‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 111 sur 550 · Plut., Theit · texte numérisé non relu

Plut., Theit

5. 0. Mûller,/)or.,l, 529. Schœniiuin, Griech. Altcrth., II, 254; 45ti.

poUon, un homme fût précipité du haut des escarpements des rochers : c'était la victime dont le sacrifice devait détourner loin de la cité les effets de la colère du dieu. Mais l'humanité des habitants de Leucate avait trouvé d'ingénieux moyens pour préserver autant que possible la vie du condamné. Pour amortir sa chute, on Tenveloppait de plumes ; on attachait des oiseaux à son corps. Des barques étaient prêtes à le recueillir, s'il vivait, et à le faire aborder à la terre d'exil ^ L'origine commune de ces cérémonies expiatoires était la conception de Phœbos, dieu de la pure lumière, dieu sans tache par conséquent, dont les individus comme les cités ne peuvent obtenir les faveurs qu'à la condition de se purger de leurs impuretés.

La religion de la lumière paraît également avoir été l'origine d'une des attributions principales et les plus anciennes d'Apollon : celle de la musique. Dans les poëmes homériques, Apollon est déjà le dieu de l'harmonie : il charme par ses accents les loisirs fortunes de la vie de l'Olympe, a Les dieux, dit le poëte, ne manquent pas non plus des sons de la cithare gracieuse que tient Apollon, ni des chants des Muses, qui tour à tour font entendre leur belle voix '. » Dans Thymne homérique à Apollon Pythien, qui nous retrace un tableau plus développé de la vie poétique des dieux, les Muses chantent de leur voix magnifique; les Charités, les Heures, Harmonia, Hébé et Aphrodite forment un chœur de danse ; Phœbos-Apollon joue de la cithare'. » Dès les premiers temps de la civilisation grecque, Apollon apparaît donc comme le chef du chœur des Muses, comme le dieu Musagète. La cithare est son attribut ; attribut aussi essentiel que son arc et ses flèches. Par quelle association de poétiques idées cet instrument musical se rattachait-il à la personne du dieu solaire? C'est ce qu'il est permis de soupçonner vaguement plutôt que d'expliquer d'une façon précise. Les rayons de l'astre du jour, qui, à son apparition, emplit le monde de lumière et d'harmonie, furent-ils comparés par l'imagination primitive aux cordes d'une cithare d'or, dont les accents étaient l'expression du chant de la nature qui salue le soleil à son lever, ou de cet hymne de Pété qui, suivant le péan d'Alcée, célèbre le retour du dieu hyperboréen? Ou bien la cithare n'était-elle que le symbole de l'harmonie cosmique à laquelle préside le dieu solaire, régulateur des jours et des nuits, des mois, des saisons et des années? De telles interprétations, si séduisantes qu'elles soient, rentrent plutôt dans le domaine de l'hypothèse que dans celui de la science. Bornons-nous à constater

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