Pausan., IX
5. Aii^set Aglaui-os étaient associés dans le srnnont des é))lièl)cs attiqucs. VoW.tOnomait., VIII, 106.
6. Apollod., m, 14, 2. Cf. Burip., Electr,, 1258; Ipfntj. Tfliir., 945; Pausan., I, '21, 7.
tribunal d*Athènes, nous y trouvons Texpressiou de certains phénomènes locaux, particuliers au canton de rAtliquc. Alkippè (la forte cavale), comme Aganippe dont elle rappelle le nom, désigne évidemment « la source abondante * ». Elleest lalille d*Agraulos(le sol cultivé ?) et d*Arès, Forage dont les pluies torrentielles grossissent les eaux à la surface de la terre. Sur le théâtre même de la scène mythique que nous venons d'indiquer, il y avait une source qui jaillissait dans le temple d'Asclèpios au pied de TAcropole* et que Ton croyait en communication avec la mer, près de Phalère. Là, aux jours de tempête, elle devait rencontrer Ilallirrhotios, la vague furieuse qui semblait attenter à sa virginité, en se mêlant violemment à ses eaux qu'elle refoulait. Le meurtre d'Halirrhotios est assez difiicile à interpréter; mais la naissance qu'Ares donne à Alkippè suffit à nous montrer en lui le dieu des pluies et des averses orageuses'. Ces averses étaient un vrai bienfait pour le sol si souvent desséché de la Grèce. Ares était donc quelquefois, comme à Tégée*, un dieu de l'abondance (à^vetéç), et l'on conçoit que, d'après une idée analogue, Mars ait eu, chez les Latins, le caractère de divinité agraire.
A ces traits antiques et essentiels de l'Arès hellénique s'en est ajouté tardivement un autre. Certains textes, peu nombreux, nous représentent ce dieu comme un dieu solaire. D'après la légende des Argonautes, iEétès, fils du Soleil, est un serviteur du culte d'Ares, dans le bois sacré duquel il suspend la fameuse toison d'or'. L'auteur d'un hymne sacré en l'honneur d'Ares, nous le montre roulant dans l'éther son disque ardent, étincelant ; il le supplie de faire descendre des hauteurs célestes dans Tàme humaine son doux éclat, qui donnera aux mortels la force nécessaire pour repousser loin d'eux les maux dont ils sont menacés^ Mais si, comme le pensent les meilleurs critiques'^, cet hymne, rangé à tort parmi les hymnes homériques, doit être attribué aux Orphiques, il ne faut voir dans cet Ares solaire qu'une de ces nombreuses inventions mythologiques dont Onomacrite ou ses successeurs ont été les auteurs. Peut-être cette invention avait-elle sa Maison d'être dans la confusion qui semble s'être produite entre les dieux guerriers et les dieux solaires sur les côtes d'Asie Mineure, où
1 Cf. Ares Hippios en Élido. Paiisan., V. 15. .^.