‹ Mythes & légendes [microform]Chapitre 13 sur 57 · LE PARJDIS DES LEGENDES · texte numérisé non relu

LE PARJDIS DES LEGENDES

A légende qui nous intéresse le plus étant celle du les Contes

Jésus, il convient que nous jetions, en premier lieu, /^^^ un coup d'oeil sur l'état d'esprit des peuples qui

ancienne

pourraient l'avoir créée.

L'Egypte, et la Palestine, pays des " <EMîlle et une Nuits " par excellence, sont aussi ceux qui ont enfanté le plus de légendes ; beaucoup nous sont connues, mais on en trouvera certes encore. Dans ces légendes la mythologie et l'histoire tiennent le premier rang ; on voit de suite qu'elles ont été écrites par des prêtres ou des scribes dont le but principal était de s'en servir pour influencer ceux à qui elles s'adressaient.

Je ne parlerai pas ici du " Livre des Morts " car ce livre Livre des plein de fantaisie, n'a aucune ressemblance avec un roman, ^ortsquoiqu'il ait cependant servi à en créer un grand nombre. Ces " nouvelles^ " — c'est le terme qui leur convient le mieux, — Les Nouservaient surtout à amuser les princes et ceux qui pouvaient se payer ce luxe.

Le Conte " Le Coîîte des deux Frères " par exemple, qui se trouve es eux actuellement au " ^ritish Muséum " et qui date de 7000 ans,

appartenait a Sêtoui Mainephtah, qui régna sous le nom

de Sêtoui IL II sort de l'officine du scribe Ennana, auquel Papyrus nous devons le Papyrus ^nastasi IV. Il n'offre, pour cette

étude rien qui soit utile d'attirer l'attention du lecteur, ^ sauf

cette dernière phrase :

Quiconque parle contre ce livre, puisse Thot le provoquer en duel. "

Papyrus Une phrase analogue se trouve au verso du Papyrus Sal-

S allier IV /• rrr

Lier IV, et est ainsi conçue :

Fait par le scribe Amânouâ, le maître de cet Enseignement. Quiconque parlera contre cet Enseignement du scribe Amânouâ, que Thot lui livre duel à mort.

Cela me rappelle cette phrase, qu'on me montra un jour écrite sur une vieille Bible :

Celui qui osera critiquer ce livre, mourra et sera damné pour • l'Eternité.

Il fallait donc accepter tout ce que contaient les scribes et les prêtres. Quand les prêtres avaient parlé, l'esprit et l'intelligence devaient rester muets. Cette tyrannie morale a toujours été cause de leur pouvoir sur les esprits faibles. jyo / ^^ Le Papyrus N^ I de St. Pétersbourg débute par cette phrase :

St-Péters-

bourg ^ Maspero. " Les Contes populaires de P Egypte ancienne ".

Il arriva au temps où Sanafrouî était roi bienfaisant de cette Terre entière

Cette phrase que l'on voit presque au début de toutes les légendes qui ont des tendances historiques, se trouve ainsi exprimée dans St. Luc. :

Au temps d'Hérode, roi de Judée, il y avait un sacrificateur nommé Zacharie du rang d'Abia, etc

Dans " r Histoire du Roi Khoufouî et les ^Magiciens " le début VHistoire est aussi fait pour tromper le lecteur ou les auditeurs et com- ^^ ^^^

•^ KhoufouUt

mence par ces mots : les Magi-

ciens La Majesté du roi des deux Egyptes, Khoufouî, à la voix juste dit :

Lors le fils royal, Khâfriya se leva pour parler et il dit : " Je vais faire connaître à ta Majesté un prodige qui arriva au temps de ton père, le roi Nabka, à la voix juste, une fois qu'il s'était rendu au temple de Phtah, maître d' Ankhoutaouî "

Or il a été démontré que pas plus qu'Hérode-roi n'était vivant à l'époque à laquelle on place la naissance de Jésus, pas plus Nabka n'était le père réel de Khoufouî, lequel appartenait à une dynastie antérieure.

La méthode était trop dans les mœurs pour que les évangélistes aient fait exception.

Comme je l'ai déjà dit, les scribes ont été très souvent de mauvais historiens et notre science moderne a déjà découvert de nombreux anachronismes.

i8o LIVRE IL CHAPITRE IL

D'ailleurs " F Histoire du Roi Khoufouî et les éMagiciens " est un vrai conte de fées. Les Egyptiens ont toujours été très friands du merveilleux, — et dans cette nouvelle, on trouve presque autant de faits miraculeux que dans " l'Evangile de r Enfance de yésus. "

Comme dans les Evangiles, nous trouvons parfois dans ces

nouvelles, des passages qui ne sont pas dépourvus de morale. ^

Les Plaintes Voici, par exemple, ce que nous lisons dans " Les Plaintes

du Fellah , t^ // 7 >> i ivi

du Fellah datant du y a 4000 ans :

Or ce fellah disait ces paroles, au temps du roi de la Haute et de la Basse Egypte, Nablcaouriya, à la voix juste. Le maire du palais Marouîtensi alla devant Sa Majesté, et il dit : " Mon Seigneur, j'ai rencontré un de ces fellahs, beaux parleurs en vérité, à qui son bien a été volé par un homme qui relève de moi i voici qu'il vient pour se plaindre à moi de cela ". Le roi dit i " Marouîtensi, si tu me veux conserver dispos, traîne-le en longueur, ne réponds rien à tout ce qu'il dira. Quoi qu'il lui plaise,, rapporte-le-nous par écrit pour que nous l'entendions. Veille à ce que sa femme et ses enfants vivent, et toi, envoie un de ces fellahs pour écarter le besoin de sa maison, fais aussi que ce paysan vive en ses membres, mais quand tu lui feras donner du pain, donne qu'il ne sache pas que c'est toi qui le lui donne. "

Ce passage assez obscur peut être interprété évidemment

' Pour la morale égyptienne voir :

Jules Baillet, " ïiitroduction a V Etude des Idées Morales dans P Egypte antique. "

id. " Le Régime pharaonique dans ses Rapports avec fEvolution de la Morale-

en Egypte. " id. " La Réunion de la Famille dans les Enfers égyptiens. "

E. Amélineau. " La Morale égyptienne quinze Siècles avant notre Ere. " (Bibliothèque de l'Ecole des Hautes Etudes).

LIFRE IL CHAPITRE IL i8i

de plusieurs manières, comme la plupart des paraboles orientales. Si je l'ai cité ici, c'est tout simplement pour qu'il puisse être comparé à certains passages et au style des paraboles des différents évangiles.

Un autre passage intéressant pour cette étude, est le commencement des '■^ ^SVLémoires de Sinouhit'\ Rien n'est plus ^^'^'^'''^■^

,, , • , , 1 . 1 , . de Sinouhit

élémentaire et naturel que la croyance des premiers chrétiens, en un Jésus rédempteur, roi de la Nouvelle-Jérusalem, lequel serait " monté aux deux pour s'asseoir à la droite de son T^ère^ " — comme disent les catholiques d'aujourd'hui, — lorsque l'on songe que les empereurs romains étaient également sensés monter au ciel et que les rois égyptiens l'étaient de même. Le naturel avec lequel le scribe affirme, et celui avec lequel le croyant accepte l'affirmation, est trop transparent dans ce style figuré, pour que le style figuré ne puisse pas avoir été confondu avec la signification de l'idée prise à la lettre. Ainsi s'exprime le scribe :

Le prince héréditaire, l'homme du roi, l'Ami unique, le chacal, administrateur des domaines du Souverain et son lieutenant chez les Bédouins, le connu du roi en vérité et qui l'aime, le serviteur Sinouhit dit :

Moi, je suis le suivant qui suit son maître, le serviteur du harem de la princesse héréditaire, la favorite suprême, l'épouse royale d'Amenemhaît dans Qanofir, Nofrît la dame de féauté. L'an XXX, le troisième mois d'Iakhouît, le 7, le dieu entra en son double horizon, le roi Sahotpiabourîya s'élança au ciel, s' unissant au disque solaire, et les membres du dieu s' absorbèrent en celui qui

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