‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 184 sur 550 · sin · texte numérisé non relu

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If le aille de Vénut,

entourée du croissant de la lune et d'une étoile ; à ses pieds est un vase de fleurs ' {fig. 58) . A Sicyone, Canachos avait représenté la déesse Ourania assise, coiiïée également du polos, tenant d'une main un pavot, de l'autre une pomme *. Aphrodite, qui préside à l'hymen et à la génération des enfants, est vêtue d'un longchiton sans ceinture, qui laisse à découvert le sein et l'épaule ' gauches. Au-dessus de son épaule droite, elle tient les plis d'un manteau dont elle va se couvrir; dans son autre main est la pomme, symbole de fécon- *i*"^"* *■"""'■ dite (lig. 59). Une monnaie de bronze de l'impératrice Sabina, qui a pour légende : Veneri Genetrici, nous montre la déesse dans une attitude analogue'.

Le type asiatique d'Astarté armée a pu suiTire, nous l'avons indiqué déjà, pour faire attribuer àAphrodite, amante d'Ares, un caractère guerrier.

Mais les artistes grecs, en s'emparant de celte idée, semblent avoir voulu exprimer surtout, dans la déesse vix-r;fâpoi;, le triomphe irrésistible de l'amour. Comme ce triomphe ne peut aller sans séduction, Aphrodite Victorieuse est, en partie, dépouillée de ses vêtements ; elle est nue jusqu'à la ceinture. Son visage a une singulière expression de fierté qui va parfois jusqu'à la menace. D'ordinaire, elle se mire dans un bouclier (fîg. 60) et a le pied gauche posé suruncasque, commela Vénus mutiléedeCa. .,„.,. ^■.

Fig- 59- — Apmrodiu

poue (fig. 61 ). A ce groupe appartiennent les statues célèbres de la Vénus de Mîloetde la Vénusd'Arles.

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Ces représentations serrent de transition entre les sévères images de ia déesse Ourania et l'idéal très-différent d'Aphrodite, tel qu'il fut conçu et fixé, dans la nouvelle école altique, par Scopas, par Praxitèle surtout. La tradition mythologique qui fait sortir Aphrodite du sein des flots, fournissait à ces artistes un motif dont ils s'emparèrent pour dénuder la déesse jusqu'alors entièrement ou à demi vêtue, et pour exprimer en elle toutes les grâces sensuelles, tous les voluptueux attraits du corps de la femme. On connaît, par la vive description de Lucien', la célèbre statue quePraiilèle avait composée pour les Cnidiens, le modèle et la merveille du genre. La monnaie de Cnîde, ici reproduite, ne peut que nous donner une idée générale de la conception de l'artiste et de l'attitude qu'il avait prêtée à sa déesse (lig. 62). Mais le chef-d'œuvre de Praxitèle avait fait école dans l'antiquité, et suscité plus d'une imitation dont la Vénus du Capitolc et la Vénus de Médicis sont des exemplaires remarquables. A partir de ce moment, l'art grec se plut à développer par mille variantes, et avec une liberté qui alla souvent jusqu'à la licence, le facile et fécond motif du bain d'Aphrodile.

Autour de la déesse de l'amour se groupent plusieurs divinités secondaires qui lui font cortège. Nous avons vu les Charités et les Heures, aimables génies de la brillante saison de l'année, orner, à Paphos, et parer d'une toilette magnifique la beauté d'Aphrodite. Elle est, en outre, souvent accompagnée àcPeilko (la Persuasion), déesse de l'attrait séducteur*; et de plusieurs figures féminines qui expriment les joies dont l'amour est la source, Eudfemonia, Eucléia, Pœdia, etc. : gracieux essaim vir-

Apbrodite de Cipane.

i.Anu>r.,iZ-H. Imag.,6.

8. Peitho ■ coacoum iikw les Charitea à 11 toLletle de U première femme, Pondore (Hésiode Op. €t D.. 73}. Elle éuil ittodie au culle d'Aphrodite ^ Hi^f^rc (Paiiun., I, 43, 0). Sur (Setle personne divine, voir 0. J«hn> Peitho. die CStlin dtr Uberredimg,

APHRODITE. m

glnal qui, sur les vases peints en parlîcuUer, entoure et escorte la reine célesto de la beauté.

On lui donnait géncralcnienl pour (ils * Éros, te dieu mâle de L'amour. M. Max Miiller a cru pouvoir attribuer à Ëros, comme aux autres divinités helléniques, une origine naturaliste : il le rapproche d'Arushà qui, dans le Véda, est le jeune et brillant soleil qui chasse la sombre nuit*. Mais, sans parler des objections que ce rapprochement soulève au point de vue étymologique ', il nous semble plus exact de voir dans Éros, dont la plus ancienne mythologie hellénique, celle d'Homère, ne connaît Kig. 6*. - Aphrodii. de û pas encore la divinité, une personniâcation, relativement tardive, du sentiment de l'amour que son nom n'a cessé d'exprimer dans la langue commune des Grecs. Eros, être divin, se trouve pour la première fois mentionné dans un passage de la Théogonie hésiodique *, où l'on voit clairement qu'il ne doit pas sa naissance à la tradition populaire, qu'il est au contraire le produit d'une abstraction et d'une réflexion philosophiques. L'Ëros thcogonique, clément primitif du monde avec Chaos et Giea, c'est l'Amour qui a pris part à l'œuvre de formation en assurant la perpétuité de la vie; c'est l'invincible puissance qui, dans l'humanité comme dans toutes les espèces animales, sur terre, sur mer, rapproche et unit les sexes, qui domine ainsi toute la nature animée, et dont les philosophes, comme Platon, les poètes, comme Sophocle et Euripide, ont célébré l'infinie et irrésistible action*. Cette action dËros, aussi bien que celle d'Aphrodite sa mère, s'^exerce surtout dans la saison joyeuse où renaît la vie. « A l'heure où la terre se pare des fleurs printanicres, alors Ëros abandonne la belle lie de Chypre, et il s'en va chez les hommes, répandant la fécondité sm' le sol b '. De même, Alcée avait pu dire que le jeune dieu était né de l'union d'Iris aux belles sandales et de

1. Simonide. »p. Scbol. Apollon., III, 26. Pauun., IX, 27, S. Le rieui po£lo Okn {PuiHn., l. cit.), biuil d'Eroi le CI) d'Uithjii, dûcue des accouchemcnls. Voir d'autrca génfalogie* cbeiPlalon, Ssmp.,p. 17)1, b.

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