Luc.^ de Dea Syria
i9S MYTHOLOGIE DE LA GRÈGE ANTIQUE.
lure déliée, poussant de longs cris de douleur, elles précipitaient dans les flots rimage du dieu, en faisant des prières pour son retour ^ Ces usages s'étaient introduits en Grèce *. A Athènes, aux jours des fêtes d'Adonis, en plusieurs endroits de la ville, on voyait des sépultures où était couchée la statue du jeune dieu dont la mort excitait la pitié douloureuse des femmes '. Autour de ces tombeaux, dans des vases ou des corbeilles remplies de terre, étaient disposées des plantes éphémères qui avaient rapidement grandi, qui se flétrissaient promptement comme la courte vie de celui qu'on pleurait : c'étaient a les jardins d'Adonis x> \ du bel adolescent trop tôt enlevé, comme ce Linos, ce génie des fruits de la terre, qui meurt avec la récolle, et dont la triste destinée était, dès le temps de VIliade, l'objet des refrains plaintifs des laboureurs et des vignerons ".
La légende d'Adonis, "sous sa forme grecque, dénote par plus d'un détail son origine étrangère. Il a pour père, soit Phœnix, soit Théïas, prince des Assyriens, soit Cinyras •, roi mythique de l'île de Chypre, où sa religion a dû être apportée d'abord de la côte syrienne. Sa mère est Smyrna ou Myrrha, dont le nom fait allusion à l'usage de l'encens dans les solennités de son culte. On racontait que celle-ci, poursuivie par la colère d'Aphrodite qu'elle avait refusé d'honorer, était tombée amoureuse de son propre père et s'était unie à lui sans qu'il pût s'en douter. Instruit bientôt de sa honte, il veut châtier sa fille et la poursuit, Tépée nue. Mais les dieux ont pitié d'elle, et la métamorphosent en l'arbuste qui porte la myrrhe, afjwpva. Au bout de neuf mois, l'arbre s'entr ouvre et livre passage à un enfant d'une singulière beauté; c'est Adonis. Émerveillée à sa vue, Aphrodite le dépose dans un coffre qu'elle confie à Perséphone. Mais la déesse infernale, ayant un jour découvert le trésor qu'elle avait en dépôt, refusa de le rendre. La contestation fut portée au tribunal de Jupiter qui trancha la question, en décidant qu'Adonis passerait chaque année quatre mois dans l'Olympe, et que le reste de