I. — IIÉLIOS — ÈOS. — SÉLÈNÈ
Les grandes divinités de TOlympe, de bonne heure idéalisées par Tari, avaient acquis en Grèce des caractères moraux et intellectuels qui effacèrent insensiblement le souvenir de leur origine physique. Audessous d'elles vinrent se placer des divinités secondaires, d'un âge plus récent, qui sont de simples pei^sonnifications des météores célestes, en particulier du soleil, de Taurore et de la lune dont elles portent les noms : Hélios, Èos, Sélènè.
Hélios « le brûlant* » est le fils A^lhjpérion^ « celui qui marche audessus (de la terre); » dieu solaire dont la personnalité ne s'est pas développée dans la mythologie grecque et que les poètes théogoniques ont relégué dans la catégorie des Titans. Fils d'Ouranos et de Gaea, Uypérion s'est uni, soit à sa sœur Théia (celle qui court dans le cielV) soit à Euryphaessa (dont l'éclat se répand au loin) pour donner le jour à Hélios, à Ëos, à Sélènè*. Cette variété de noms ne peut nous faire illusion sur la communauté de nature de ces divinités, rattachées entre elles par une généalogie qui essaye en vain d'en faire des personnes distinctes. De même qu'llypérion est identique à son fils Hélios, Théia et Euryphaessa se confondent évidemment avec Èos, leur tille.
La conception mythologique d'Hélios-IIypérion est encore très-simple chez Homère. Chaque matin, ce dieu sort, à Torient, du cours profond du fleuve Océan ou d'un étang formé par ce fleuve*, et, s'élevant au-
1 . Voir l'explication étymologique du mot clans les Grundzxigc der Griech. Eiijinol. de G. Gurtius, p. 357, 2* édit.