Plut., Ibid., p. 71&,a Schal. Apollon. Hliod., Ill
LE COnTEGE DES OLYMPIENS. SS
race, clic ne semble pas encore présider au genre tragique : ce poêle l'invoque deux fois comme la Muse de la poésie lyrique*. Associée à Dionysos comme les autres Muses, Mcipomène est avec ce dieu dans une union plus intime que ses sœurs. Quand Dionysos était considéré comme cher du chœur, il portait le surnom de Melpoménos : « on lui applique celte dénomination, dit Pausanias, pour la même raison qu'on donne à Apollon I epithète de Musagète '. » Helpcmcne se trouvait ainsi rapprochée du dieu par son nom; c'est peut-être pour ce motif qu'on songea à lui attribuer la tragédie, née du culte dionysiaque. Le pampre, qui souvent couronne sa télé, témoigne de ses rapports avec le dieu. Elle e$l représentée dans l'attitude des héros dont la tragédie chante les douleurs, avec les attributs du plus grand des héros. Le masque ^^- "' " "«'p""*""tragique d'Hercule, sa massue, sont inséparables des images de Melpomène (fig. 72).
La tragédie grecque est née du chœur lyrique et ne s'en est jamais séparée : de même, Terpsichore accompagne ul suilMclpomène. Celte Muse préside à la fois aux chœurs de danse et aux chœurs dramati' ques, dont la danse fui un élément primitif. Mais, à la dernière époque de la religion grecque, on semble la considérer comme présidant exclusivement à la poésie lyrique. Elle a pour attribut ordinaire la cithare, dont elle pince les cordes. La peinture d'Herculanum nous la montre la léte baissée, penchée sur son instrument : elle semble écouler avec délices les doux sons de, sa lyre (fîg. 75). La lyre est l'attribut A'Èrato comme celui de Terpsichore. Il est facile cependant de distinguer ces deux Muses. Terpsichore est te plus souvent assise ; Érato est toujours è
Fig. 73. — Terpsichore,
bout, et tandis qu'elle touche son instrument, de la main et du
SM MYTHOLOGIE DE LA UKËCË ANTIQUIi.
plectnim, un lûger mouvement de son corps indique qu'elle commence le pas de danse qui ouvre la fètc (fig. 74). Elle est plus passionnée que Terpsichore ; c'est la Muse de l'hyménée. Quelquei'uis un Âmuur est à ses pieds; quelquefois elle est presque entièrement nue, et son image a une grande analogie avec les représentations de Vénus'. La fonction de cette Musc n'est donc pas douteuse : elle préside aux noces et à la poésie erotique *.
Le rôle de Polymnie est plus difficile à délerminer : il a d'ailleurs varié, suivaut les siècles. U'après l'élymologie la plus probable, Polyhymnia est la Huse des hymnes ou des chants en l'honneur des dieux et des héros. Sur le bas-relief de l'apothéose d'Homère, elle est représentée auprès d'Apollon, écoutant avec ravissement les sons de la lyre divine; ses cheveux sont épars, sa Ggure est agitée par l'inspiration qui descend en elle; elle recueille avec enthousiasme les chants divins qu'elle pourra redire ensuite'. Telle fut sans doute (a signiGcation la plus ancienne de Polymnie. Mais une autre étymologie de son nom', étymologie qui paraît avoir eu crédit dans l'antiquité, lui attribue un rôle diiîérent. D'après Plutarque, Polymnie préside à la faculté d'apprendre et de se souvenir; c'est pour cela, dit-il, que les Sicyoniens ont donné à l'une de leui-s trois Muscs le nom de Polymathia' . Polymnie se confond presque ainsi avec Mnémosyne. Les statues antiques qui nous sont parvenues semblent conCrmer l'explication de Plutarque. Polymnie, en effet, est toujours représentée dans l'attitude de la méditation et du souvenir. Elle ne porte aucun attribut. Une longue draperie l'enveloppe tout entière : son bras droit seul se lève sous les plis du manteau, et son menton vient s'appuyer sur sa main. Le doigt qu'elle tient quelquefois appliqué à la bouche ajoute à l'expression silencieuse
Fig. 74. - Ëralu.