Chapitre XIX
Et voici qu'une femme descendit de la montagne et elle me dit : " Homme, où vas-tu ?" Et je . dis : " Je cherche une sagefemme juive ". Elle me répondit : " Es-tu de la race d'Israël'' ? Et je lui dis : " Oui ". Et elle repartit : " Et qui est la femme qui enfante dans la grotte ? " Ety^ lui dis : " Celle qui m'a été promise ". Et elle 7ne dit : " Elle n'est pas ta femme? " Yxje lui dis : " C'est Marie qui a été élevée dans le temple du Seigneur^ et elle m'a été donnée comme femme ; et elle n'est pas ma femme, mais elle a conçu du Saint-Esprit ". Et la sage-femme dit : " Est-ce vrai ?. . . " Et Joseph LUI DIT : " Viens voir ". Et la sage-femme alla avec lui.
Il faut convenir que le style de Démosthène n'est pas comparable à celui de St. Joseph ou de St. Jacques. Si Joseph a pris la plume à Jacques, c'est que Jacques lui aura dit, sans doute : " Papa raconte cette histoire, toi-même, tu la connais mieux que moi ". Ainsi tout s'explique. Au Chapitre XXI, Jacques a repris la plume des mains de Joseph et il en écrit encore d'autres ! Au Chapitre XIX, il serait assez difficile de
voir si c'est le père ou le fils qui a écrit, mais il y a une version très naturelle, soit comment un mari peut expliquer la virginité de son épouse devenue mère :
Et la sage-femme sortit de la grotte et elle rencontra Salomé. Et elle lui dit : " Salomé, Salomé, j'ai à te raconter une merveille extraordinaire : une vierge a enfanté contrairement a la nature ". Et Salomé dit : " Par la vie du Seigneur, mon Dieu, si je nj ai mis mon doigt et si je n'ai scruté son sein, je ne croirai pas qu'une femme ait enfanté. "
Si c'est St. Joseph qui a écrit cela, ce n'est vraiment pas naturel ; si c'est son fils, Jacques,... je me demande ce qu'il faut en penser. Et cela finit par :
Or moi, Jacques, qui ai écrit cette histoire, des troubles étant survenus à Jérusalem lors de la mort d'Hèrode, je me retirai dans le désert jusqu'à ce que l'agitation se fût apaisée à Jérusalem glorifiant le Dieu Tout-Puissant qui m'a accordé la faveur et le talent d'écrire cette histoire.
Félicitations ! cher confrère.
Mais le pauvre Jacques ne s'est pas contenté d'écrire un f"^ ^"^^5
évangile, il a aussi écrit " he Livre de la Naissance de la 'îBien- sance de la
heureuse Marie et de P Enfance du Sauveur " qui commence ainsi : Bienheureuse Marie
et de P En— Moi, Jacques, fils de Joseph, vivant dans la crainte de 'D\ç,M,fai y^„^^ ^^
écrit tout ce que fai vu de mes yeux s'accomplir au temps de la Sauveur
Sainte Vierge Marie, ou du Sauveur,...
— Je tiens à faire remarquer que fésus est généralement appelé " le Sauveur " qui est son équivalent. —
rendant grâce à Dieu de m'avoir donné connaissance des histoires de son avènement
Ici le scribe s'est trahi, car il est impossible que le fils de Joseph ait pu écrire ou penser cette phrase.
en me montrant
la plénitude des temps pour les douze tribus d'Israël.
Matthieu
Pseudo- ^ AiNT JÉRÔME quî doit avoir été un honnête homme, un
peu faible de caractère et assez simple d'esprit, refuse
d'attacher foi au " Fseudo-Matthieu ". Cependant il a bien
voulu avoir l'obligeance de nous traduire ce livre en latin.
Nous y lisons :