PAR MONTCONTOUR (C.-DU-N
St. Mamert est i/ivoque pour les maux de njentre. St. Li-x>ertin pour les maux de tête. St. Houarn'taule qui tient un loup en laisse (le loup ne se nj oit pas ici) four la peur et St. Meen pour la folie.
Et comme Thomas, qui n'avait pas assisté au miracle de l'assomption, refusait d'y croire,
Je crois que ce Thomas était encore le plus sensé de tous, à moins qu'il ne fût le plus niais.
voici que la ceinture (?)
qui entourait le corps de la Vierge tomba du ciel dans ses mains, intacte et encore nouée, de manière à lui faire comprendre que le corps de la Vierge avait été emporté tout entier au ciel.
On juge de sa surprise ! Le bienheureux Jacques de Voragine est aussi un peu de mon avis, car il dit : " l'absence et le doute de Thomas doivent être rejetés sans hésitation ". Puis il continue :
On dit encore que les vêtements de la Vierge sont restés dans le tombeau, pour la consolation des fidèles.
D'où je me permets de déduire que nous aurons le plaisir de voir la Vierge dans le Paradis telle que se montra Vénus le jour où elle naquit de la blanche écume des flots. Si toutes les Vierges en Paradis sont dans cette tenue... cela ne ressemblera pas à une cathédrale. Dame ! cela ne fait-il pas songer au Paradis de Mahomet t
Que nous prouve, après tout, cette histoire .?
Elle nous prouve une chose, c'est que n'ayant pas pu démontrer, après la mort du Christ, où il fut enterré et où fut enterrée sa mère, on inventa le conte qui nous rapporte qu'ils montèrent tous les deux au ciel avec leur corps. Uhistoire de
Fktichks europkkns. Lks Saints guérisseurs de Notre-Dame-du-Haut
par montcontour (c.-du-n.)
St. Mamert est invoque pour les maux de -ventre, St. Li-vertin pour les maux de tête, St. Hoiiarniaiile qui tient un loup en laisse (le loup ne se -voit pas ici) pour la peur et St. Meen pour la Jolie.
F ascension de y es us et de <SV[arie est la preulDe la plus évidente^ quils ne vécurent jamais.
Et voici maintenant encore d'autres preuves :
Le thème de la conception virginale est en contradiction avec les Evangiles, où nous voyons que, d'après la généalogie, Joseph serait un descendant de David, donc père naturel du Christ. Or ces deux généalogies sont en contradiction l'une avec l'autre, puisqu'elles sont différentes. Il y a conséquemment ici un faux.
Mais on admet facilement que le Saint-Esprit y ait été pour quelque chose quand on sait que Joseph épousa Marie, à l'âge de quatre-vingts ans alors que Marie n'en avait que i 5 tout au plus. Or Matthieu nous rapporte qu'il avait bel et bien l'intention d'en faire sa femme et que la voyant enceinte... de l'œuvre du Saint-Esprit, il conçut d'abord le projet de l'abandonner. Franchement ! la mentalité de Saint Joseph, ce vieillard de 80 ans qui épouse une petite fille, qu'il croit vierge encore, et qui a à peine quinze printemps, ne peut pas être donnée en exemple. Quelle famille ! Il a eu de la chance^ St. Joseph, de ne pas vivre à notre époque, en Belgique, car s'il avait vécu au pays dont il est le patron, il aurait été condamné pour débauche de mineure, à 15 ans de prison, et les catholiques auraient tous été d'accord pour dire que c'était : " un vieux satyre".
Mais comment naquit alors l'idée de faire naître le Sauveur d'une vierge ? De tout temps les Sauveurs étaient, pour la plupart, nés d'une vierge avec le concours d'un dieu. Le Christ ne pouvait pas faire exception. Joseph devint ainsi, probablement, le père du corps, et Dieu le Père, le père de
l'âme divine qui l'animait. L'âme du corps était le Jésus des Gnostiques, et c'est pourquoi dans les évangiles, Joseph est le père de Jésus et le descendant de David... alors que la race de David avait disparu au cours de la Captivité de Babylone.
Un copiste qui avait remarqué ce fait, en contradiction avec la croyance en un Jésus fils de Dieu^ eut soin d'ajouter au texte de Matthieu, le récit de l'apparition de l'ange, c'est-à-dire les versets i8 à 21, 24 et 25.
Matthieu fait naître Jésus sous Hérode, et Jésus ne revient en Galilée que sous le règne d'Archélaùs.
L'Evangile de F Enfance nous le montre vivant en Egypte jusqu'à l'âge de douze ans à peu près.
A douze ans, nous le trouvons dans le temple, et sa mère ignore totalement sa mission, de même que son père. Comment Joseph a-t-il pu oublier, de même que sa mère Marie, tout ce qui est dit dans les Evangiles au sujet de ses origines divines t
Mais voici qu'on tranche la tête à Jean-Baptiste, trois ans avant la mort de Jésus. Or dans " F Histoire de 'Joseph le Qharpentier '' nous trouvons au chapitre VIII :
Et voici que Satan s'en fut avertir Hérode le Grand, le père d'Archélaùs. — Qest cet Hérode qui fit trancher la tête de Jean, mon ami et mon pare?it. — Il me fit rechercher pensant que mon royaume était de ce monde. Joseph le pieux vieillard en fut averti en songe ........
Voilà donc Jean, ami de Jésus^ décapité par Hérode, lequel vivait avant la naissance de yésus^ lors du Recensement de Quirinus, qui eut lieu onze ans après la mort d' Hérode I III II
Et plus loin nous lisons :
Et lorsque ce perfide et impie Hérode fut mort, ils retournèrent dans la terre d'Israël et se fixèrent dans la ville de Galilée qui s'appelle Nazareth...
Quelles contradictions !
Vraiment la chronologie de l'Evangile et celle de l'histoire sont inconciliables !
St. Jean Lorsque nous alignons les différentes dates des faits évangé- / Evangé- liques et que nous les comparons aux faits historiques, nous remarquons bien vite qu'aucun évangéliste n'a réellement connu Jésus. Celui qui est le plus exact au point de vue historique, est l'Evangéliste St. Jean. Or il se fait que c'est précisément celui qui est le plus invraisemblable au point de vue des miracles, et celui qui aurait écrit en dernier lieu son évangile. — Ce qui pourrait encore être discuté. — D'ailleurs ce Jean, qu'on dit être le disciple bien-aimé, n'était pas un Juif, et la preuve, c'est cette phrase :
Ils prirent le corps de Jésus et l'enveloppèrent de linges, avec des drogues aromatiques, suivant la coutume des Juifs. (XIX. 40)
Enfin cet Evangile est tout à fait en opposition avec les autres. Tout ce qu'il rapporte ne se trouve pas dans les autres évangiles, sauf l'onction de Madeleine, l'entrée triomphale à Jérusalem, la trahison de Judas, quelques passages de la passion et c'est tout. Pour tout le reste Jean est en contradiction avec les autres et les autres sont en contradiction avec lui. C'est le motif pour lequel M. Loisy s'est d'ailleurs vu dans l'impossibilité de comparer ses textes avec celui des autres Evangélistes \
^ Voir le parallèle qu'en a fait le Père Didon dans son ouvrage ^^Jésus-Christ " T. II.
Voici, pour vous en donner une idée, les différentes dates ayant trait à la vie de Jésus, telles qu'elles sont classées parmi les autres à la table chronologique qui se trouve à la fin de ce volume.
Av. J. C.
i^"^. Naissance de St. Joseph. En sxx^^os^int' Chronologie
qu'il vécut III ans et épousa Marie lorsqu'il avait i^po^^^oh n de la Vie
80 ans. j 1 r '11
delajamiUe
2® Naissance de St. Joseph. D'après " P Histoire du Christ de Joseph le Charpentier ", Joseph aurait épousé Marie quand il avait 25 ans.
Naissance de Marie, mère de Jésus.
Mariage de Joseph avec Marie.
Environ "] ou 6 mois plus tard :
Première naissance de Jésus. Massacre des Innocents, fuite en Egypte ou à Capharnaûm.
Mortd'Hérode. Retour d'Egypte ou de Capharnaûm.
Naissance de Jésus d'après le calcul de Denys le Petit.
Recensement de Quirinus. Troisième naissance de Jésus. Nouveau massacre des Innocents par Hérode... décédé. Nouvelle tuite en Egypte.
Année de la mort de Jésus d'après le rapport de Pilate, mentionné par Eusèbe.
Année de la mort de Joseph en tenant compte qu'il vécut III ans et épousa Marie à 80 ans.
Epoque vers laquelle Jésus aurait eu une trentaine d'années et où Jean-Baptiste se mit à prêcher le long du Jourdain.
} Mort de Jean-Baptiste. On a vu aussi qu'il est mort sous Hérode le Grand, d'après "/'///j/oir^ de Joseph le Charp entier ''\
Ap. J. C
30 ou 33
41 ou 44
45 ou 48
L/FiJE //. CHAPITRE IIL
(11 ans après la mort de Jésus^ suivant le rapport de Tilate^ mentionné par Eusèbe). Mort de Marie, mère de Jésus, d'après le " Livre du Passage de Ste. Marie " et le " Discours de St. Jean le Théologien sur la Résurrection de la Ste Mère de Dieu ".
Le 14 Nisan. Mort de Jésus d'après Luc.
(15 ans après la mort de Jésus ^ suivant le rapport de Tilate, mentionné par Eusèbe) Mort de Marie, mère de Jésus, d'après l'auteur du livre : " La Mort de la Vierge Marie ".
Année de la mort de Marie, mère de Jésus, en supposant qu'elle n'atteignit que 57 ans comme le prétend Evodius.
(11 ans après la mort de Jésus suivant V Evangile selon Luc)^ Mort de Marie, mère de Jésus d'après le " Livre du Passage de Sainte Marie " et le " Discours de St. Jean le Théologien, sur la Résurrection de la Ste. Mère de Dieu ".
Année en laquelle Jésus aurait commencé à prêcher, suivant St. Jean l'Evangéliste,... le disciple bien-aimé.
Année en laquelle serait mort Jésus d'après le disciple bien-aimé... St. Jean l'Evangéliste. (le 15 Nisan). — Fait confirmé (J) par un rapport adressé à Claude par Pilate (!)... comme procurateur de Judée... mais qui ne l'était plus, vu qu'il était remplacé par Cuspius en cette année.
(15 ans après la mort de Jésus d' après Luc) Mort de Marie, mère de Jésus, d'après l'auteur de " La Mort de la Vierge Marie ".
Année de la mort de Marie, mère de Jésus, en supposant qu'elle atteignit 70 ans.
Année de la mort de Marie, mère de Jésus, à
SS
l'âge de 72 ans selon Epiphane, en supposant qu'elle ait mis Jésus au monde à l'âge de 15 ans.
Année pendant laquelle serait mort Jésus d'après St. Jean, le disciple bien-aimé, en tenant compte que Jésus soit venu au monde lors du Recensement de Quirinus comme l'affirme Luc.
( 1 1 ans après la mort de Jésus suivant F Evangile de St. Jean), Mort de Marie, mère de Jésus, d'après le " Livre du Tassage de S te. Marie "et le " Discours de St. Jean le Théologien sur la Résurrection de la Sainte Mère de Dieu ".
Année qu'on dit être celle pendant laquelle Marie, mère de Jésus serait morte, les uns disent à Ephèse, les autres à Jérusalem.
(15 ans après la mort de Jésus suivant T Evangile de St. Jean). Mort de Marie, mère de Jésus, d'après l'auteur du livre : " La Mort de la Vierge Marie ".
Année de la mort de Marie en supposant qu'elle soit morte 11 ans après c^ç,.
Année de la mort de Marie en supposant qu'elle soit morte 15 ans après 55.
Année de la mort de St. Joseph en supposant qu'il ait vécu m ans et qu'il ait épousé la Vierge Marie à l'âge de 25 ans.
Je croyais avoir terminé ma table chronologique lorsque tout à coup je tombe sur ce passage de Jacques de Voragine :
(Il s'agit de Marie, mère de Jésus).
Epiphane nous apprend qu'elle survécut vingt-quatre ans à l'ascension de son fils. Il ajoute que comme la Vierge avait quinze ans lorsqu'elle mit au monde le Christ, et comme celui-ci avait passé sur cette terre trente-trois ans, elle avait donc soixante-douze
ans lorsqu'elle mourut. Mais il paraît plus probable d'admettre comme nous le disons ailleurs, qu'elle ne survécut à son fils que douze ans, et qu'elle avait soixante ans lors de son assomption : car " /'Histoire ecclésiastique " nous dit que, pendant douze ans, les apôtres prêchèrent en Judée et dans les régions voisines.
Jacques de Voragine, s'étant aperçu qu'aucune date n'était vraisemblable, s'est empressé au XIIT siècle de corriger les erreurs de ceux qui auraient vécu en même temps que la Vierge Marie. Et il s'est dit : Si la Vierge avait quinze ans, lorsqu'elle mit au monde Jésus, elle devait en avoir 15 + 33 ^ ^^ niort de son fils, les apôtres étant restés en Judée durant 12 ans, il fallait encore ajouter 1 2 ans à ce nombre pour obtenir un nombre d'années plus ou moins vraisemblable, ainsi Jacques de Voragine a obtenu 15 + 33 + 12 = 60 années. Que cette date concorde avec celle de Luc, c'est bien naturel, puisque Jacques de Voragine prend celle de Luc comme base de ses calculs. ^ Tout cela nous démontre que pour prouver l'existence du Christ, il n'y a aucun argument sérieux sur lequel on puisse se baser sans suspicion de faux.
L'homme sincère et consciencieux qui voudrait peser tous les faits afin de trouver la vérité dans les évangiles, serait l'homme le plus malchanceux du monde ; la vérité de l'évangile est glissante comme l'anguille et lorsque l'on croit la
^ Comment se fait-il que le plus grand nombre de faits viennent confirmer que c'est vers l'âge de 33 ans, c'est-à-dire sous le Procuratat de Pilate que Jésus est mort ? C'est précisément parce qu'on le fait mourir sous le Procuratat de Pilate, qu'il arrive à avoir 33 ans. Mais beaucoup d'auteurs semblent avoir ignoré à quelle époque Ponce Pilate était procurateur de Judée, et c'est là qu'ils se trahissent;
tenir, un moment de réflexion suffit pour qu'elle vous échappe aussitôt.
Certes, il faudra encore du temps pour que ces livres perdent le prestige que leur a donné leur caractère sacré ; mais avec le temps, quand les hommes seront devenus meilleurs, et qu'ils auront acquis la vraie science qui approfondit, pèse et contrôle sans intérêt ni parti fris ^ ils admettront que la vie de Jésus n'est qu'une légende, comme tant d'autres, laquelle fut écrite par des scribes qui ne visaient que deux buts : celui d'abord de pouvoir vivre de la crédulité des gens de leur époque, tout en les dominant, ensuite celui de leur tracer une ligne de conduite qu'ils croyaient plus morale.
En l'examinant de près, nous nous apercevons alors, que la vie de Jésus, n'était en réalité qu'un beau roman, et que " Bonne Nouvelle " en était le titre.
Ce fils de Dieu, vivant au milieu du peuple, disant la vérité aux grands qui méprisaient leurs sujets et aux prêtres qui les exploitaient, relevant les petits, abaissant les orgueilleux, ne pouvait être que sympathique à la foule, qui jusqu'alors n'avait entendu parler dans les légendes que de princes, de héros et de tyrans. Ce beau conte, à la portée de tous, remporta vite un vif succès, et chacun aimait entendre raconter l'histoire de ce Jésus de Nazareth, qui était le fils de Dieu et qui avait été crucifié par les Juifs, pour avoir enseigné l'amour du prochain. Aussi chaque auteur voulait-il être mieux renseigné que son confrère, et tous arrangeaient le récit à leur façon ; les Gnostiques y mêlèrent la science néo-platonicienne ; les Egyptiens, la magie et la sorcellerie ; les Juifs, les prophéties ; les Grecs et les Romains, la philosophie. Beaucoup y attachèrent
foi, comme à Theure actuelle, un grand nombre de personnes croient vraiment ce qu'elles lisent dans les romans et dans leurs feuilletons. Ces feuilletons alors se lisaient à haute voix par \a77iba dans les assemblées et c'est ainsi que se formèrent les premières églises et la grande Eglise catholique, apostolique et romaine, mère de toutes les autres.
Coupe de la Bibliothîïque Vaticane
TABLE CHRONOLOGIQUE
TABLE CHRONOLOGIQUE