lliad., V
i82 MYTHOLOGIE DE LA GRECE ANTIQUE.
OU la nourrice d'Ares. Le dieu lui-même est, en effet, souvent désigné par répilhèle d'Ényalios. Une autre de ses compagnes, c'est Éris, la sanglante Discorde '. Autour de lui se groupent encore Deimos et Phobos (la crainte et l'épouvante personnifiées), serviteurs fidèles du dieu dont ils attellent le char et dont ils suivent partout les pas; les Kèrcs enfin, et tous ces démons des batailles dont l'art primitif aimait à exprimer les terrifiantes images sur les armes des héros. Le bouclier d'Agamemnon, tel que l'avait ciselé l'auteur du coffre de Cypsélos, offrait la représentation d'Éris sous un aspect hideux et repoussant ; l'artiste avait donné à Phobos une tête de lion, à la Kèr des dents et des griffes de bête fauve*. Ces monstres, où les formes de la nature humaine se mêlaient à celles de l'animalité, étaient bien les compagnons naturels du dieu qui, dans les batailles, animait les combattants de sa sauvage colère et qui les métamorphosait en bêtes féroces. Tel était encore le sens de l'épithète de BiQpiTaç que donnaient à Ares les belliqueux Spartiates*.
Si les phénomènes effrayants de l'orage, assimilés métaphoriquement aux furies des combats, ont donné vraisemblablement naissance en Grèce à la conception du dieu de la guerre, ces mêmes phénomènes, considérés à un autre point de vue, à celui de l'action fécondante qu'ils exercent sur la terre, ont fait attribuer quelquefois à Ares un caractère tout différent. En Béotie et en Attique, ce dieu nous apparaît en rapport avec les sources qui arrosent et fertilisent le sol. A Thèbes, audessous du temple d'Apollon Isménien, on voyait une source consacrée à Ares, qui avait, disait-on, préposé à sa garde un dragon, spn fils\ Or, le dragon est souvent, en Grèce, l'image de la rivière qui, sortie des entrailles du sol, serpente ensuite et se déroule en mille replis au fond des vallées. Un mythe attique, qui se rattache à la fondation du tribunal de l'Aréopage, nous parait provenir de la même idée. En Attique, Ares uni à Agiauros' avait donné le jour à Alkippè. Halirrhotios, fils de Poséidon et de la nymphe Eurytè, ayant un jour fait violence à la jeune vierge, fut surpris et tué par Ares. Le meurtrier, dénoncé par Poséidon, fut mis en jugement devant les douze grands dieux réunis en tribunal criminel sur l'Aréopage, et il fut absous*. En laissant de côté dans ce récit l'origine légendaire du plus ancien