‹ Mythes & légendes [microform]Chapitre 34 sur 57 · PL · texte numérisé non relu

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elle halette à la clarté d'un long cierge, et des femmes à genoux prient en attendant la mort de la voyante à qui seraient apparues la Vierge, sainte Angèle, sainte Ursule. Devant la maison mystérieuse, la foule augmente toujours.

MMs pourquoi courir encore jusqu'à Bergame, voici ce que les journaux nous rapportent comme s'étant passé près de Dijon en juillet 19 13.

Une scène peu ordinaire vient de se dérouler dans le petit ^°J^^ ^^^^' cimetière de Magny-sur-Telle, près de Dijon : Un véritable culte ^^^"•^^/^" était rendu depuis quelque temps à la tombe d'une vieille demoiselle, M"^ Sauvestre, qui, de son vivant, passait pour avoir miraculeusement guéri les malades.

L'évêque de Dijon s'était vu forcé d'intervenir et avait interdit aux fidèles toute manifestation sur le tombeau ; mais plusieurs pieuses paysannes se montraient fort mécontentes de la décision épiscopale. Elles déclaraient que la demoiselle Sauvestre était une sainte méconnue ; elles affirmaient à l'appui de leur allégation que son corps était intact dans la tombe. Elles firent tant qu'elles obtinrent le droit de faire exhumer le cercueil.

Un grand nombre de personnes étaient présentes à l'exhumation parmi lesquelles deux médecins chargés de constater l'état du cadavre et un notaire pour rédiger un procès-verbal.

Le cercueil fut mis à jour et ouvert ; il ne contenait, naturellement, que des ossements décharnés. Cependant, plusieurs des assistantes ne persistèrent pas moins dans leur foi et, se précipitant vers le cercueil, firent toucher au squelette divers objets, qui sont maintenant, selon elles, devenus miraculeux.

Chose plus horrible : certains témoins de la scène affirment que de la matière et des cendres ont été mélangées avec de l'eau, laquelle aurait été donnée à boire à des croyants.

En matière religieuse toutes les folies s'expliquent. idaptatmn "jjn dernier échantillon de prose orientale, mais moderne cette fois-ci, sera peut-être utile. Voici comment la " Novqjo Wrenja''' de St. Pétersbourg raconte en 19 13 la prise de Scutari. Je crois cependant nécessaire de prévenir mes rares lecteurs qui l'ignoreraient, que l'événement dont il s'agit ici, s'est passé également en 191 3. Mais lisez donc cet échantillon de style religioso-politique :

Alors que les cloches de Pâques, écrit M. Renikof, allaient sonner chez nous, la joyeuse nouvelle se répandit de la sainte résurrection et du mystère qui venaient de s'accomplir dans un coin montagneux des Balkans. Aucun tableau médiéval représentant les souffrances du Seigneur n'est aussi plein de sens symbolique que cette image déployée par la Providence devant les yeux de l'Europe d'aujourd'hui.

Or le mystère commença par un négoce avec le Monténégro pour 30 millions de deniers. Le Judas autrichien donne au peuple monténégrin le baiser du traître et fait sonner les deniers à l'oreille du roi. Il s'ensuivit alors le mystère du jardin de Gethsémani. Après deux nuits de longues souffrances, le roi décida la résurrection du peuple. Et les Tchernagores exténués et éborgnés portèrent leur croix à l'antique Skadr (Scutari) et leur sang coula aux malédictions et aux railleries du populaire qui se trouvait là et les pharisiens de la diplomatie manifestèrent leurs moqueries et leur haine. Les Tchernagores gravirent néanmoins la montagne et là ils attendirent que la garde internationale, laquelle bloquait les rivages, procédât à leur crucification.

Et comme par miracle s'accomplit la résurrection du peuple. Le tombeau que l'Europe avait recouvert avec les lourdes pierres de l'entente internationale se montra impuissant à contenir l'esprit qui allait s'envoler. Et à ce spectacle inouï l'escadre qui entourait

le tombeau se dispersa violemment. Un peuple qui pendant des siècles était resté comprimé sous les pierres de l'histoire, venait de ressusciter ! Et ce peuple montrait qu'il y a quelque chose de plus sublime que les cuirassés et les dreadnoughts, quelque chose de plus puissant que la voix des foules criant dans leur fureur cruelle ? Qructfie-le !

Jésus-Christ est ressuscité, malgré les gardiens, malgré les ordres de Pilate et les sommations des Juifs cruels. Ainsi ressuscite tout ce qu'il y a au monde de grand, d'héroïque et d'éternel. C'est une résurrection contre toute attente et qui ébranle l'univers stupéfait. Les nuages se rassemblent, le tonnerre gronde, la terre s'entr'ouvre... Mais ce tonnerre a un grondement joyeux et ces nuages répandent une éclatante lumière. Ils donnent le signal auquel les morts sortent de leurs tombeaux, auquel le soleil recommence à luire sur leurs fronts. Et les morts sont rendus à une vie nouvelle, faite par la mort plus lumineuse et plus profonde.

J'ai surtout voulu vous donner ce récit de la prise de Scutari — - si cela peut s'appeler ainsi, — afin de montrer avec quelle facilité certaines personnes peuvent adapter à leurs récits des prophéties et même des vies entières, alors que celles-ci n'ont aucun rapport avec le sujet que l'auteur développe.

N jour, au XVP siècle, des marins hollandais, revenant^'' ^^««''^ des régions polaires, racontèrent qu ils avaient trouve,

au Groenland, -un canard d'une espèce spéciale, qui au lieu de naître d'un œuf couvé, naissait spontanément de la vase de mer attachée aux débris de bois flottants ; pour cette raison ils l'appelaient " canard d^échalas ". Il se formait une forme de

moule, dont sortait un petit ver qui, en se développant devenait palmipède.

Le naturaliste Egidius qui vivait vers cette époque, eut joi " en ce canard " et l'inséra dans sa description de la faune groenlandaise en l'accompagnant de remarques fort savantes sur la " concha aiiatifera ", moule étrange qui produit des canards au lieu de perles. Le cosmographe Sébastien Muenster, admit une variante ; selon lui, c'était un arbre, qui, poussant sur la côte, laissait tomber son fruit, une sorte de capsule, d'où sortait un canard vivant.

Or la légende de Jésus tient aussi un peu de celle du canard groenlandais. Beaucoup de savants lui ont consacré un nombre considérable de livres pédants, pleins de citations latines et grecques, dans lesquels ils attachaient une importance capitale à la signification de certains mots, tout en oubliant les points capitaux. Ces docteurs ont étudié en latin, en grec en arabe la vie de Jésus, et ne se sont même pas aperçus que cette histoire n'était qu'un conte comme celui du canard. Aujourd'hui que la vérité est flagrante, on voit encore des savants de la Fa liée- coramç, M. de la Vallée-Poussin \ avec un aveuglement, qui ^trTle^théô ^^^"^ ^^ prodige, défendre la cause qu'il n'y eut " aucun ries tram- rapport entre le Bouddhisme et le Christianisme", et croire à la

formiste et légende chrétienne et non à la léijende bouddhique alors que èvolutio- ° , j

nistes l'une n'est pas plus vraisemblable que l'autre. Que M. de la

Vallée-Poussin, sous certains rapports, n'ait raison, je ne

l'affirmerai pas, mais qu'il agit avec l'esprit de parti qui càrac-

' Dktionfiaire Apologétique de la Foi Catholique contenant les Preuves de la Vérité de la Religion, les Réponses aux Objections tirées des Sciences humaines, sous la direction de A. D'Alès, Fascicule IX, mot : " Inde'''' page 687.

térise tous les théologiens, cela je l'affirme. M. de la Vallée- Poussin nie certains faits, ce qui me ferait douter de sa connaissance des évangiles, comme la " rencontre dejésus et des malades, des différents vieillards, de Lazare.... " qu'il prétend ne pas avoir été transposé " de la même manière " — évidemment ! — dans la légende du Christ que dans celle de Bouddha. Monsieur de la Vallée-Poussin semble vouloir démontrer que les légendes chrétiennes n'ont pas été COPIEES des légendes indoues ; je suis absolument de son avis ; mais je prétends qu'elles ont été introduites à Alexandrie où elles ont été simplement adaptées à un autre milieu. Après avoir mûrement pesé la défense de l'originalité de la légende chrétienne faite par M. de la Vallée- Poussin, j'ai été convaincu, une fois de plus, qu'entre la Science et la Religion il existe un large fossé : la religion défendant d'accepter "ce qui crève les yeux ", du moment que le dogme est en danger.

MAIS je ne pourrais pas terminer cet ouvrage, sans vous Les parents donner le plus péremptoire des arguments contre ^ ■^^ l'existence du Jésus, c'est-à-dire le silence qui règne autour de sa mère et de son père. Les seuls écrits que nous possédions parlant de ces deux personnes, fort importantes pourtant, sont des apocryphes faits pour la plupart en Egypte.

Aucun apôtre ne nous a laissé une preuve de leur existence.

Dans les Evangiles, il n'est qu'une fois question de Joseph, c'est-à-dire lorsque Jésus a douze ans et se retrouve dans le temple. A partir de ce moment, il n'est plus parlé de lui.

Pour ce qui concerne Marie, il n'est plus question d'elle après la Pentecôte.

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Les Actes et les Epîtres ne nous fournissent plus aucun renseignement à leur sujet.

Jacques, frère de Jésus, ce personnage inventé de toutes pièces, " auteur " de l'Evangile qui porte son nom, lui non plus, n'en dit plus mot.

Nous possédons un " Discours de saint Jean le Théologien sur la Résurrection de la Sainte éMere de Dieu " lequel tient plus du roman que de l'histoire, de même que le " le Livre du Passage de Sainte Marie " et " La Mort de la Vierge Marie " dont il existe une traduction d'Edouard Dulaurier.

D'après Méliton, [Livre du Passage de la très Sainte Vierge^ Mère de ^Dieu^ III) : Marie habitait une maison près du Mont des Oliviers.

D'après " V 'Evangile de ^ar-TalmaV^ : elle aurait suivi les disciples en Galilée.

D'après le " Livre du Passage de Sainte Marie " : elle habita la Montagne de Sion.

D'après " La Mort de la Vierge Marie " : elle habita Jérusalem.

Paul n'a pourtant jamais vu ni Jésus ni Marie.

Simon le Magicien se trouve dans le même cas.

Personne ne peut affirmer quelque chose de positif qui soit vraisemblable et non contredit par un autre.

Plusieurs prétendent que la Vierge se retira à Ephèse, avec St. Jean, le disciple bien-aimé.

Comme le Christ était monté au ciel avec son corps, il fallait que la Sainte Vierge l'y rejoignît également avec son corps ; et voici son histoire telle que Jacques de Voragine nous la rapporte dans " Légende Dorée " :

Un jour, comme le désir de revoir son fils agitait très vivement Légende de

la Vierge et la faisait pleurer très abondamment, voici qu'un ange /« Mort et

entouré de lumière se présenta devant elle, la salua respectueuse- ^ /"

. . somption

ment comme la mère de son maître, et lui dit : "Je vous salue, ^^/^^/^^„^ bienheureuse Marie ! Et je vous apporte ici une branche de Marie palmier du paradis, que vous ferez porter devant votre cercueil, dans trois jours, car votre fils vous attend près de lui ! " Et Marie : " Si j'ai trouvé grâce devant tes yeux, daigne me dire ton nom ! Mais surtout je te demande avec instance que mes fils et frères, les apôtres, se rassemblent autour de moi, afin que je puisse les voir de mes yeux avant de mourir, et rendre mon âme à Dieu en leur présence^ et être ensevelie par eux ! Et je te demande encore ceci : que mon âme en sortant de mon corps, ne rencontre aucun méchant esprit et échappe au pouvoir de Satan ! Et l'ange : " Pourquoi désirez-vous savoir mon nom, qui est grand et admirable ? ^ Mais sachez qu'aujourd'hui même tous les apôtres se réuniront ici, et que c'est en leur présence que s'exhalera votre âme ! Car celui qui, jadis, a transporté le prophète de Judée à Babylone, celui-là n'a besoin que d'un moment pour amener ici tous les apôtres. Et quant au malin esprit, qu'avez-vous à le craindre, vous qui ^vez broyé sa tête sous votre pied, et l'avez dépouillé de son pouvoir ? " Cela dit, l'ange remonta au ciel ; et la palme qu'il avait apportée brillait d'une clarté extrême. C'était un rameau vert, mais avec des feuilles aussi lumineuses que l'étoile du matin.

Or comme saint Jean prêchait à Ephèse, une nuée blanche le souleva, et le déposa au seuil de la maison de Marie. Jean frappa à la porte, entra et salua respectueusement la Vierge. Et elle pleurant de joie : " Mon fils Jean, tu te souviens des paroles de ton maître, qui m'a recommandée à toi comme une mère, et toi à moi comme un fils. Et voici que le Seigneur me rappelle, et que

^ Voilà un ange modeste tout au moins.

je confie mon corps à ta sollicitude. Car j'ai appris que les Juifs se proposaient, dès que je serais morte, de ravir mes restes et de les brûler. Mais toi, fais porter cette palme devant mon cercueil lorsque vous conduirez mon corps au tombeau ! " Et Jean lui dit : "Oh ! comme je voudrais que tous les apôtres, mes frères, fussent ici pour préparer tes funérailles, et proclamer tes louanges ! " Et pendant qu'il disait cela, tous les apôtres, dans les lieux divers où ils prêchaient, furent soulevés par des nuées, et déposés devant la maison de Marie. Et quand ils se virent réunis là, ils se dirent tout surpris ; " Pour quel motif le Seigneur nous a-t-il rassemblés aujourd'hui ? " Alors Jean sortit vers eux, leur annonça la mort prochaine de la Vierge, et ajouta : " Prenez garde, mes frères, à ne point pleurer quand elle sera morte, de peur que le peuple en voyant vos larmes, ne soit troublé et ne se dise : " Ces gens-là prêchent aux autres la résurrection, et eux-mêmes, ils ont peur de la mort ! " Et saint Denis, le disciple de Saint Paul, dans son livre sur les Noms de Dieu^ nous fait un récit analogue, ajoutant que lui aussi était là, et que la Vierge sommeillait pendant l'arrivée des apôtres.

Quand la Vierge vit tous les apôtres réunis, elle bénit le Seigneur et s'assit au milieu d'eux parmi les lampes allumées. Or vers la troisième heure de la nuit, Jésus arriva avec la légion des anges, la troupe des patriarches, l'armée des martyrs, (.?) les cohortes des confesseurs, (?) et les chœurs des vierges ; (.?) et toute cette troupe sainte, rangée devant le trône (?) de Marie, se mit à chanter des cantiques de louanges. Puis Jésus dit : " Viens, mon élue, afin que je te place sur mon trône, car je désire t'avoir près de moi 1 " Et Marie : " Seigneur, je suis prête 1 " Et toute la troupe sainte chanta doucement les louanges de Marie. Après quoi, Marie elle-même chanta ; " Toutes les générations me proclameront bienheureuse, en raison du grand honneur que me fait celui qui peut tout ! " Et le chef du chœur céleste entonna : " Viens du Liban, fiancée, pour être couronnée ! " Et Marie :

"Me voici, je viens, car il a été écrit de moi que je devais faire ta volonté, ô mon Dieu, parce que mon esprit exultait en toi 1 " Et ainsi l'âme de Marie sortit de son corps, s'envola dans le sein de son fils, (?) affranchie de la douleur, comme elle l'avait été de la souillure/ Et Jésus dit aux apôtres : "Transportez le corps de la Vierge dans la vallée de Josaphat, déposez-le dans un monument que vous y trouverez, et attendez-moi là pendant trois jours ! " Et aussitôt le corps de Marie fut entouré de roses et de lys, symbole des martyrs, des anges, des confesseurs et des vierges. Et ainsi l'âme de Marie fut emportée joyeusement au ciel, où elle s'assit sur le trône de gloire à la droite de son fils.

Mais ce n'est pas tout, quoique cette page de roman soit la plus invraisemblable que l'on puisse imaginer, le récit ne s'arrête pas ici encore, et voici la suite de cette poétique histoire :

Pendant ce temps, trois vierges qui se trouvaient là, dévêtirent le corps pour le laver ; mais aussi longtemps que dura leur travail, le corps brilla d'une telle lumière, qu'elles-mêmes qui le touchaient ne parvenaient pas à le voir. (1) Puis les Apôtres soulevèrent pieusement le corps et le posèrent dans un cercueil. Et Jean dit à Pierre : " C'est toi, Pierre, qui porteras cette palme devant le cercueil ; car le Seigneur t'a préféré à nous, et t'a constitué le berger de ses brebis!" Et Pierre: "C'est à toi, plutôt, de la porter ! car tu as été élu par le Seigneur pendant que ton corps était encore vierge, (?) et c'est toi aussi qui as été jugé digne de reposer sur le sein du Seigneur. Tu porteras donc cette palme ; et moi, je porterai le cercueil avec les porteurs, pendant que les autres frères, entourant le cercueil, chanteront les louanges de Dieu". Et Paul dit: " Moi, je suis le plus petit de vous tous, je

^ Elle eut, sous ce rapport, plus de chance que St. Joseph et que Jésus lui-même qui moururent en souffrant.

porterai le cercueil avec toi ! " Pierre et Paul soulevèrent donc le cercueil ; et Pierre entonna : " Extit Israël de Mgypto^ alléluia I " Et les autres apôtres suivirent en chantant. Et le Seigneur couvrit d'un nuage le cercueil et les apôtres, de telle façon qu'on entendait leur voix sans les voir. Et des anges s'étaient joints aux apôtres, chantant aussi, et remplissant la terre de sons merveilleux. Attirés par la douceur de cette musique, tous les Juifs accouraient, s'informant de ce qui se passait. Quelqu'un leur dit : " C'est Marie que les disciples de Jésus portent au tombeau ! „ Sur quoi les Juifs de prendre les armes et de s'exhorter l'un l'autre, en disant : " Venez, nous tuerons tous les disciples et nous brûlerons ce corps qui a porté l'imposteur ! " Et le prince des prêtres furieux, s'écria : " Voilà donc le tabernacle de celui qui a troublé notre race ! Et voilà les honneurs qu'on lui rend ! " Ce disant, il voulut s'approcher du cercueil pour le jeter à terre. Mais aussitôt ses deux mains se desséchèrent, et restèrent attachées au cercueil, pendant que les anges, cachés dans les nuées, aveuglaient tous les autres Juifs

On se demande comment après un pareil prodige, toute la Palestine n'ait pas été convertie !

. Et le prince des prêtres gémissait en disant : " Saint Pierre, ne m'oublie pas dans ma peine, mais prie ton Dieu pour moi ! Rappelle-toi comment, un jour, je te suis venu en aide et t'ai excusé, quand une servante t'accusait ! " " Et Pierre lui dit : " Je n'ai pas le loisir de m'occuper de toi ; mais si tu veux croire en Jésus-Christ et en celle qui l'a enfanté, j'espère que tu pourras recouvrer la santé!" Et le prince des prêtres: "Je crois que Jésus est le fils de Dieu et que voici sa sainte Mère ! " Aussitôt ses mains se détachèrent du cercueil; mais ses bras restaient desséchés et endoloris. Et Pierre lui dit : " Baise ce cercueil et dis que tu crois en Jésus-Christ ! " Ce qu'ayant fait, le prêtre

recouvra aussitôt la santé ; et Pierre lui dit : Prends cette palme des mains de notre frère Jean, et pose-la sur les yeux de tes compagnons privés de la vue ; et tous ceux d'entre eux qui croiront recouvreront la vue ; mais ceux qui refuseront de croire seront privés de leur vue pour l'éternité ! "

Et dire que Flavius Josèphe ne signale même pas ce prince des prêtres ! Quel Juif!... Est-il possible de l'être à ce point,... alors que les Apôtres sont tous morts pour leur foi... leur bonne foi !...

Puis les apôtres déposèrent la Vierge dans le monument qui l'attendait, et s'assirent à l'entour, comme Jean le leur avait ordonné. Et le troisième jour, Jésus vint avec une troupe d'anges, les salua et leur dit : " Que la paix soit avec vous! " A quoi, ils répondirent : " Gloire à Toi, Seigneur ! " Et Jésus leur dit : " Quel honneur pensez-vous que je doive accordera celle qui m'a enfanté ^ " Et eux : " Nous croyons, Seigneur, que, de même que tu règnes dans les siècles des siècles, vainqueur de la mort, de même tu ressusciteras le corps de ta mère, et la placeras à ta droite pour l'éternité !" Et aussitôt apparut l'archange Michel, présentant au Seigneur l'âme de Marie. Et Jésus dit : " Lève-toi, ma mère, ma colombe, tabernacle et gloire, vase de vie, temple céleste, afin que de même que tu n'as pas senti la souillure du contact charnel, (?) tu n'aies pas non plus à souffrir la décomposition de ton corps! " Et l'âme de Marie rentra dans son corps, et la troupe des anges l'emporta au ciel.

Il valait bien la peine de la faire sortir de son corps, de faire déposer celui-ci dans un tombeau, pour remettre ensuite de nouveau l'âme dans le corps et le faire monter au ciel après toute cette comédie !

Et comme Thomas, qui n'avait pas assisté au miracle de l'assomption, refusait d'y croire,

Je crois que ce Thomas était encore le plus sensé de tous, à moins qu'il ne fût le plus niais.

voici que la ceinture (?)

qui entourait le corps de la Vierge tomba du ciel dans ses mains, intacte et encore nouée, de manière à lui faire comprendre que le corps de la Vierge avait été emporté tout entier au ciel.

On juge de sa surprise ! Le bienheureux Jacques de Voragine est aussi un peu de mon avis, car il dit : " l'absence et le doute de Thomas doivent être rejetés sans hésitation ". Puis il continue :

On dit encore que les vêtements de la Vierge sont restés dans le tombeau, pour la consolation des fidèles.

D'où je me permets de déduire que nous aurons le plaisir de voir la Vierge dans le Paradis telle que se montra Vénus le jour où elle naquit de la blanche écume des flots. Si toutes les Vierges en Paradis sont dans cette tenue... cela ne ressemblera pas à une cathédrale. Dame ! cela ne fait-il pas songer au Paradis de Mahomet }

Que nous prouve, après tout, cette histoire ?

Elle nous prouve une chose, c'est que n'ayant pas pu démontrer, après la mort du Christ, où il fut enterré et où fut enterrée sa mère, on "inventa le conte qui nous rapporte qu'ils montèi'ent tous les deux au ciel avec leur corps. L'histoire de

FÉTICHES EUROPÉENS. LeS SaINTS GUÉRISSEURS DE NoTRE-DaME-DU-HaUT

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