Hymn. hom.^ YI, v
3. La naissance de la déesse était Tobjet de plusieurs variantes. Sur la base du Jupiter Olympien do Phidias, Aphrodite sortant de la mer était reçue par Éros et couronnée par Peitho (Pausan., V, il, 8). Sur celle du groupe de Poséidon et d'Amphitrite consacré à Cqrinthc par Ilérode Alttcus (Pausnn., II, 1, 8), Thalassa, entourée des Néréides, tirait sa fiUe (lu sein de la mer. Cf. Himerius, Ora^, I> 20. Parmi les monuments qui représentent l'arrivée d'Aphrodite à Chypre, voir les terres cuites reproduites dans le Journal archéologique de Berlin, 1875. pi. 6 et 7.
rOlympe où les immortels étaient restés saisis d*admiralion au spectacle de sa divine beauté ^
Le début de ce récit n'est pas le seul indice' qui trahisse l'origine asiatique d'Aphrodite. Dans Ylliade, sans doute, elle est la fille de Zcus et deDioné'; d'où l'on a pu conclure que les Grecs, avant d'entrer en contact avec l'Asie, ont connu une divinité de l'amour. Mais cette divinité, pélasgique ou hellénique, se confond déjà, au temps de V Iliade, avec une déesse orientale qui avait le même caractère. Aphrodite y est souvent appelée Kypris". Dans VOdyssée, tandis qu'Ares rejoint sa demeure de Thrace, Aphrodite rentre à Paphos où est « son sanctuaire et son autel parfumé d'encens. » A la même époque, son culte parait établi à Cythère, comptoir phénicien*. Les Grecs eux-mêmes ont reconnu que la déesse des amoureux désirs était une étrangère introduite dans leur Olympe. Quand ils font allusion à l'origine d'Aphrodite, ils la désignent par Tépithète d'Ourania ; épithète traduite vraisemblablement d'un mot sémitique, de même que le Jupiter Épouranios des inscriptions de Phénicie correspond au Samemroum de Philon de Byblos^. D'après Hérodote, le plus ancien des sanctuaires d'Aphrodite Ourania était celui d'Ascalon en Syrie \ On attribuait l'institution de son culte aux Assyriens et on la confondait avec Mylitta ^. Au témoignage des anciens, sa religion a donc été apportée d'Assyrie en Phénicie, de Phénicie à Chypre et à Cythère ; point d'où elle a du gagner la Laconie pour se répandre dans le Péloponèse. Cette opinion a été confirmée par la science moderne, qui a reconnu la parenté d^Aphrodite-Ourania avec l'Astarté phénicienne, avec la déesse Syrienne, et, d'une façon générale, avec les divinités asiatiques de la fécondité et de l'amour.
C'est le commerce phénicien qui, à n'en pas douter, a introduit en Grèce l'Aphrodite Céleste. Les principaux points des côtes et des îles grecques portaient des traces de son culte. Elle était honorée à Corinthe, à Argos, à Patras*, à Athènes, où elle était considérée comme l'ainée des Parques^^, soit en raison du mythe qui la faitnaitre d'Ou-