les mânes vénérables qui se trouvaient chacun à sa place propre, mais ceux qui étaient inculpés de crimes se tenaient à la porte, suppliants, et le pivot de la porte de la cinquième salle était établi sur le seul œil droit d'un homme qui priait et qui poussait de grands cris. Lorsqu'ils arrivèrent à la sixième salle, Satmi aperçut les dieux du conseil des gens de l'Amentît qui se tenaient chacun en sa place propre, tandis que les huissiers de l'Amentît appelaient les causes. Lorsqu'ils arrivèrent à la sixième salle, Satmi aperçut l'image d'Osiris, le dieu grand, assis sur son trône d'or fin et couronné du diadème aux deux plumes, Anubis, le dieu grand, à sa gauche ; le dieu grand Thot, à sa droite ; les dieux du conseil des gens de l'Amentît, à sa gauche et sa droite : la balance dressée au milieu en face d'eux, où ils pesaient les méfaits contre les mérites, tandis que Thot, le dieu grand, remplissait le rôle d'écrivain et qu' Anubis leur adressait la parole : celui dont ils trouveront les méfaits plus nombreux que les mérites, ils le livreront à Amaît, la chienne du Maître de l'Amentît, ils détruiront son âme et son corps et ils ne lui permettront plus de respirer jamais ; celui dont ils trouveront les mérites plus nombreux que les méfaits, ils l'amènent parmi les dieux du conseil du Maître de l'Amentît et son âme va au ciel parmi les mânes vénérables ; celui dont ils trouveront les mérites équivalents aux fautes, ils le placent parmi les mânes munis d'amulettes qui servent Sokarosiris.

Lors Satmi aperçut un personnage de distinction, revêtu d'étoffes de fin lin, et qui était proche de l'endroit où Osiris se tenait, dans un rang très relevé. Tandis que Satmi s'émerveillait de ce qu'il voyait dans l'Amentît, Sénosiris se mit devant lui disant : " Mon père Satmi, vois-tu pas ce haut personnage revêtu de vêtement de fin lin et qui est près de l'endroit où Osiris se tient .? Ce pauvre homme que tu vis et qu'on emmenait hors de Memphis, sans que personne l'accompagnât, et qui était roulé dans une natte, c'est lui ! On le conduisit à l'Hadès, on pesa ses méfaits contre ses

mérites plus nombreux que ses méfaits. Donné qu'au temps de vie que Thot inscrivit à son compte ne correspondit pas une somme de bonheur suffisante tandis qu'il était sur terre, on ordonna par devant Osiris de transférer le trousseau funèbre de ce riche que tu vis emmener hors de Memphis avec force honneurs à ce pauvre homme que voici, puis de le remettre parmi les mânes vénérables, féaux de Sokarosiris, proche l'endroit, où Osiris se tient. Ce riche que tu vis, on le conduisit à l'Hadès, on pesa ses méfaits contre ses mérites, on lui trouva ses méfaits nombreux plus que ses mérites qu'il eut sur la terre, on ordonna de le rétribuer dans l'Amentît, et c'est lui que tu as vu, le pivot de la porte d'Amentît planté sur son œil droit et roulant sur cet œil, soit qu'on ferme ou qu'on ouvre, tandis que sa bouche pousse de grands cris. Par la vie d'Osiris, le dieu grand, maître de l'Amentît, si je t'ai dit sur la terre : " Te soit fait ainsi qu'on fait à ce pauvre homme, mais ne te soit pas fait ainsi qu'il est à ce riche ! " c'est que je savais ce qui allait arriver à celui-ci. "

La parabole se termine ici. Dans la suite de la nouvelle, on trouye enfin cette expression: "-^ En vérité, je te le dis...'' que l'on retrouve à divers endroits dans les Evangiles.

Enfin ce passage :

Quand le petit garçon Sénosiris eut douze ans, il ny eut scribe ni magicien dans Memphis qui. l'égalât en la lecture des grimoires.

•peut être comparé avec le chapitre XIX de " L'Évangile de Evangîlede Thomas „ et celui-ci encore au chapitre XXXIX du " T'setido- ^^l"'""' '*

■* rseudo-

.^Matthieu " ; Matthieu

Mon père Satmi, va aux chambres du rez-de-chaussée de ton logis,

et chaque livre que tu tireras de son vase, je te dirai quel livre cest,

je le lirai sans le voir, me tenant en avant de toi dans les chambres du

rez-de-chaussée ". Satmi se leva, il se tint debout, et tout ce que S éno siris avait dit, Sénosiris le fit complètement : Sénosiris lut tous les livres que Satmi son père prit en avant de lui, sans les ouvrir.

La Prtn- Ainsi commence le conte de " La Princesse et de rEspritvEt^' P^^^^^^^^^ " d'après une stèle découverte par ChampoUion possesseur dans le temple de Khonsou à Thèbes, et qui se trouve actuellement à la 'Bibliothèque Nationale de Paris :

L'Horus, taureau vigoureux, chargé de diadèmes et établi aussi solidement en ses royautés que le dieu Atoumou ; l'Horus, vainqueur puissant par le glaive et destructeur des barbares, les rois, des deux Egyptes, Ouasimarîya-satpanrîya, fils du Soleil, Rîyamasasou Maîamânou, aimé maître de Karnak et du Cycle des. dieux seigneurs de Thèbes ; le dieu bon, fils d'Amon, né de de Maout, engendré par Harmakhis, V enfant glorieux du Seigneur universel, engendré par le Dieu, mari de sa propre mère, roi de r Egypte, prince des tribus du désert, souverain qui régit les barbares, à peine sorti du sein maternel, il dirigeait les guerres, et il commandait à la vaillance encore dans l'œuf, ainsi qu'un taureau qui pousse en avant, — car c'est un taureau que ce roi, un dieu qui sort, au jour des combats, comme Montou, et il est très vaillant comme le fils de Nouît.

Or comme Sa Majesté était en Naharaina ^ selon sa règle de chaque année, que les princes de toute terre venaient courbés,, sous le poids des offrandes qu'ils apportaient aux âmes de Sa Majesté, et que les forteresses apportaient leurs tributs, l'or, l'argent, le lapislazuli, la malachite, tous les bois odorants dc; l'Arabie

^ Ou le ^^ Naharînna" pays placé à cheval sur l'Euphrate, entre l'Oronte et le- Balikh. (Maspero).

Et il arriva en l'an XV, le 22 du mois de Payni, comme Sa Majesté était à Thèbes la Forte, la reine des cités, occupée à faire ce qui plaît à son père Amonrâ, maître de Karnak, en sa belle fête de Thèbes méridionale, le séjour favori où le dieu est depuis la création ^

Quand le messager arriva auprès de Sa Majesté, en l'an XXIII, le i'''' de Pakhons, le jour de la fête d'Amon, tandis que sa Majesté était à Thèbes, voici que Sa Majesté parla de nouveau en présence de Khonsou en Thèbes dieu du bon conseil, disant .

Et cela finit par :

Or Khonsou, le bon conseiller en Thèbes, rentra en son temple en paix, l'an XXXIII, le 19 Merchir, du roi Onasimarîya-satpanrîya, vivant à toujours comme le Soleil.

Voilà bien ce qu'on peut appeler de la précision historique ! Est-ce dire qu'il faut avoir foi en l'affirmation du scribe qui écrivit ce récit ?...

Ce serait une grave erreur.

En effet, Erman a démontré que les prêtres de Khonsou avaient cherché à imiter le langage de l'époque à laquelle ils attribuent l'existence de leur temple. Dans un style artificiel que les scribes ont cru archaïque, " ils ont prêté a un roi de la XIX^ DYNASTIE des procédés de gouvernement qui appartiennent surtout aux souverains de la XX ^ ".

Ailleurs comme dans " La Geste de Sésostris " plusieurs légen- La Geste

de Sésostris C'est-à-dire : Louxor.

des se trouvent fondues en une seule, ce qui est également le cas pour plusieurs autres contes.

Encore une fois, ce récit a des apparences historiques par le fait qu'on y parle d'un personnage historiquement connu ; l'action se passe aussi dans des lieux bien déterminés :

Le roi Sésôstris, en premier lieu, cingla hors du golfe Arabique avec des navires de^haut bord et il réduisit les peuples qui habitent le long de la mer Erythrée, jusqu'à ce que poussant toujours avant, il arrivât au point où des bas-fonds rendent la mer impraticable.

Mais voici un épisode :

Or ce Sésôstris qui revenait en son pays, qui ramenait avec soi beaucoup d'hommes des peuples qu'il avait soumis, lorsqu'il fut de retour à Daphnae, au voisinage de Péluse, son frère, à qui il avait confié le gouvernement de l'Egypte, l'invita à une fête, et avec lui, ses enfants, entoura la maison de bois au dehors, puis après l'avoir entourée y mit le feu. Lui donc, sitôt qu'il l'apprit^ il en délibéra soudain avec sa femme car il avait emmené sa femme avec lui, et celle-ci lui conseilla, de six enfants qu'ils avaient, d'en coucher deux à travers la fournaise, puis de la franchir sur leurs corps et de se sauver ainsi. Sésôstris le fit et les deux enfants furent brûlés de la sorte, mais les autres furent sauvés avec leur père.

Ceci est encore un conte qui peut servir comme exemple pour l'étude de l'évolution des légendes. Hérodote, qui n'était pourtant pas un ignorant, ayant entendu raconter cette histoire, s'empressa de la transposer en grec. Diodore de Sicile nous en donna à son tour une version. Déjà le récit s'est trans-

formé, et nous voyons le sacrifice que le roi avait fait de ses deux fils, supprimé et remplacé par cette phrase :

" levant alors les mains, implora les dieux pour le salut

de ses enfants et de sa femme, et traversa les flammes. "

Enfin Diodore, ou l'écrivain alexandrin qu'il copie, a substitué à la forme Sésousrîya-Sésôstris la variante abrégée Sésousi-Sésoôsi.

Quant à Hérodote, il prit, sans hésiter, le récit de ce roman pour un fait historique, et en artiste, il y ajouta beaucoup du sien, suivant son imagination, supprimant ici et abrégeant ailleurs.

Ce qui prédomine dans toutes ces nouvelles, comme je l'ai LeMystèdéjà dit, c'est le merveilleux. Dans le " Conte des deux Frères " ^^^^f ^^^^ les bœufs parlent, il apparaît une eau remplie de crocodiles, égyptiennei Baîti se retire au Val pour vivre dans la solitude et dépose son cœur sur une fleur d'acacia. Les dieux, descendus sur la terre, en ont pitié et \m fabriquent une femme, fait que M. Hyacinthe Husson, dans " La Qhaîne traditionnelle^ Qontes et Légendes au ^oint de Vue mythique " compare à la création de Pandore par Hephoestos sur l'ordre de Zeus. Il aurait aussi bien pu comparer cette histoire à la légende qui se trouve dans la " Genèse " et y reconnaître Eve... aussi bien que Pandore... mais... il y a le secret. Car Baîti révèle à la femme que le Nil est épris de sa beauté et qu'il pourrait bien l'enlever. Confier pareille chose à une femme, était certes le comble de la naïveté. Naturellement la femme ne pouvait manquer de tenter l'aventure. Le Nil l'assaille, s'empare d'elle, mais l'Acacia la sauve en

jetant à l'eau une boucle de ses cheveux. Cette épave descend le fleuve et est remise à Pharaon qui envoie sur le conseil de ses magiciens, des hommes à la recherche de la fille des dieux. Pour allonger l'histoire, tout d'abord on ne découvre rien, puis l'épouse de Baîti, devenue favorite de Pharaon fait couper l'Acacia pour tuer son mari, '^aîti meurt^ reste durant trois an?îées sans vie et ressuscite à la quatrième. — Comparez avec les trois jours au tombeau du Christ. — Cela est tout naturel en Egypte.

Dans cette histoire abracadabrante que voyons-nous encore \ Pour se venger, Baîti se change en taureau. On l'égorgé ; de son sang naissent aussitôt deux perseas parlantes qui dénoncent la trahison. On abat les deux perseas, on en façonne des meubles en la présence de cette femme enragée. Mais '' un copeau envolé lui entre dans la bouche, elle l'avale, elle conçoit et elle accouche d'un fils qui succède à Pharaon et qui est Baîti réincarné. " — Voilà bien une incarnation extraordinaire ! — Ce fils qui est son propre père,... ne peut pas trop nous étonner dans le récit d'un scribe égyptien, puisque beaucoup de théologiens modernes et bons catholiques, nous enseignent encore aujourd'hui, que le Père et le Fils sont une même personne en 'Dieu... et cela nous étonne moins encore quand nous savons que c'est Khnoumou un dieu qui " fabriqua " la femme, et que ce fils qui était à la fois son propre père, ce fils... envoie, en même temps, son épouse et sa mère au supplice, aussi naturellement que le Père éternel expédie à la croix, son Fils, né de Marie, conçu sans péché, pour l'expiation des fautes des hommes, ou plutôt parce qu'Adam et Eve... avaient mangé du fruit défendu au Paradis

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